Pol : Coup de fièvre pour le test du VIH

« Vos papiers, svp ». A Nanning (Guangxi), c’est bientôt sur ces mots que seront accueillis les candidats au dépistage du Sida, une fois adoptée la loi locale qui supprime l’anonymat, et impose aux séropositifs d’en informer leurs proches.

L’ennui est que Pékin fin juillet 2011, après avoir adopté ce système (comme 10% des villes du pays), a vu le nombre des candidats au test fondre jusqu’à 75%.

Aux séropositifs, à vrai dire, ce système ne laisse pas le choix. Vu la discrimination très lourde contre le Sida et contre l’homosexualité, ceux qui avouent sont quasi-sûrs de perdre leur emploi, voire leur famille, et tout contact social.

De façon peu compréhensible, le projet du Guangxi a reçu le feu vert du ministère de la Santé (08/02). Ce qui trahit une agitation, motivée par les chiffres de 2011 : 740.000 HIV-positifs, dont 48.000 de l’année, et 28.000 morts. Et la province du Guangxi détient le record de cas au nombre d’habitants.

Aux yeux des cadres, l’enregistrement « en clair » des dépistages responsabiliserait les malades, « améliorerait leurs soins » et protégerait leur entourage. Mais ce qu’il fait surtout, est de re-stigmatiser les porteurs du virus, ce qu’il avait cessé de faire 10 ans plus tôt, influencé par l’expérience internationale. Seul modeste progrès : ceux qui craignent avoir contracté le mal, commencent à se tester au moyen de kits obtenus sur internet, seuls ou clandestinement, aidés par des ONG. Mais sur le fond, pas de doute : dans l’administration, en mentalité, c’est un retour en arrière !

 

 

Avez-vous aimé cet article ?
Note des lecteurs:
0/5
9 de Votes
Ecrire un commentaire