A la loupe : Pékin à Caracas – jusqu’où aller trop loin ?

En novembre 2004, la tournée latino-américaine de Hu Jintao avait abouti à une série d’accords et promesses d’investissements pétroliers forts au Brésil et en Argentine.

Du 23/1 au 03/2, ce fut au vice Président Zeng Qinghong de faire un 2d grand tour incluant Mexique, Jamaïque, Trinidad, Pérou, Cuba et Venezuela. Dans cette mission, on sent le projet de réitérer la formule qui réussit tant à Hu, s’assurer des sources  nouvelles d’hydrocarbures, tout en allant taquiner Washington dans son hinterland, à une époque de repli des USA dans leurs frontières, sous impopularité croissante, suite à 12 ans d’ère post-soviétique, qu’ils passèrent en gendarmes du monde.

L’enjeu était le Venezuela d’Hugo Chavez, l’imprévisible lider gauchiste hostile aux Etats-Unis. Zeng y signe 19 accords dont 5 en énergie, qui rouvriront à la CNPC, la compagnie nationale pétrolière chinoise, 15 gisements aujourd’hui inactifs. Caracas qui veut doper sa production de 3,5 à 5,1M de barils/jours, prépare l’export vers la Chine, mais avec prudence : les USA pourront-ils accepter une telle alliance qui viole leurs intérêts stratégiques, avec le pays aux plus fortes réserves d’or noir du cône sud (77,8MMbarils), qui lui livre 60% de sa production, pour 15% de ses besoins?

A La Havane, c’est Sinopec qui signe un contrat pour le développement conjoint d’un petit gisement à 34 km de la capitale, d’une capacité estimée de 14Mt. Dans ces deux pays « rouges », les discours idéologiques anti-« gringo» ont fleuri avec vigueur.

Mais gesticulations mises à part, ici, la Chine pratique l’art de savoir jusqu’où aller trop loin. Un partage d’influence est inévitable, vu la montée en puissance chinoise. Pékin cherche ses marques, tout en sachant bien que rien n’est faisable dans la région, sans un accord -assentiment des USA!

 

Avez-vous aimé cet article ?
Note des lecteurs:
0/5
9 de Votes
Ecrire un commentaire