— Une fois de plus, le MII, le Ministère des industries de l’information, tutelle des télécom recule l’attribution des licences « 3G », pour raison technique : son standard TD-SCDMA, n’est pas prêt.
Les tests prennent du retard, faute de compatibilité avec les filières WCDMA (Europe) et CDMA -2000 (USA). La 1ère licence, dans le standard-maison bien-sûr, sortira au 1er trimestre 2007 – date-limite pour fonctionner lors des Jeux Olympiques de Pékin. Elle irait à China Telecom, champion de la ligne fixe qui joue à qui perd gagne, se voyant forcé de s’équiper dans une technologie moins mure, dont peu d’usagers voudront. Peu après, Netcom et surtout China Mobile devraient profiter des standards étrangers (aux applications plus alléchantes) pour rebondir.
En effet, après 10 ans de croissance vive, le secteur se tasse, avec une courbe en juin de 7,8% contre 11,8% un an plus tôt. Avec 365M de lignes, le téléphone fixe perd de son lustre. Avec 426M d’appareils, le portable va à peine mieux -la saturation guette. China Mobile mène la danse, ayant pris 80% des nouveaux abonnés au 1er semestre. Les autres se partageant les miettes – Netcom avec +7,7%, Unicom avec +11% – qui à moins de lancer son propre réseau 3G (CDMA-2000?), voit se dresser le spectre d’une fusion avec China Mobile…
— 100MM² : c’est le montant que Pékin entend «mettre à l’eau» d’ici 2010, dit (22/8) le ministère de la construction.
De ce montant, 48,5MM² iront aux canaux d’adduction, notamment au futur canal Yangtzé-Fleuve Jaune. 32,4MM² en retraitement et distribution, reviendront aux villes, où 50 ans de bricolage ainsi qu’un exode rural brutal (75M de nouveaux citadins en 6 ans) laissent 278 villes sans système d’épuration, et 30 autres, avec un système « passoire », perdant 70% de la ressource. Avec 2200m3/an, le Chinois moyen dispose du quart de la moyenne mondiale ! Or, le retraitement n’atteint que 50% (le reste va dans les fleuves!), et la surconsommation non-renouvelable dépasse 10MM m3/an.
La tarification n’aide pas : le prix perçu, quand il l’est – ce que 150 villes ne tentent même pas de faire- ne fait que 20% du coût de remplacement…
Pour enrayer la catastrophe, le ministère n’a qu’une solution : l’étranger, qui pour l’instant, contrôle moins de 10% du marché. Place donc au capital et à la technologie de groupes anglais, allemands, ou français comme Veolia qui offre déjà, sur fonds propres, ses services à 110M de citadins, et voit devant lui un marché inépuisable, avec bien plus de villes candidates qu’il n’en peut traiter!
— 12 ans : c’est ce qu’il a fallu à Shanghai pour rétablir à Pudong sa bourse pétrolière (18/8) : apprentissage nécessaire pour éviter le retour du chaos spéculatif vécu lors de ses quelques mois de premiers pas en 1993. Doté de près de 10M², la SPE (Shanghai Petroleum Exchange) est une JV entre Jiulian, Cie municipale et 4 pétroliers dont CNPC (la compagnie nationale pétrolière) et Sinopec, avec 65 traders, 10 dépôts et 2 banques. Ouvrant après 3 ans de test, la SPE traitera le fuel, puis bitume, méthanol et glycol, puis brut et GNL.
L’objectif est quadruple:
1. rapatrier de Singapour, en Chine, un marché stratégique, avec 82Mt au 1er semestre (+17% pour le brut, +48% pour les produits raffinés),
2. mettre à pied d’égalité dans un même cadre les produits étrangers et les locaux, qui atteignaient 91Mt au 1er semestre (+2,1%).
3. Par les contrats à terme, amortir les hausses violentes, tel le doublement des cours constaté depuis 2004.
4. Avec 110.000t contractées en 2005, cet outil est encore dans les langes. Mais il est un pas, dans la démarche de Shanghai pour reprendre sa première place financière d’Asie !
Sommaire N° 26