Le Vent de la Chine Numéro 26-27 (2022)

du 9 juillet au 27 août 2022

Editorial : L’été sera chaud
L’été sera chaud

Chaque été, la Chine est confrontée à son lot d’intempéries et autres caprices du ciel. Cette saison ne fera pas exception à la règle.

Le pays a d’ores et déjà enregistré au mois de juin ses premiers records de température (plus de 40°C) dans plusieurs provinces du Nord et de l’Est du pays. Une vague de chaleur pourrait ainsi balayer une bonne partie du territoire chinois – 900 millions de personnes seront concernées – d’ici le mois d’août, ravivant ainsi le spectre des pénuries électriques causées par l’allumage simultané des systèmes de climatisation. De la Mongolie-Intérieure au Gansu, c’est la sécheresse qui guette les cultures, fléau récurrent qui pourrait mettre à mal la sécurité alimentaire du pays. Dans le sud, du Guangxi au Guangdong (cf photo), de fortes inondations ont déjà causé l’évacuation de plusieurs centaines de milliers de personnes… Et les spécialistes du Centre National pour le Climat ne sont pas optimistes : ils prédisent que certains phénomènes météorologiques pourraient bien être plus extrêmes qu’auparavant, la faute au changement climatique.

Zhou Xuewen, vice-ministre de la gestion des situations d’urgence, a averti les cadres à tout niveau que la « période critique approche » (mi-juillet). Il est donc urgent « d’appréhender au mieux les risques potentiels », mais aussi de « préparer les fonds et les équipements de secours nécessaires pour minimiser les pertes (humaines et matérielles) en cas de désastre, tout en veillant à une éventuelle résurgence de la Covid-19 ».

Le vice-ministre fait par-là allusion aux dramatiques inondations qui ont frappé le Henan l’été dernier, suivies d’un important rebond épidémique dans la capitale provinciale de Zhengzhou. Malgré les différentes alertes émises par les services météo, les cadres n’avaient pas saisi l’urgence de la situation ni décrété à temps les mesures appropriées, se reposant peut-être sur le statut de « ville-éponge » de leur cité. Ces manquements avaient causé la mort d’au moins 500 personnes, mais c’est surtout la noyade de plusieurs dizaines de passagers piégés dans le métro qui avait profondément choqué la nation. Un an plus tard, les gouvernements locaux ont-ils retenu la leçon ? Se sont-ils préparés en conséquence ?

Pour leur compliquer un peu plus la tâche, le sous-variant BA.5.2la forme la plus contagieuse de la Covid-19 enregistrée jusqu’à présent, capable d’échapper à l’immunité procurée par les vaccins ou par une précédente infection – cherche à passer ses vacances d’été en Chine, après avoir accompli un tour du monde, des États-Unis à Israël.

Il a déjà été détecté à Xi’an, Pékin, Tianjin et Shanghai. Pour lui faire face, l’ancienne cité impériale du Shaanxi a opté pour un « confinement doux » de toute la ville pendant une semaine. Dans la capitale, les autorités ont choisi de rendre la vaccination obligatoire pour pénétrer dans les lieux publics à forte fréquentation (musées, théâtres, salles de concert, gyms…), avant de faire marche arrière deux jours plus tard, se heurtant à la réticence de la population et à la promesse du gouvernement de ne forcer personne à se faire vacciner (ce que bon nombre de pays étrangers ont pourtant fait). La « Perle d’Orient » a, elle, préféré imposer une nouvelle série de tests obligatoires, espérant ainsi éviter d’avoir à prendre des mesures drastiques qui pourraient réveiller le mécontentement des habitants échaudés par deux mois de confinement strict…

Quelle que soit la méthode choisie, il y a fort à parier que les dirigeants locaux auront bien du mal à contenir la progression du BA 5.2. Les experts estiment d’ailleurs que ce n’est qu’une question de temps avant que le sous-variant ne devienne à son tour majoritaire dans le dernier pays au monde qui pratique encore la stratégie « zéro Covid ».

Un conseil donc à tous ceux qui envisagent de voyager cet été à travers la Chine : entre canicule, inondations et BA 5.2, bien choisir sa destination !


