A la loupe : Piratage internet : les nouvelles armes

Face au piratage intellectuel faisant rage sur son territoire, et à l’impatience du monde envers un pays désormais membre de l’OMC (Organisation mondiae du commerce), la Chine sait qu’elle doit agir.

Elle présente son énième plan d’action ambitieux (11 ministères, 17 lois nouvelles, 7 campagnes aux noms chatoyants : « aigle des montagnes » ou « rayon de soleil »), mais dont la capacité à changer les choses reste à démontrer. Sa bonne foi est évidente : 90% du préjudice est supporté par ses citoyens. Bien que n°2 mondial des ordinateurs, la Chine n’est que 25ème en logiciels!

Le plan s’ajoute à l’obligation d’un DOS légal (31/3) pour tout ordinateur importé ou exporté. A ce jour, elle reste lettre morte —même si Lenovo paie à Microsoft 1,2MM$ de royalties sur 12 mois pour équiper sa production.

L’Etat promet aussi (18/05) 10.000² d’amende aux distributeurs de musique, films ou logiciels piratés sur le  net, et confiscation du matériel. N°1 de la recherche chinoise en ligne, Baidu peut se sentir visé. En 2005 Sony et d’autres ont mené contre lui un procès pour vol de leurs produits audiovisuels. D’autres sanctions viseraient les équipementiers du piratage. Cependant, là aussi, tout sera affaire d’application des textes !

D’autre part, l’action évite studieusement les consommateurs, et parmi ceux-ci, les administrations et grandes entreprises d’Etat, 1ers fauteurs -des MM$ de droits d’auteurs détournés!

Enfin, la priorité de l’Etat concernant la toile, reste ailleurs : dans la limitation des échanges et de l’information!

 Dans le cadre de la nouvelle «initiative internet civilisé», des milliers d’étudiants volontaires à travers le pays,  touchent 100¥ de frais pour hanter les forums internet, y lancer des sujets innocents, réorienter les débats scabreux, dénoncer les fortes têtes. « Nous ne voulons pas de pollution sur le net », dit un de ces agents. Halte aux sites encourageant suicides, drogue, pornographie, spam, pour la paix de nos citoyens et enfants…

En soi, le principe peut se défendre, et ces milices virtuelles proposent une technique originale, pour une nuisance qui frappe aussi le reste du monde. Mais on note deux faiblesses : l’action est secrète, et perd donc sa légitimité. Ses membres manipulés  accepteront-ils longtemps leur image de délateur? Et  les candidats à un vrai débat non noyauté, trouvent aisément leur place à travers la jungle de l’internet !

 

 

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