Joint-venture : Chat blanc—noir pour l’or noir soudanais

Au Soudan, depuis début 2010, la Chine révise son soutien au Nord musulman, mettant fin à 20 ans d’alliance exclusive avec le régime d’Omar al Bashir.

Dès 2008, elle ouvrait un consulat à Juba, capitale du Sud chrétien. Vers le 15/10, une délégation chinoise visitait le Sud, son Salva Kiir, dont une mission secrète s’était rendue à Pékin auparavant. La semaine passée, le Sud bouclait l’appel d’offres pour un oléoduc de 1600km vers un port Kenyan, dont le seul intérêt sera d’éviter la route du nord. Or, un groupe chinois fait partie des soumissionnaires.

C’est que le Sud détient 80% du pétrole soudanais.

L’alliance chinoise (veto longtemps tenu à l’ONU contre toute sanction au Soudan, ventes d’armes) a offert à la CNPC (la compagnie nationale pétrolière) quatre gisements, 40% du pétrole extrait, 60% de la production, exportée vers la Chine. Mais le Sud gagne en autonomie, et CNPC (et Pékin) doivent penser à protéger leur capital…

Au plan diplomatique, Pékin maintient encore son hostilité au partage du pays, au nom du dogme du refus de tout régionalisme. Mais la séparation est inéluctable au terme de l’accord négocié en 2005 par les USA, pour en finir avec 23 ans de guerre civile et massacres aux 2millions de victimes. Les experts s’attendent à voir la Chine s’aligner sur le vent nouveau, au nom du pragmatisme de Deng Xiaoping : « Peu importe qu’un chat soit blanc ou noir, pourvu qu’il prenne la souris » – l’or noir soudanais en l’occurrence…

 

 

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