Criminalité : La fuite de données qui embarrasse Pékin
La fuite de données qui embarrasse Pékin

L’affaire est incroyable mais (peut-être) vraie. Le 30 juin, un pirate prénommé « ChinaDan » a affirmé sur un forum du dark web (cf photo) être en possession des données personnelles d’un milliard de Chinois volées sur un serveur de la police de Shanghai resté accessible à quiconque possédant un minimum de connaissances informatiques pendant plus d’un an ! Cette fuite de données est d’ores et déjà présentée comme l’une des plus massives de l’histoire de la cybersécurité.

En dehors des informations classiques (noms, numéro de téléphone, adresse, date et lieu de naissance, ethnie, profession, statut marital…), la base de données contiendrait aussi l’intégralité du casier judiciaire des individus. Et vu le poids du fichier (23 To), il pourrait également contenir des scans des pièces d’identité et des photos provenant de caméras de surveillance.

Si les fuites de données personnelles sont un problème chronique sur la toile chinoise, jamais des données aussi sensibles n’avaient été concernées (sauf lors des « Xinjiang Police Files » en mai dernier).

Plusieurs vérifications faites à partir d’un échantillon de 750 000 entrées gracieusement mis à disposition par le mystérieux hacker, prouvent qu’elles correspondent bien aux citoyens chinois désignés. Néanmoins, les experts en cybersécurité restent prudents quant à l’ampleur du chiffre annoncé (1 milliard de citoyens), les pirates ayant tendance à survendre la qualité de leur butin.

Véritablement représentative des deux tiers de la population chinoise ou non, cette base de données pourrait bien contenir des informations confidentielles sur des célébrités, des hommes d’affaires, voire des dirigeants politiques et leurs familles – autant de cibles potentielles de tentatives de chantage. Il n’en fallait pas plus pour que certains soupçonnent un lien avec le prochain 20ème Congrès du Parti ou avec la chute l’an passé du chef du Bureau de la Sécurité Publique de Shanghai, Gong Daoan.

Quoi qu’il en soit, le pirate vend cette véritable mine d’informations pour la modique somme de 10 bitcoins (près de 200 000 $), espérant ainsi attirer un maximum d’acheteurs, du simple cyber-escroc aux agences de renseignements du monde entier.

Inutile de préciser que la fuite est très embarrassante pour l’Etat chinois, raison pour laquelle les conversations sur le sujet n’ont pas tardé à être supprimées sur les réseaux sociaux. « Plusieurs jours après le début de la rumeur, toujours pas de déclaration officielle. Mais la censure de l’internet a démarré. C’est donc probablement vrai », écrit un internaute.

Sans faire directement allusion à ce hackage, le Premier ministre Li Keqiang a souligné lors d’une réunion du Conseil d’État le 6 juillet, « l’importance de la protection des données personnelles » – signe que Zhongnanhai a bien eu vent de l’affaire. Mais il est bien peu probable que Pékin reconnaisse publiquement un tel incident, car cela reviendrait à admettre aux citoyens que leurs données privées n’ont pas été suffisamment protégées par le gouvernement. Un comble pour l’État chinois qui vient de faire passer en novembre 2021 une loi pour mieux sécuriser ce type d’informations et mettre fin aux abus des entreprises privées en ce domaine.

Pendant ce temps, le gouvernement poursuit sa collecte massive des données personnelles de ses concitoyens, notamment au nom de la lutte contre la Covid, de manière à exercer un contrôle toujours plus important sur sa population. Jusqu’à présent, les citoyens ont accepté de se prêter au jeu en échange de davantage de sécurité. Cependant, le fait que cette fuite intervienne suite à une apparente négligence des autorités pourrait venir ébranler la confiance de la population et la rendre réticente à la poursuite de ce programme intrusif fait en leur nom. Le scandale des codes QR de santé détournés par les autorités locales du Henan en a déjà donné un avant-goût.


Automobile : Nouvelles « électrisantes »
Nouvelles « électrisantes »

Le n°1 mondial de l’électrique Tesla dépassé par le constructeur chinois BYD ? C’est la nouvelle qui a fait sensation début juillet. Au cours des six premiers mois de l’année 2022, l’entreprise de Shenzhen aurait ainsi vendu 641 350 véhicules électrifiés (+312 % par rapport à 2021) contre « seulement » 564 000 pour le géant américain (+46%). À un détail près : le total de BYD comprend aussi les véhicules hybrides rechargeables, or Tesla lui, ne vend que des modèles « 100% électriques ». Le constructeur américain reste donc en pole position tandis que le segment des « véhicules à énergie nouvelle » (NEV) devrait représenter 20% du marché chinois d’ici la fin de l’année, soit trois ans d’avance sur l’objectif initial fixé par l’État.

