Joint-venture : Gros lot pour Airbus et pour Boeing

— Les commandes d’avions, en Chine, sont un acte politique.

Le 28/1, jour de la signature en France du contrat de cinq A380 pour China Southern (cf VdlC n°3), la Chine passe une splendide commande à Boeing, 60 « dreamliners 7E7 », pour  six de ses pavillons, d’un coût global de 7,2MM$. La CNAC, centrale d’achat  aéronautique chinoise, effectue donc le même jour ses commandes (longtemps différées) en modèles de nouvelle génération chez Boeing et chez Airbus, maintenant ainsi sa stricte parité de toujours!

La semaine reste faste pour le consortium de Toulouse qui reçoit deux autres fortes commandes, 20 A330-200 à 2,9MM$ (prix catalogue) pour Air China, et 20 A320 à 1MM$ pour Shenzhen Air, contrat soufflé par l’Européen à Boeing qui refusait une ristourne. Boeing aurait tort de se plaindre : la commande des 60 7E7 remet à flot son projet qui n’a reçu que 56 commandes fermes, 25% de l’objectif pour fin 2004 !

— Faux (re-)départ pour le Maglev allemand en Chine. Malgré ses handicaps (prix, avaries) dus à sa technologie juste maîtrisée, la presse chinoise annonçait le 26/1 le prolongement des 30km existant sur Shanghai-Pudong, de 170km vers Hangzhou (Zhejiang).

A 450km/h, ce train électromagnétique mettrait d’ici 2009 les 2 villes à 27 minutes au lieu des 3heures présentes—il en coûterait 3MM², supportés par la province, Shanghai et l’Etat. Hélas, la NDRC – la Commission nationale de développement et de réforme – démentait peu après ! Jusqu’à nouvel ordre, officieusement, un plan directeur adopté en jan ’04 prévoit l’introduction du TGV conventionnel (2 à 4 fois moins cher), devant passer d’ici 2020 à 350km/h. Les commandes de matériel roulant pour la 1ère phase (200km/h) sont engagées depuis novembre 2004, auprès d’Alstom et d’autres.

NB : les experts voient dans ces rumeurs persistantes d’extension de la ligne Maglev les pressions du ministère des hautes technologies, pour obtenir “sa” filière et les contrats liés. Sous les angles économique et technique, le Maglev n’a pas de sens, mais la Chine est le seul pays où, par raison politique, il pourrait se déployer.

— La CCB (la Banque de la construction) et la BoC (la Banque de Chine) renoncent à  la bourse de New York, pour  ne placer leurs OPI – Offre Publique Initiale- (5à 10MM$, et 3 à 4MM$) qu’à Hong Kong.

Après la faillite d’Enron, le gouvernement fédéral a renforcé ses contrôles (loi Sarbanes-Oxley de2002), imposant aux firmes présentes en bourse de faire certifier leurs comptes par la SEC – la Securities & Exchange Commission. Or, en 2004, la SEC poursuivait China Life, 1ère Cie d’assurance chinoise, suite aux irrégularités ayant entaché son entrée en bourse de New York (pour 3,5MM$), et la crédibilité des titres chinois en pâtissait manifestement.

Dans le cas de la Banque de Chine, le problème s’aggrave (24/1) suite à l’annonce d’un trou de caisse de 120M$, en même temps que la cavale de deux de ses leaders. Ceci, sans même évoquer les prêts insolvables des quatre banques publiques, variables de 13 à 40%, selon la source officielle ou étrangère!

 

 

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