Pol : Chine-Vatican—les enchères montent

Chine-Vatican – les enchères montent

On se rappelle (VdlC n°6) la désignation de Jean Tong Hon, futur évêque de Hong Kong, réputé plus proche de la Chine.

Le timing de l’envol de cette colombe semble avoir été calculé: quelques jours après (19/02), Ye Xiaowen, ministre des cultes, rencontre à Washington le nonce apostolique Pietro Sambi, puis suggère publiquement que le Vatican a « presque » satisfait à ses deux conditions à la normalisation. L’abandon de Taiwan est accepté, le principe de la primauté de l’Etat sur les affaires religieuses intérieures, est «négociable» par Rome. Ce qui change tout. Car ces positions de la Curie sont depuis longtemps connues : en les admettant, Pékin se dévoile prêt à accorder le concordat auquel il se refuse depuis 57 ans. A sa volte-face, Deux raisons viennent à l’esprit.

[1] Pékin a pris la leçon du faux départ de ses Jeux Olympiques, sous l’angle de son image de marque:il multiplie les gestes pour remonter la pente -telle l’annonce d’une nouvelle mission au Soudan pour tenter d’accélérer un règlement de la question du Darfour. Or quel meilleur signal donner au monde, qu’une réconciliation avec la chrétienté, surtout si elle se traduit en actes par une visite papale en Chine.

[2] La réconciliation avec les églises, figure en filigrane du plan de réforme politique de l’école du Parti (cf p.2). Cependant, face à cette rarissime concession socialiste, le Vatican réagit de manière inattendue : à son tour, soudain, il inverse sa position, et prend ses distances, estimant une mission pastorale du Saint-Père «impensable» pour l’heure, faute de pouvoir visiter l’église de l’ombre, en plus de l’officielle. Manière de dire que pour cette réconciliation, le régime lui aussi, devra faire des sacrifices !  

3Com, Bain-Huawei – acquisition compromise

2,2MM$, c’est ce que Bain capital LLC et Huawei devaient payer pour sauver 3Com le producteur américain de serveurs dans la tourmente de l’explosion de la bulle internet en 2000. Mais soudain (20/2), le CFI, l’agence chargée d’autoriser les ventes de valeurs technologiques à l’étranger, exprime ses «doutes» sur cette vente qui offrirait à Huawei le logiciel sécuritaire Tipping-Point.

Ce verdict tombe après qu’éclate le scandale de «Greg» Chung, ancien de Boeing accusé d’avoir livré à la Chine des technologies classifiées. La presse US présente ce verdict comme une leçon : en tolérant des transferts illégaux, la Chine sacrifierait des chances bien plus importantes de rachats licites. Bain et Huawei vont—peut-être- reformuler l’offre de rachat -amputée cette fois du logiciel à problème. A moins que 3Com ne fasse faillite d’ici-là: après la décision du CFI, la part se traitait à 2,87$ soit -23%. A son zénith en, 2000, elle valait près de 22$!         

NB : Pékin crie à la discrimination déloyale, rappelant le veto du Congrès au rachat d’Unocal par Cnooc en 2005.

Course de vitesse pour le Kosovo

Entre la déclaration d’indépendance du Kosovo et sa reconnaissance par Taipei, ne se sont écoulées que 48h. Et encore J. Huang, son ministre des affaires étrangères précisa (20/02), que la décision avait été retardée pour laisser le 1er mot à des puissances comme USA ou France. La suite du film s’est déroulée selon un scénario usé. Huang justifia ce choix «conforme à sa stratégie d’amitié avec tout pays croyant en la liberté et la démocratie», tout en murmurant que l’île «aiderait» l’Etat enclavé, «s’il le demandait». Pristina inscrivit Taiwan sur sa liste internet des 17 Etats assurés de sa gratitude, puis l’en retira: des palabres triangulaires étaient engagées. Pour des raisons claires (risque de précédent pour Taiwan, Xinjiang, Tibet), Pékin était contre la sécession du Kosovo, mais il lui fallait avant tout sauver les meubles.

Le 28/12, la Chine a prouvé sa «puissance du chéquier» supérieure à celle de Taiwan, en rachetant la voix du Malawi à 6MM$ (selon Taiwan). Mais elle a d’autres arguments tels ses 18 « bérets bleus » prêtés à la force de paix de l’ONU. En place depuis 2004, elle peut les envoyer le mois prochain—ou bien pas. Même, dans un cas récent, Pékin fit veto à l’envoi de telle force, vers un Etat votant pour Taiwan : à bon entendeur, salut !

Dernière nouvelle : Star Wars 1à1

Sans grande conviction, Chine et Russie avaient tenté d’empêcher l’Amérique à son tour, de détruire un satellite dans l’espace (la Chine l’avait fait l’an dernier, sans prévenir). Sans grande vraisemblance, Washington maquillait l’affaire en «élimination sécuritaire d’un vaisseau spatial devenu dangereux ». Le 20/2, le tir a eu lieu, par un missile tiré depuis une frégate « Egée ».

Fataliste, Pékin n’en fait pas une affaire, mais demande le partage des données scientifiques collectées – et le Pentagone accepte. Un point partout – le terrain est mur, peut-être, pour négocier un accord de non armement de l’espace !

 

 

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