Néanmoins, pour la première fois en plus de deux ans, les livraisons de Tesla ont reculé de 18% au 2nd trimestre par rapport aux trois mois précédents. C’est le reflet des difficultés d’approvisionnements en composants rencontrées par la firme d’Elon Musk et surtout de la mise à l’arrêt de sa « Gigafactory » lors du confinement de Shanghai (avril-mai). Le manque à gagner en termes de production est loin d’être négligeable : de 50 000 à 100 000 unités, selon les estimations.

Les constructeurs chinois eux, ont pu limiter la casse : sur la même période, Li Auto a enregistré une baisse de ses ventes de 10%, Nio de seulement 3%, et Xpeng d’à peine 0,4%, grâce à leurs usines respectivement situées dans le Jiangsu, l’Anhui et le Guangdong.

Mais celui qui a véritablement réussi à tirer son épingle du jeu, c’est BYD, affichant une croissance de ses ventes – toutes catégories confondues – de 21% ! Le groupe de Shenzhen, relativement épargné par le contexte sanitaire, a également l’avantage de ne dépendre que de lui-même pour une grande partie de ses composants, dont ses batteries, son métier d’origine.

Il n’empêche, la mise en quarantaine du tout Shanghai pendant deux mois, qui a coïncidé avec le confinement d’autres villes du pays (notamment dans le Jilin), a causé un net ralentissement du marché automobile. Comparé à l’an dernier, tous les constructeurs ont vu leur taux de croissance des ventes au 2nd trimestre passer de trois chiffres à deux chiffres… La potentielle reconduction en 2023 des subventions à l’achat en vigueur depuis 2014 pourrait contribuer à redynamiser le marché.

Malgré ce contexte quelque peu déprimé, le fabricant de batteries CATL ne connaît pas la crise. Principal fournisseur de Tesla, mais aussi de Mercedes-Benz (Daimler), Volkswagen et Volvo, le géant chinois a rejoint au mois de juin le club restreint des sociétés dont la capitalisation boursière dépasse le trillion de yuans. Un succès en partie rendu possible par le soutien du gouvernement à toute la filière des véhicules électriques. Onze ans après sa création, le groupe de Ningde (Fujian) représente plus de la moitié du marché chinois et près de 30 % du marché mondial. Et CATL pourrait bien consolider sa position de leader grâce à son dernier modèle de batterie à technologie CTP (cell-to-pack) : la « Qilin 3.0 » qui offrira 1000 km d’autonomie en une seule charge (13% plus puissante que celle prévue par Tesla).

Enfin, la filiale automobile du promoteur immobilier Evergrande pourrait bien voir le bout du tunnel grâce à la commercialisation de son « Hengchi 5 » (cf photo), SUV électrique à l’autonomie affichée de 602 km, vendu 179 000 yuans, moitié moins cher qu’une Tesla « Model Y ». À ce prix-là, Evergrande Auto espère engranger les commandes et commencer à éponger les 45 milliards de yuans investis dans ce projet durant les trois dernières années. Les livraisons sont censées débuter en octobre prochain pour atteindre les 10 000 véhicules vendus au 1er trimestre 2023. Cependant, pas sûr que les clients se bousculent pour réserver une voiture dont la production de masse n’a pas encore débuté et dont la maison-mère Evergrande croule sous un passif de 1,97 trillion de yuans. Pourtant, l’enjeu est crucial pour l’apprenti constructeur : si le « Hengchi 5 » ne devient pas un succès commercial, les chances de survie d’Evergrande Auto sur l’impitoyable marché de la voiture électrique sont minces…


Politique : Procès mystère de Xiao Jianhua, le « banquier des princes rouges »
Procès mystère de Xiao Jianhua, le « banquier des princes rouges »

L’affaire devrait se terminer de façon tout aussi mystérieuse qu’elle avait commencée. Il y a cinq ans et demi, le multi-milliardaire Xiao Jianhua (肖建华), fondateur de Tomorrow Holdings, était filmé par une caméra de sécurité en train de quitter l’hôtel Four Seasons à Hong Kong, en fauteuil roulant (quoiqu’il soit valide), visage dissimulé par une serviette, et entouré d’une demi-douzaine d’hommes. Ils s’avèreront en fait être des agents chargés de le ramener en Chine continentale pour l’interroger… Un rapt qui avait fait beaucoup de bruit à l’époque, les autorités chinoises n’étant pas censées intervenir dans le territoire « semi-autonome ».

