Hong Kong : Un bras de fer peut en cacher un autre

Après deux mois,  Occupy Central, l’action de milliers de jeunes Hongkongais pour un suffrage universel complet, se poursuit, véritable guerre de tranchées. Le 1 décembre, 3 jeunes dont Joshua Wong, un des fondateurs, lançaient une grève de la faim illimitée. Le 28/11, des élus britanniques se voyaient refuser l’entrée à Hong Kong, en déni des accords de 1984 et du principe « un pays, deux systèmes ». Avec le Royaume-Uni, une crise grave est ouverte. Sur le terrain, les militants se raréfient, mais restent mobilisés. En deux mois ils se sont organisés et équipés (cf photo). En tentant d’occuper le siège de l’Exécutif (30/11), 58 blessés furent dénombrés, dont 11 policiers. 

<p>Fort soutenu par Pékin, C.Y. Leung, chef de l’Exécutif, garde une fermeté d’acier : ces mois de lutte auront été « en vain », la tolérance est « épuisée », l’entière faute des événements revient à la jeunesse « radicale, violente et qui cherche le chaos ». La vieille génération est déchirée, redoutant que soit versé le sang. Même l’opposition pan-démocrate veut arrêter. L’usure est palpable. 200 activistes n’attendent que le retour au calme pour se rendre à la police. Mais une minorité de Hongkongais, éduquée et respectée, tel
Steve Vickers, ex-chef de la police à l’époque britannique, accuse le pouvoir de s’être défaussé sur la police et la justice pour régler un problème qui était politique – d’avoir compromis l’avenir de la communauté insulaire, faute de prendre ses responsabilités. 

La fin apparait proche, et ne sera pas un « happy end », même si le pire aura probablement été évité. Surgi de nulle part, devenu un jalon historique, Occupy Central s’inscrit en réserve de l’avenir , comme une activité légitime et à reprendre. Gouvernement, police et justice ont perdu en image, en écoute, car tous ont obéi aux ordres, sans prendre en compte la sauvegarde du seul atout de la RAS pour garder son avance sur la Chine : son autonomie. En somme, on risque un combat sans vainqueurs.
Mais une énigme demeure : cette fermeté fut-elle commandée, ou tolérée par Xi Jinping ? Le responsable national pour Hong Kong est Zhang Deqiang, Président de l’ANP, en conflit notoire avec le chef de l’Etat, tout comme Liu Yunshan, grand chantre de la propagande. Or, on constate que jamais Xi, en deux mois, ne s’est exprimé sur la décision du PCC de dénier à la RAS le suffrage universel, promis il y a 30 ans. Et en Chine, une voix avance que le Parti atterré par la tournure des événements, cherche une solution ménageant à la fois la face et la paix.

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