Diplomatie : Pékin / Pyongyang – théâtre d’ombre bancaire

Le 7 mai 2013, loin de sa discrétion coutumière, la Banque de Chine (une des quatre grandes banques publiques), annonce la fermeture du compte de sa consœur, Foreign Trade Bank de Corée du Nord. Aucune raison donnée, mais l’objectif est clair : dire à Washington ET à Pyongyang que des sanctions de l’ONU sont appliquées en Chine. 

L’action semble de poids, s’agissant de la première banque nord coréenne à l’export. Mais, elle reste symbolique : le pays du Matin Calme peut toujours payer ou se faire payer via d’autres banques telles l’ICBC, la Banque de l’Agriculture, et bon nombre de maisons provinciales.

En outre, une des motivations de la Banque de Chine, en coupant ce lien, a pu être – si les politiques le lui permettent – de réduire son risque avec un client si fantasque et imprévisible… 

Pour évaluer ce que Pékin au juste, cherche à faire avec son embarrassant petit allié, il suffit de lire la statistique officielle des échanges : de janvier à mars, entre les deux bords de la rivière Yalu, hormis les fournitures d’aides alimentaires, en carburant et autres, le négoce à baissé de 7%, à 1,3 milliard $, et l’export chinois a chuté de presque 14%. 

Tout concourt à faire croire que Pékin essaie d’étrangler en douceur le petit voisin, pour l’induire courtoisement à retourner au tapis vert. Curieusement, presque de suite, la méthode porte ses fruits : le 07/05, l’armée nordiste retire du pas de tir deux missiles Musudan : pas de test balistique, du moins cette fois-ci. Mais à y réfléchir, pression chinoise et réponse coréenne semblent de même nature : psychologiques, théâtrales, et peu contraignantes pour l’avenir ! 

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