Durant les 66 mois qui suivirent – délai qui dépasse tout cadre juridique –, aucune information ne fuita sur le sort de Xiao Jianhua, si ce n’est qu’il fut transféré d’un lieu de détention (à Suzhou) à un autre (à Shanghai) et qu’il « coopère avec l’enquête ». Pendant ce temps, son empire fut soigneusement démantelé par les autorités au nom de l’impératif de « stabilité financière ».

Bien qu’aucune annonce officielle n’ait été faite, les autorités consulaires canadiennes (dont Xiao Jianhua détient la nationalité depuis 2015) ont appris que son procès aurait finalement débuté à huis clos à Shanghai le 4 juillet. Les chefs d’accusation n’ont pas été rendus publics. Toutefois, le WSJ rapporte qu’il serait jugé pour « détournement de fonds publics » ce qui pourrait lui valoir au moins cinq à dix ans de prison.

Officieusement, Xiao Jianhua serait accusé par Pékin d’être impliqué dans la chute de la Bourse de Shanghai à l’été 2015. À l’époque, elle avait perdu près de 40 % en un peu plus de deux mois du fait de manipulations de cours. Un épisode que plusieurs analystes avaient alors interprété comme une tentative de déstabilisation de Xi Jinping par le « gang de Shanghai », associé à l’ancien Président Jiang Zemin.

Xiao Jianhua n’est pas le seul tycoon à s’être fait prendre dans les filets de l’anti-corruption à cette période. Wu Xiaohui, patron de l’assureur Anbang, sera condamné à 18 ans de prison, Ye Jianming, fondateur de CEFC, écopera de la perpétuité, tandis que Lai Xiaomin, à la tête de l’organisme de défaisance Huarong, sera exécuté en janvier 2021.

Né en janvier 1972 dans une famille de paysans du Shandong, Xiao Jianhua est un enfant surdoué. Ses prédispositions lui permettront d’intégrer dès l’âge de 14 ans, la fac de droit de la prestigieuse université Beida (Pékin). Président de l’association étudiante lors du printemps de Tiananmen en 1989, Xiao refusera de soutenir le mouvement et choisira de rester loyal au gouvernement. Admirateur de Warren Buffett, il bâtira sa fortune en investissant dans les banques, l’assurance et l’immobilier. En 2016, Xiao Jianhua était le 32ème homme le plus riche de Chine avec un patrimoine net estimé à 5,8 milliards de $.

Avant son arrestation en 2017, il était considéré comme le banquier personnel de l’élite « rouge », comptant parmi ses clients d’anciens dirigeants du Parti et leurs familles. Il a notamment aidé le fils de l’ancien vice-président Zeng Qinghong (un lieutenant de l’ex-Président Jiang Zemin) à privatiser Luneng, groupe public d’électricité du Shandong en 2007, mais aussi la sœur aînée et le beau-frère du Président Xi Jinping à se débarrasser de leurs parts dans un consortium financier, avant son avènement au pouvoir en 2013.

En tant qu’intermédiaire financier, Xiao Jianhua connaissait donc certainement des secrets embarrassants sur bon nombre de personnalités de tout « bord politique », de la Ligue de la Jeunesse, base de pouvoir de l’ex-Président Hu Jintao, à la « clique de Shanghai » de Jiang Zemin.

Désormais aux mains de Xi Jinping, toutes ces informations peuvent s’avérer extrêmement précieuses, surtout à la veille du conclave de Beidaihe et à trois mois du XXème Congrès. Elles sont en effet autant de preuves de la corruption des adversaires politiques du Président. Xi Jinping, qui brigue un 3ème mandat, pourrait donc s’en servir afin de les dissuader de s’opposer à sa réélection ou à ses choix de promotion. De ce fait, le procès de Xiao Jianhua ainsi que les récentes directives visant les membres de la famille des dirigeants peuvent être interprétées comme des mises en garde de Xi à ses opposants. La chute d’un autre « tigre », haut cadre du Parti, avant le XXème Congrès, n’est pas non plus à exclure…

Quant au procès de Xiao Jianhua, difficile de prédire si la sentence sera sévère ou non : cela dépendra de l’importance des renseignements livrés par Xiao, mais aussi des forces politiques encore capables de le soutenir… Le dénouement est proche !


