Temps fort : ‘M. Tout le Monde’ PORTRAIT!

Base logistique (support de l’enquête): 3727 interviews d’une heure, entre mai et juin 1997, réalisées chez l’habitant dans les 31 provinces, villes et territoires autonomes (en mandarin, et en dialectes) avec une forte priorité aux villes (2/3).

– Nourriture: dans la cuisine du Chinois moyen, la tradition demeure (on y trouve riz-(93%-, huile -89%-, thé -84%-, sucre (83%), pâtes 65%), mais talonnée par la modernité, avec les nouilles instantanée  (fangbianmian -44%-), la bière et les surgelés -42%-, la crème glacée (14), le yoghourt (10) et même, en ville, le lait (71% à Shanghai, 67% à Pékin) -lait que le Chinois ne pouvait pas digérer il y a 10 ans, faute de la flore intestinale adaptée!

– Soin de soi: qu’elle soit des villes ou des champs, la femme utilise shampooing  (73%), lotion, (39%), parfum (34%), rouge à lèvres et laque (29%). Les hommes sont à peine moins coquets: rasoir à lame (68%), électrique (39%), shampooing (77%), after-shave (7%), et laque (31%, en ville). En 3 ans, le %age d’hommes se gominant les cheveux a doublé (de 10 à 21%).

– Revenu: salaire annuel moyen du couple = 1250USD, en hausse de 75% en 3 ans. 50% des couples en Chine gagnent 960USD/an ou plus -ils étaient 23% en 1994.

Avec toutefois un fort écart (on pouvait s’y  attendre!) entre ville et campagne: en cash, le paysan gagne 60% du salaire de la ville, et Canton, Shanghai et Pékin gagnent respectivement 2600, 2410 et 1920 USD par couple. A noter la forte chute des revenus à mesure que l’on avance vers le Nord, type Mongolie/Liaoning (663USD) ou de l’Ouest, type Tibet/Gansu: 520USD.

– Dépenses: 730Y/mois/foyer. Dont 60% en nourriture (368Y), poste qui a doublé en 3 ans, ainsi que celui des frais de santé (de 23 à44Y).Mais ces 2 dépenses traduisent plus une montée en flèche du coût de ces postes, qu’une consommation accrue.

– Épargne: on s’y attendait, mais le résultat n’en est pas moins frappant: le couple met de côté 80% du salaire déclaré, 1030USD. Et bien sûr, 2,5 fois plus à la ville: 1610 USD contre 650 à la campagne. Des 3 métropoles, c’est Pékin (la moins “riche”) qui met le plus de côté: 2850USD, contre 2120 à Canton, qui mange, voyage et s’amuse plus) et 2090 à Shanghai.

NB: un couple sur cinq à la ville, un sur deux à la campagne n’épargne rien- trop pauvre (cette faiblesse de l’épargne est la seule cause de chagrin, admise par 61% des Chinois, contre 35% de satisfaits)! Cette épargne a augmenté d’1/4 depuis’94. L’objectif de cette épargne est multiple: 68% pour l’école de l’enfant unique,

65% pour l’hôpital ou la pharmacie, 53% pour le “home, sweet home”, 52 pour la retraite, 46 pour les noces de l’enfant, 41 pour l’autofinancement du gagne-pain.

– Crédit: 4% des Chinois ont une carte de crédit -soit x4 en 3 ans!

– Philosophie: dans la conception de son existence, le Chinois n’est ni intellectuel, ni taoïste, ni socialiste (3%, lanterne rouge et non pas drapeau rouge!). il reste avant tout matérialiste (voulant “travailler dur et s’enrichir”, 56%) mais évolue très vite vers une vision pragmatique, occidentale de l’existence: la formule “vivre sa vie selon ses goûts, sans chercher fortune ni gloire”, a doublé en 3 ans son score rural et urbain, et est désormais leader en ville: 38%.

Le Chinois est aussi “heureux”: son indice de bonheur a augmenté de 29% en 5 ans et il voit son mieux-être monter de 32%: d’ici 2002, pauvre ou misérable jusqu’à hier, ébahi et fier de s’élever si haut et si vite, il n’en demande pas pluspour l’instant. Donnée qui pourrait être prise en compte par des états majors “droits de l’homme”, dans leur “état des lieux” du Céleste Empire, en cette fin 1997!

 

 

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