Argent : Sinochem en lutte pour la vie

— N°1 mondial de la communication en aéroport, JCDecaux prend un envol shanghaien à un moment critique – à quatre ans des Jeux Olympiques de Pékin et à six ans de l’Expo Universelle de la tête du Dragon : il reçoit la concession en JV de la publicité aux 2 aéroports de Hongqiao et Pudong.

35% pour 15 ans de ce marché de 490M², ces conditions offertes au Français expriment la volonté locale de bien faire les choses : rien qu’à Pékin, le partenaire aurait pu choisir parmi 80.000 PME de communication extérieure! Pour JCDecaux, après Hong Kong en 200404, Shanghai est un 2dpas chinois et un tremplin asiatique, dans une ville où le trafic passagers fera 90M en 2010!

NB : Shanghai voit aussi l’entrée du lillois Dickson, 800 emplois en France, 1er producteur mondial en toile à store et du tissu de jardin. Dickson investira 50M$ dans son usine chinoise de 170 fileurs et tisserands, et alimentera les clients délocalisés (la plupart des constructeurs mondiaux de mobilier de jardin).

— Remue-ménage chez Sinochem, n°1 de la pétrochimie chinoise.

[1] Le 30/1, il voit s’envoler Inchon Oil, raffineur coréen dont il se voyait déjà propriétaire – Citigroup, détenteur de 30% des créances refuse les 5,1MM$ proposés. Sinochem rate la chance d’entrer sur le lucratif marché chinois des produits raffinés, chasse gardée de Sino-pec et de CNPC.

[2] Le 1/2, Sinochem transfère chez Sinochem/HK sa branche engrais, n°1 national des imports et un des 1ers fabricants en Chine… Par ce jeu d’écritures à 647M$, Sinochem s’ouvre le capital du HK Stock Exchange, où il va désormais écouler ses 95% de parts de sa filiale, tout en contournant les pesanteurs administratives et financières liées à toute OPI, Offre publique initiale.

Comme l’échec du rachat d’Inchon, cette manoeuvre atteste l’urgence pour Sinochem d’élargir ses moyens de vie. En pétrole, la chimie rapporte moins que l’extraction. Ici, elle lutte pour son existence face à un étranger, plus gros, plus technique, plus concurrentiel.

— 2004 a été faste à l’aviation civile : à 1,1MM$, ses profits ont égalé le volume des 10 dernières années. Ceci, grâce à l’explosion du tourisme (121M passagers,+40%), et malgré la hausse du kérosène: chaque 1$ de plus au baril, s’est soldé par 5% de perte de profit pour les carriers ! Cette manne était ce qu’espérait la CAAC pour rempla-cer le carcan des prix, afin d’éviter aux transpor-teurs la vrille des prix cassés. Pour tirer plein pro-fit de l’âge d’or qui se dessine (cf papier «JCDe-caux»), les 4 grands, Air China, Southern, Eas-tern et Hainan Airlines négocient leur autodisci-pline et une grille de tarifs sur les grandes lignes. Détail évocateur des réticences qui demeurent, sur ces pourparlers : les trois 1ères Cies citées, refusent même d’en reconnaître l’existence!

 

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