Chiffres de la semaine : « 350 milliards de produits surtaxés, 17% de cadres de la 7ème génération »
« 350 milliards de produits surtaxés, 17% de cadres de la 7ème génération »

350 milliards de $ : c’est la valeur des produits « made in China » importés aux États-Unis qui font l’objet depuis 2018 de surtaxes décrétées par l’administration Trump. Aujourd’hui, le Président Joe Biden envisagerait d’alléger ou de lever une partie de ces droits de douane pour freiner l’inflation galopante (+8,6% en mai) qui menace de plonger le pays en récession. Si les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium ont toutes les chances d’être maintenus, ils pourraient être levés sur 10 milliards de $ de biens de consommation, tels que les vêtements, l’électroménager et les vélos. Mais les économistes doutent fortement que cette mesure puisse avoir un impact significatif, l’inflation étant causée par la hausse des prix de l’alimentation, de l’énergie et du logement. Cette mesure pourrait également être interprétée comme un signe de faiblesse vis-à-vis de Pékin. De son côté, le gouvernement chinois ne se fait pas d’illusion : cette décision est motivée par la protection des intérêts économiques américains et ne présage en aucun cas d’un changement de politique vis-à-vis de la Chine, ni de la fin de la guerre technologique.

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17,3% : c’est la proportion de membres élus aux comités permanents provinciaux appartenant à la « 7ème génération » de leaders, à savoir ceux nés dans les années 70, d’après le magazine Caixin. Dix ans plus tôt, en 2012, les cadres de la « 6ème génération » réalisaient un bien meilleur score : 29,4%. Ce frein à la promotion des « jeunes cadres » est imputable à l’ambition de Xi Jinping de se maintenir au pouvoir pour au moins un 3ème mandat, cherchant à conserver aussi longtemps que possible ses alliés à ses côtés. Quelques étoiles montantes se distinguent pourtant : Zhuge Yujie, 51 ans, vice-secrétaire du Parti à Shanghai, Zhao Long, 54 ans, vice-secrétaire du Parti du Fujian ou encore Mme Guo Ningning, 52 ans, ex-banquière devenue vice-gouverneur exécutif dans cette même province. Les cadres de cette génération qui seront élus au Comité Central à l’automne prochain auront toutes leurs chances d’accéder au sommet en … 2032.


Vocabulaire de la semaine : « Japon, Shinzo Abe, réactions, hacker, bitcoin, données personnelles, disparition, milliardaire »
« Japon, Shinzo Abe, réactions, hacker, bitcoin, données personnelles, disparition, milliardaire »
  1. Japon : 日本 ; rìběn
  2. Premier ministre : 首相 ; shǒuxiàng
  3. Shinzo Abe : 安倍晋三 ; ānbèi jìnsān
  4. Assassinat : 遇刺 ; yùcì
  5. Information, nouvelle : 消息 ; xiāoxī (HSK 4)
  6. Chine continentale : 大陆 ; dàlù
  7. Internautes : 网友 ; wǎngyǒu
  8. Réaction, commentaire : 反馈 ; fǎnkuì (HSK 6)
  9. Se réjouir du malheur d’autrui (expression), « Schadenfreude » : 幸灾乐祸 ; xìngzāi lèhuò
  10. Se moquer, tourner en ridicule (expression) : 冷嘲热讽 ; lěngcháo rèfěng
  11. Même, à tel point : 甚至 ; shènzhì (HSK 4)
  12. Exprimer : 表示 ; biǎoshì (HSK 4)
  13. Célébrer, féliciter : 庆贺 ; qìnghè

日本首相安倍晋三遇刺消息传到中国后,大陆网友反馈却是幸灾乐祸冷嘲热讽甚至有人表示庆贺

Rìběn qián shǒuxiàng ānbèi jìnsān yùcì de xiāoxī chuán dào zhōngguó hòu, dàlù wǎngyǒu de fǎnkuì què shì xìngzāilèhuò, lěngcháorèfěng, shènzhì yǒurén biǎoshì qìnghè.

« Après que la nouvelle de l’assassinat de l’ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe soit parvenue en Chine, les internautes chinois se sont réjouis et moqués, certains ont même célébré l’évènement ».

