Monde de l'entreprise : Le tourbillon Ofo

Le tourbillon Ofo

Tumultueux et anarchique, le déploiement des vélos partagés se poursuit à travers Chine, sous la pression des ténors shanghaïen et pékinois, Mobike et Ofo, ainsi que  de 25 à  30 autres groupes.

En 2017, les compagnies rivales ont commandé 30 millions de vélos (sur les 53 millions de la production nationale). Ofo, le n°1, prétend peser 2 milliards de $, couvrir 81 villes (la dernière étant Shigatsé au Tibet, avec 500 vélos). Il gère 4 millions de deux-roues, 800 millions de locations à un yuan de l’heure, pour 50 millions d’usagers.

Mais les problèmes apparaissent, tel le parking. Une population aux réactions encore peu civiques, se  gare n’importe où, abandonnant l’engin sur un bord d’une autoroute ou un trottoir à fort passage piétonnier. D’autres fraudent pour ne pas payer, dérobent ou détruisent l’engin, causant selon Ofo, la perte de 15% de ses vélos de 1ère génération.

Les villes commencent à réagir. Après six autres métropoles, Tianjin à son tour, règlemente : toute firme de vélos partagés doit avoir au moins 50 employés pour 10.000 « petites reines », toutes devant être équipées de GPS — c’est le cas de la seconde génération de Ofo, mais non de la première. Le parking doit se faire dans des espaces dédiés, sous la responsabilité de l’entreprise.

Shanghai elle, a limité le nombre des vélos et interdit l’usage aux usagers « hors normes » : trop grands, trop petits, trop gros ou trop jeunes.

Co-fondateur d’Ofo, Zhang Siding, 27 ans, admet gagner de l’argent uniquement dans deux villes chinoises, et nulle part ailleurs—tout comme la concurrence. Mais il ajoute que la rentabilité n’est pas son souci : sûr de ses arrières, il attend l’éclatement de la bulle qui nettoiera le marché. Et en attendant, il bâtit son réseau prétendant qu’Ofo sera présent d’ici fin 2017 dans 200 villes, en Chine et à l’étranger. Il ne gagne pas à tous les coups : à San Diego (Californie), l’université vient de bannir les 300 Ofo de son campus – pour cause de parking sauvage, et faute d’autorisation.

Pour parfaire son image, Ofo s’associe avec le PNUD, organe onusien du développement. Le groupe de vélos partagés prétend remettre chaque 17 du mois, son revenu du jour à l’organisation, en soutien à divers projets altruistes faits pour améliorer l’existence de 100 millions de pauvres à travers le monde.

Les partenaires veulent aussi accélérer la conscience de l’urgence de réduire les émissions de CO2. Une façon comme une autre d’inviter l’humanité à (re-)faire de la bicyclette – sur Ofo, on l’avait compris !

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