A la loupe : Vent de révolte à Taiwan, tour de vis à Macau

«一个人当兵…» («Un seul être s’engage dans l’armée, tout le monde en profite »…) Ce slogan dans les rues du pays révèle à lui seul l’avancée de la crise : l’APL, l’armée chinoise,  voit que c’est le bon moment pour recruter parmi les 10M de jeunes arrivant sur le marché du travail ! Avec 9% de croissance en septembre contre 11,9% l’an dernier, la Chine se retrouve au plus bas niveau de croissance depuis 6 ans. Les 1ères victimes sont les exportateurs de Canton et de Shanghai. Depuis janvier, des milliers d’usines de chaussures ont fermé, comme 3631 usines de jouets (plus de 50%), même chez les plus grands noms tels Smart Union (6500 salariés, Canton), producteur à façon pour Mattel et Disney, ou China Dyeing &Printing (Zhejiang, 3000 jobs). Frappés par l’envol du ¥ (+15% sur l’² en 3 mois), des coûts de l’énergie et des matières 1ères (x2 en 4 ans), ou ceux des tests de qualité, que le ralentissement des exportations (22,3% contre 27,1% en janvier) ne permet plus de résorber, alors que les banques refusent le crédit : sur l’année, 2,5M d’emplois seront perdus dans le seul Delta des Perles.

Mais une des forces de la Chine est sa réactivité, due à l’étroitesse des liens entre ses décideurs administratifs et d’affaires. En un fantastique demi-tour, après les années de sevrage du crédit, elle monte en quelques semaines un plan de relance tous azimuts, applicable au 01/11. Elle a déjà coupé deux fois en octobre les taux d’intérêt – quatre autres coupes pourraient suivre d’ici décembre. Pour pallier les faillites frauduleuses, et payer les salaires, un fonds de secours naît à Canton. Un plan fiscal massif (21/10) revalorise les restitutions à l’export: 3486 produits bénéficient de ces grâces d’impôts de 5 à 17%, tels dans le textile, le jouet, le plastique, le meuble, la pharmacie. Pour l’immobilier, Pékin supprime certaines taxes au promoteur comme à l’acheteur. Déjà favorisés par l’envol des cours depuis 12 mois, les paysans obtiennent une hausse du prix public du blé, de 15,3% à 1,66¥/kg : histoire d’encourager sa culture et reconstituer le stock public. L’ABC, la banque de l’agriculture, est refinancée (19MM$ frais + structure de défaisance, pour un passage en bourse en 2010). En infrastructures, 34MM² sont débloqués, promesses de routes, d’aéroports, de centrales nucléaires et hydroélectriques, et de 150.000 km de gazoducs et d’oléoducs à construire sous 12 ans…

Manifestement, Pékin n’a pas suivi le credo étranger qui lui conseillait de tout miser désormais sur le marché intérieur. L’Etat a décidé de se battre sur tous les fronts: de sauver ses marchés étrangers, par des subventions en forme de dumping. L’autre objectif  du plan était de relever la bourse, en défendant l’immobilier… Mais 4 jours après, force est de constater l’absence d’effets visibles sur les marchés : comme ailleurs au monde, manque la confiance.

 

 

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