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  1. Hacker, pirate informatique : 黑客 ; hēikè (HSK 4)
  2. Prétendre : 声称 ; shēngchēng (HSK6)
  3. Obtenir : 取得 ; qǔdé (HSK 4)
  4. Citoyen : 公民 ; gōngmín (HSK 6)
  5. Données personnelles : 个资 ; gè zī
  6. Bitcoin : 比特币 ; bǐtè bì
  7. Mettre en vente, vendre : 出售 ; chūshòu
  8. De l’histoire : 史上 ; shǐshàng
  9. Fuite : 外流 ; wàiliú (HSK 5)
  10. Incident : 事件 ; shìjiàn (HSK 6)

一名黑客声称取得了10亿中国公民个资,喊价10个比特币出售。若属实,恐将是史上最大规模的个资外流事件之一。

Yī míng hēikè shēngchēng qǔdé le 10 yì zhōngguó gōngmín de gè zī, hǎn jià 10 gè bǐtè bì chūshòu. Ruò shǔshí, kǒng jiāng shì shǐshàng zuìdà guīmó de gè zī wàiliú shìjiàn zhī yī.

« Un hacker qui prétend avoir obtenu les informations personnelles d’un milliard de citoyens chinois a proposé de les revendre pour 10 bitcoins. Si c’est vrai, il s’agirait de l’une des plus importantes fuites de données privées de l’histoire ».

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  1. Canada : 加拿大 ; jiānádà
  2. Milliardaire, multi-milliardaire : 亿万富翁 ; yì wàn fùwēng
  3. Politique : 政治 ; zhèngzhì (HSK 5)
  4. Elite, crème, quintessence : 精英 ; jīngyīng
  5. Faire confiance : 信任; xìnrèn (HSK 5)
  6. Banquier, financier : 金融家 ; jīnróng jiā (HSK 6)
  7. Luxe : 豪华 ; háohuá (HSK 5)
  8. Hôtel : 酒店 ; jiǔdiàn
  9. Mystère, mystérieusement : 神秘 ; shénmì (HSK 5)
  10. Disparaître : 消失 ; xiāoshī (HSK 5)
  11. Comparaître en justice, en cour : 出庭 ; chūtíng (HSK 5)
  12. Être jugé : 受审 ; shòushěn (HSK 5)

这名加拿大籍华裔亿万富翁曾是中国政治精英信任金融家,在香港一家豪华酒店神秘消失五年多之后,他将出庭受审

Zhè míng jiānádà jí huáyì yì wàn fùwēng céng shì zhōngguó zhèngzhì jīngyīngmen xìnrèn de jīnróng jiā, zài xiānggǎng yījiā háohuá jiǔdiàn shénmì xiāoshī wǔ nián duō zhīhòu, tā jiāng chūtíng shòushěn.

 « Le milliardaire sino-canadien, banquier de confiance de l’élite politique chinoise, comparaîtra en justice plus de cinq ans après sa mystérieuse disparition d’un hôtel de luxe à Hong Kong ».


Petit Peuple : Shanghai : La renaissance de Li Shizhen
Shanghai : La renaissance de Li Shizhen
Le 20 mars à 18h à Pudong, Li Shizhen (nom d’emprunt) réalisa qu’il allait être confiné sine die dès le lendemain pour cause de Covid… Pour lui comme pour tout Shanghai, ce fut la panique. Vite, il se précipita au supermarché pour acheter de quoi se sustenter les semaines à venir. Mais il découvrit des rayons dévastés, vidés de leur offre habituelle de vivres de première nécessité. Tout ce qui restait était deux sacs éventrés, l’un de 5kg de farine à raviolis, l’autre de quelques pommes rougeâtres déjà un peu blettes. Prévoyant, Li les paya, sans même protester pour les dommages sur l’emballage.
 
Le lendemain à l’aube, Li put constater que les escouades anti-covid avaient fait diligence : sur sa porte, il trouva un boîtier électronique qui l’avertissait que toute sortie intempestive serait suivie d’une arrivée de sbires en scaphandre blanc, d’une réprimande et d’une amende salée. Au sol, il trouva un plateau chargé de vivres défraîchis, assez pour trois jours…
 
Aussitôt, il se mit à l’ouvrage. Dans un bol d’eau, il émietta un croûton de pain, pela une des pommes pour y plonger les pelures, posant le bol à sa fenêtre pour récupérer la tiédeur ambiante.
 
