Chiffres de la semaine : « 24 362 ressortissants français, 10% de départs, 485 000 yuans par enfant, 33 GW de centrales à charbon, 6,1% de croissance »

« 24 362 ressortissants français, 10% de départs, 485 000 yuans par enfant, 33 GW de centrales à charbon, 6,1% de croissance »

24 362 : c’est le nombre de ressortissants français installés en Chine et recensés par les consulats en 2021. C’est 10,5% de moins en douze mois. Cette tendance, accélérée par la pandémie, ne date pas d’hier. À Hong Kong, le nombre de ressortissants (11 960) est retombé à son niveau de 2014. En Chine continentale, le nombre d’expatriés français (12 402) a fondu dans presque toutes les circonscriptions durant les dix dernières années. À Shanghai, ils étaient 10730 en 2011 contre 7111 en 2021 (-33%). À Canton, ce chiffre est passé de 2580 à 1768 (-31%). À Pékin, la baisse est encore plus importante, de 5204 à 2465 (-52%). À Wuhan, épicentre du Covid-19, ils étaient encore 701 en 2011 contre seulement 248 en 2021 (-65%). Seule la circonscription de Chengdu a vu sa communauté augmenter de 390 ressortissants en 2011, à 542 en 2021 (+39%).

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10% : c’est le nombre de citoyens européens qui ont quitté Hong Kong depuis un an à cause des restrictions sanitaires. Face à une redoutable 5ème vague, l’administration de Carrie Lam a annoncé mi-février un durcissement des mesures : la fermeture des écoles, l’introduction d’un « passe vaccinal » ainsi que la suspension des vols en provenance de plusieurs pays européens. Trois dépistages obligatoires de l’ensemble des 7,4 millions d’habitants sont prévus au mois de mars. Les autorités locales auraient reçu pour consigne de reprendre le contrôle de la situation sanitaire avant la visite du Président Xi Jinping le 1er juillet prochain, à l’occasion du 25ème anniversaire de la rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine. Un déplacement censé prouver que Pékin a rétabli la stabilité dans la région administrative spéciale après les manifestations monstres de 2019.

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485 000 yuans : c’est la somme nécessaire en moyenne pour élever un (premier) enfant en Chine jusqu’à ses 18 ans, soit sept fois le PIB par habitant en 2019. Cela fait de la Chine le 2ème pays le plus cher au monde pour élever un enfant, derrière la Corée du Sud (7,79 fois le PIB par habitant), et devant le Japon (4,26), les États-Unis (4,11)… et la France (2,24). Les coûts sont encore plus élevés dans les grandes villes : à Shanghai, il faudrait compter plus de 1 million de yuans et 970 000 yuans à Pékin. Ces chiffres sont issus d’une étude réalisée par le YuWa Population Research Institute, dirigé par l’économiste Ren Zeping et le fondateur de Trip.com Liang Jianzhang. Pour stimuler les naissances, les deux experts préconisent d’investir 5 % du PIB dans des politiques natalistes (subventions aux parents, aides à la scolarité, taux d’intérêt préférentiels pour l’achat d’un logement, réductions d’impôts, construction de crèches…), d’encourager le recours aux nounous étrangères (comme à Hong Kong), de mieux protéger les droits à la procréation des femmes non mariées, et d’améliorer l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA). En 2021, le taux de natalité a chuté à 7,52 naissances pour 1000 habitants, le taux le plus bas jamais enregistré depuis 1949.  

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Xi Jinping prend la pose devant une pile de charbon dans le Shanxi, la veille du nouvel an chinois le 27 janvier.

33 GW : c’est la capacité des centrales à charbon que la Chine a mis en chantier en 2021, soit trois fois plus que le reste du monde. C’est le chiffre le plus élevé depuis 2016. Même si Pékin n’a pas donné son feu vert à de nouveaux projets l’an passé, le gouvernement s’est rattrapé en 2022 en autorisant la construction de cinq centrales pour une capacité de 7,3 GW. « Ces nouvelles capacités vont à l’encontre des engagements pris par la Chine dans le cadre de l’accord de Paris », affirment les experts du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) et de Global Energy Monitor (GEM). La grave pénurie électrique que la Chine a connu à l’automne 2021 explique ce revirement. En parallèle, la Chine investit massivement dans les renouvelables (solaire, éolien…), mais cela ne suffira pas à répondre à l’augmentation de la demande du pays en énergie.

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6,1 % : c’est la moyenne des prévisions de croissance formulées par les 31 provinces, municipalités et régions autonomes chinoises pour 2022. Shanghai et la province du Guangdong ont tablé sur une croissance d’environ 5,5% contre au moins 5% pour Pékin et Tianjin. Les analystes s’attendent à ce que le Premier ministre Li Keqiang annonce un objectif de croissance « palier » entre 5 et 5,5% lors de l’ouverture de la session de l’Assemblée Nationale Populaire (ANP) le 5 mars prochain. L’année dernière, le gouvernement s’était fixé un objectif modeste « d’au moins 6% », pour finalement enregistrer une hausse de son PIB de 8,1%. Cependant, les dirigeants chinois ont reconnu en fin d’année 2021 que l’économie souffre d’une « triple pression » : une contraction de la demande, des chocs d’offre et des perspectives plus faibles.  

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