Pol : SEPA, la souris qui rugit

Le 18/1, le veto de la SEPA – l’Agence nationale de protection de l’environnement- à l’encontre de 30 chantiers géants dont 26 barrages avait vibré dans l’air chinois comme un étourdissant coup de cymbales (cf VdlC n°4).

Imposé pour infraction à la loi environnementale, cet ordre central, soutenu par le Conseil d’Etat, défiait bon nombre d’Etats dans l’Etat, provinciaux et/ou corporatiste.

Deux semaines plus tard, la presse sans doute de connivence avec la SEPA,publiait que 8 des 30 projets avaient refusé l’ordre, dont trois sous la coupe de la compagnie des 3 Gorges, qui contestait toute infraction et maintenait ses hommes à Xiluodu (5MM$, capacité de 12 réacteurs nucléaires). La compagnie prétendait préférer payer l’amende. On les comprend, à 24.000$, l’infraction! Puis le 2/2, ayant fait vainement le tour de ses alliés à Pékin, le géant ployait l’échine, suivi des autres frondeurs: dossier réglé à temps pour le chunjie et, dit bellement la presse, la SEPA, pour l’occasion, est devenue “la souris qui rugit”- mais pour combien de temps ?

— Sus aux téléphones porno, au baccarat et aux Mmes Soleil en ligne!

Tutelles de l’internet et de l’audiovisuel, MII et SARFT veulent éradiquer telles sources de dépravation (sic).

Le 8/1,  97 “lignes roses” furent coupées au plan national, plus 79 dans les seuls Hubei et Jilin. A travers le Fujian, deux casinos en ligne (dont la triade Xinbao) étaient démolis avec leurs 104 bouges, permettant 70 arrestations, dont trois mafiosi taiwanais. Une des deux filières brassait 1,6MM$ (!!!) par mois!

Puis dernièrement, la tutelle de l’audiovisuel interdit les pub de “décodage de date de naissance, de l’année nouvelle”, services de géomancie par e-mail, SMS ou tél ! Enfin, dans sa croisade moraliste anti-mafia, l’Etat n’est pas sans alliés: en été 2003, 3 filles de l’école Tong’an n°1 à Xiamen (Fujian), enquêtèrent sur Mark 6, loterie locale bien plus suivie que celles de l’Etat. En 11 mois, elles établirent que 98% des joueurs étaient en échec scolaire, et que l’aventure les rendait accros, sans les tirer d’affaire. Leur enquête fit des trois filles les héroïnes du moment, mais fit aussi plonger, à l’ombre ou à l’amende, 283 complices dans cette ville, prône au vice !

Grosses Bertha de son export, les zones industrielles de Chine ne connaissent pas le même sort au Nord ou au Sud. Au delta du Yangtze autour de Shanghai et autour de la mer de Bohai (Tianjin, Dalian, Pékin), l’accumulation d’investissement se poursuit, témoin la dernière zone high-tech à Pékin, 30km² à Fengtai), dont la construction commence et qui devrait concentrer 12MM$ d’ investissements d’ici 2008. Le Sud, lui, continue sur son erre, moteurs coupés. Le Delta des Perles reste un moteur du pays, n°1 de la montre, du téléphone, du jouet, et doit, pour garder sa main d’oeuvre (1M manquants cette année), rouvrir ses frontières à la migration intérieure, fermée depuis 1995.

NB : c’est la loi de l’avenir, la course au plus bas coût, l’obligation d’intégrer le plus d’IT dans le produit, tout en passant de l’industrie aux services, ce que faisaient déjà ceux qui s’installèrent chez lui, 30 ans plus tôt  !

 

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