Il ne lui restait plus qu’à tuer le temps. Sur son sofa, il surfa sur la toile et échangea avec tous ses collègues, amis et proches, lançant sur WeChat des centaines de messages, comme autant de bouteilles à la mer. Mais bientôt, l’envie lui passa : il se rendit vite compte d’avoir épuisé la liste des choses qu’ils pouvaient se dire : handicapé par la perte de l’expérience immédiate du travail, il prenait alors acte de l’arrêt de la vie réelle, de la perte de ce qui faisait la richesse de sa vie d’avant la Covid.
 
Le soir, dans sa cuisine, il fut attiré par un effluve aigrelet : à la surface du bol, une mousse s’était formée – son levain était prêt ! Ajoutant la farine, il pétrit une boule légèrement salée, qu’il disposa dans un moule, protégée d’un linge humide, après en avoir prélevé une portion stockée au réfrigérateur, pour les prochaines fournées.
 
La nuit, il se coucha dans l’angoisse, presque sûr de devoir faire des cauchemars inspirés par sa situation misérable. Mais contre toute attente, il fut visité de rêves réconfortants qui lui parlaient de luxuriantes feuilles de philodendron, de fleurs et d’arbres tropicaux, sous les chants rauques de cacatoès. En filigrane dans ce rêve vert  apparaissait iridescent le nom de Li Shizhen, l’illustre botaniste de l’époque Ming, auteur du fameux traité antique de botanique de référence : Compendium de Materia Medica (本草綱目 běncǎo gāngmù). Il faut préciser ici que le héros de cette aventure, jusqu’alors, ne portait pas ce nom. Mais son rêve, à présent, lui donnait l’ordre irrationnel de l’ adopter comme nom de guerre à l’avenir – de s’incarner dans l’illustre personnage…
 
À son réveil, il constata que la pâte avait bien levé : dans un moule, il l’enfourna, pour obtenir une heure plus tard une belle miche à la croûte dorée. Avec ce pain, son petit stock de farine et son levain, il pourrait tenir des semaines sans mourir de faim !
 
À ce moment lui arriva une autre bonne nouvelle, au pas de sa porte, deux « cosmonautes » lui notifièrent qu’à compter de ce moment, les résidents pourraient se promener sur les 800m² de maigre jardin autour des tours !
 
Aussitôt, « Li Shizhen » se rua vers l’ascenseur. Encore habité du rêve de la nuit, il comptait se livrer à une cueillette de fleurs sauvages. Mais voilà qu’entre deux pins rabougris, il tomba sur une plante inconnue. De trois coupelles vertes à deux demi-coques, genre saint Jacques, émanaient une odeur douceâtre. Deux d’entre elles, entrouvertes montraient leur intérieur rouge capiteux, tandis que la troisième enserrait de ses cils une mouche agonisante.
 
Sur son smartphone, via une application botanique, il trouva le nom de la plante carnivore, Dionaea muscipula – attrape-mouche en chinois. Il crut alors deviner le sens de son rêve venu d’ailleurs, et la mission qui venait de lui être impartie : il devrait redécouvrir et répertorier ce monde végétal confiné comme lui-même, et décrire ses stratagèmes déployés pour survivre aux destructions de l’humanité.
 
Ébloui par cette perspective, il se mit à ratisser du regard  la propriété, en quête de plantes à recenser, y consacrant le meilleur de ses jours. Au 3 mai, en 43 jours, il avait découvert 22 espèces, qu’il répertoriait, décrivait, dessinait. Le 4 mai, il divisa le domaine en cinq zones logiques (pelouse, pieds de haies et de grands arbres, coins délaissés et parking), qu’il explora centimètre par centimètre. Au 7 mai, son herbier s’était enrichi à 43 espèces. Le 8, Li voyant s’épuiser sa mine verte, eut l’idée de monter sur le toit de sa tour, sur le dépôt de compost et autres espaces encore inexplorés. Là encore, ce fut comme aborder un continent nouveau de la planète, il identifia 15 espèces nouvelles ce jour-là, totalement inattendues, comme un coton sauvage, des jonquilles et des mûriers-ronces. Depuis longtemps, son application verte grand public ne suffisant plus, il fit appel à des sites web professionnels, tels la base nationale de données phytosanitaires ou celle des ressources en taxonomie. Le 16 mai, tomba la notification de la levée du confinement pour le 20, annonçant du même coup la fin de sa collecte. 
 
