Editorial : En attendant Barak…

Au jour J-8, rien d’autre que la visite du Président Barak Obama (15-18 nov) ne semble brancher la Chine. Il est vrai que de cette relation stratégique, dépend plus que jamais une part de son avenir : les deux équipes gouvernementales devront trouver les moyens d’enrayer la guerre commerciale qui couve, poursuivre la politique de coopérations transpacifique tous azimuts, voire (comme hélas peu probable) se doter de quotas respectifs de réduction de leurs émissions de CO2, condition sine qua non d’un sauvetage du sommet COP 15 de Copenhague…

Sous cette ombre, les autres nouvelles du pays se détachent moins. Symbolisé par le 5. Forum Pékin-Tokyo (Dalian, 2-3/11), le rapprochement sino-japonais est une affaire de longue haleine, où ces géants de l’Asie s’efforcent de conjurer les monstres du passé, base pour construire ensuite un nouveau modèle de développement et d’entraîner une intégration régionale calquée sur le modèle de l’Union Européenne… vaste programme !

Avec l’Inde, le rapport est tout aussi malaisé, pétri de volonté de rapprochement que freine ici aussi les vieux démons. Delhi déplore que Pékin, tamponnant les visas de ses citoyens de l’Arunachal Pradesh sur feuille volante et non sur leur passeport, contestant de facto leur nationalité. Pékin s’indigne que le Dalai Lama se rende dans cette région frontalière, qu’elle revendique sous le nom de « Sud-Tibet ». Il dénonce aussi les permis de résidence au compte goutte en Inde, qui prétend ainsi rappeler aux firmes chinoises sur son sol, qu’elles peuvent aussi recruter des Indiens… Par contre, la volonté de coopérer est patente, notamment en politique environnementale : l’un et l’autre font un front du refus de toute baisse contraignante d’émissions carboniques, dictées par l’extérieur.

A Chongqing, les procès des bandes mafieuses se poursuivent d’arrache-pied. Le 4/11, c’était au tour de «grand-mère-marraine», alias «Soeur Xie». Xie Caiping, 46 ans, cheffe de bande tenait 30 salons de jeu et une kyrielle d’autres intérêts criminels, de holdup, drogue, soudoyait geôliers, police et juges sans difficulté : son beau-frère n’étant autre que Wen Qiang, sous-chef, puis chef de la justice. Xie en prend pour 18 ans. Cinq comparses dont un commissaire, pour 2 à 15 ans. Le 31/10, Zhou Yongkang, patron national de la sécurité publique jure (mais un peu tard) de démanteler les triades et mettre tous les parrains en prison. Sans oublier toutefois de leur tendre la main, promettant réhabilitation et recyclage, pourvu qu’ils acceptent de s’amender… On note ici ces rumeurs sourdes de Pékin qui critiquent la superbe de Bo Xilai, Secrétaire du Parti de Chongqing, auteur autoproclamé de cette purge. Selon d’autres, Bo aurait jeté ce pavé dans la mare, n’ayant plus rien à perdre, menacé par la limite d’âge, pour mettre en difficulté d’anciens compagnons du pouvoir central -qui se défend !

Enfin, la reprise économique poursuit son cours triomphal. S’ouvre en Birmanie le chantier d’un gazo et oléoduc en MM$, Maday-Ruili (Yunnan), pour libérer les imports d’hydrocarbures des aléas des pirates de Malacca et du blocus de la US Navy. Norinco, groupe d’armes, s’offre pour 5 ans 20.000t/mois d’aluminium de Rusal, le groupe russe ruiné. Novartis le pharmacien suisse place 1MM$ sur 5 ans en recherche et production en Chine, et le coréen LG annonce une usine d’écrans LCD à 4MM$ à Canton.

NB : la récession, qu’on ne s’y trompe pas, n’est pas finie pour tout le monde en Chine. A Canton, 40% des firmes publiques ont coupé les salaires ou s’apprêtent à le faire. La nouvelle enveloppe forcerait les employés à réduire leur train de vie d’au moins 10%. Ainsi, les PME (privées) souffrent, les grandes entreprises d’Etat prospèrent, moins par leur vertu que par le choix de l’Etat.

 

 

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