La pierre angulaire de la réforme financière de
En effet, tout le train de mesures adoptées par le Conseil des ministres du 06/04, sous la présidence de Li Keqiang, reflète les idées défendues par Zhou depuis des années. Selon un leitmotiv, cher au 1er ministre, ces mesures doivent permettre, en temps de crise, de compenser le ralentissement des affaires par le ballon d’oxygène d’une dérégulation.
Ainsi d’ici décembre 2013, devrait apparaître un plan de libre convertibilité des comptes capitaux sous cinq ans au plus tard. Il contiendra plusieurs actions préparatoires, parmi lesquelles :
- l’investissement direct en ¥uan du citoyen chinois à Hong Kong, qui avait déjà fait une apparition éphémère en 2007,
– l’élargissement de la bande de fluctuation du ¥ (aujourd’hui à 1% par jour),
– de nouvelles tranches de dérégulation du taux d’intérêt.
Un préparatif vital, est celui du crédit : la reprise du contrôle du marché « gris », qui de plus en plus, entremêle les obligations interbancaires (3700 milliards $) et les dettes des provinces (3200 milliards $).
Pour refinancer leurs projets souvent d’une solvabilité douteuse, tout en contournant les interdictions de la China Banking Regulatory Commission (CBRC), les provinces ont émis des obligations par compagnies écrans interposées, très rentables pour les banques qui les vendent : malgré la crise et le taux de croissance national de 9,2% en 2012, elles affichent gaillardement 20,7%, voire 38% pour la China Development Bank (CDB). C’est l’argent du petit épargnant, qui se rue sur les rémunérations élevées promises, souvent de 10%, au risque de voir le fonds en question faire défaut, comme cela commence à se voir depuis début 2013. Aussi la National Development & Reform Commission (NDRC) promet de surveiller tout projet où le « credit rating » est inférieur à AA+ et où l’endettement sur actifs dépasse 65%. L’effet visé, est de prévenir la faillite de provinces.
L’Etat doit aussi prévenir une fraude inquiétante : celle des fausses exportations. Pariant sur la hausse du yuan, les firmes falsifient leurs comptes pour acheter du yuan et revendre du dollar. Sur les +14,7% d’export d’avril, deux économistes de RBS (HK) estiment 9% imaginaires et falsifiés. Face à cette attaque, la BPdC semble pour l’instant chercher la parade…
Parmi d’autres mesures annoncées, figure la réforme de la taxation : extension de la TVA qui remplace la taxe d’affaires, introduction d’un budget-type standardisé et hausse progressive du prix des services urbains pour couvrir le coût réel : déchets, eau, gaz, électricité. Li Keqiang promet aussi la dérégulation de bon nombre de licences d’Etat. 71 permis ont été dérégulés en avril : 62 suivront en mai 2013.
Le Conseil d’Etat veut aussi renforcer la gestion des fonds de sécurité sociale et les droits du paysan sur son utilisation de sa terre. Pour l’instant, Li Keqiang et Xi Jinping font donc l’impasse sur la privatisation foncière complète.
Dernière réforme, non moins cruciale : avant décembre, le « hukou », ce permis de résidence arrimant le Chinois à son lieu de naissance, verra un début de démantèlement. Un projet en ce sens, du ministère de la Sécurité publique attend le feu vert du Conseil d’Etat.
Sommaire N° 17