En 57 jours de réclusion, notre fin limier avait détecté 86 espèces distinctes de végétaux, entre astéracées, poacées, lamiacées et rubiacées. 43 étaient comestibles. Grand nombre d’entre elles, disparues de la table moderne, figuraient au Compendium de l’époque Ming, dont une grande partie en plantes médicinales. Six étaient légèrement toxiques, et sept invasives.
 
Pour Li Shizhen, se terminait cette exploration imprévue. Une mission qui, à travers les siècles, lui avait été dictée par un sage vieillard, père de la botanique de l’empire du Ciel. Mais pourquoi, dans cette aventure, avoir été choisi plutôt qu’un autre ? Sans doute parce que seul parmi 1000, il avait pensé, en sa réclusion, réinventer son pain et le faire, retournant ainsi aux origines du mariage entre un monde végétal domestiqué et l’espèce humaine. Pour ce trait de génie, les dieux et l’esprit de Li Shizhen avaient eu à cœur de le récompenser, tant il est vrai que « le ciel aide ceux qui s’aident » ( 自助者天助之, zìzhù zhě tiānzhù zhī ) !
 
Par Eric Meyer

Rendez-vous : Semaines du 11 juillet au 25 septembre 2022
Semaines du 11 juillet au 25 septembre 2022

13-15 juillet, Pékin : BEIJING INFOCOMM CHINA 2022, exposition qui présente les inventions des TIC les plus avancées et les plus demandées au monde, ainsi que des opportunités de formation. REPORTE.

13-15 juillet, Chengdu : IE EXPO CHENGDU 2022, Salon professionnel international de la gestion et traitement de l’eau, du recyclage, du contrôle de la pollution atmosphérique et des économies d’énergie. REPORTE.

13-15 juillet, Shanghai : PRODUCTRONICA CHINA 2022, Salon international de la production électronique. REPORTE du 22 au 24 mars 2023.

16-18 juillet, Urumqi : IME XINJIANG 2022, Salon international de l’industrie minière en Chine.

18-22 juillet, Qingdao : QINGDAO INDUSTRIAL AUTOMATION & INSTRUMENTS EXPO 2022, Salon international de Qingdao pour l’automatisation et l’instrumentation industrielles.

19-22 juillet, Shanghai : SILE – LED SHANGHAI 2022Salon de l’éclairage et des technologies industrielles des LEDs.

21-23 juillet, Suzhou : NEPCON CHINA 2022, Salon international des matériaux et équipements pour semi-conducteurs. REPORTE du 19 au 21 avril 2023.

26-30 juillet, Haikou : CICPE 2022, seconde édition de la foire internationale des produits de la consommation de Hainan. NOUVELLE DATE !

27-29 juillet, Shanghai : HEATEC 2022, Salon international des technologies de génération de chaleur. REPORTE du 1 au 3 décembre.

28-30 juillet, Pékin : CHINA MARITIME BEIJING 2022, Salon international des technologies et équipements offshore.

3-5 août, Pékin : CHINA LNG & GAS INTERNATIONAL EXHIBITION & CONFERENCE 2022, Salon international de l’industrie du GNL et du gaz en Chine.

3-5 août, CantonWATERTECH GUANGDONG 2022, Salon international de la gestion de l’eau.

4-7 août, Shanghai : HOTELEX – FINEFOOD 2022, Salon international de l’agro-alimentaire destiné à l’industrie hôtelière. 

9-10 août, Canton : WBE – WORLD BATTERY INDUSTRY EXPO 2022, Salon international de l’industrie des batteries.

10-12 août, Canton : POWER EXPO 2022, Salon international des équipements et technologies de l’énergie en Asie-Pacifique.

10-12 août, Canton : ALUMINIUM CHINA 2022, Salon de l’industrie de l’aluminium. Matières premières, produits finis et semi-finis. Approvisionnement, échanges, mise en réseau.

16-18 août, Pékin : TOPWINE CHINA 2022, Salon international du vin pour le nord de la Chine.

18-20 août, Chengdu : CAPAS CHENGDU 2022, Salon international des pièces automobiles et des services après-vente.

18-20 août, Shenzhen : CHINA SMART CARD AND RFID TECHNOLOGIES 2022, Salon international sur les technologies et applications de la carte à puce et ses applications dans les produits et services.

21-24 août, Shanghai : ICMD 2022, Salon international de la conception et de la fabrication des appareils médicaux.

24-26 août, Shanghai : CFIE 2022, Salon international des condiments et ingrédients alimentaires à Shanghai.

31 août – 2 septembre, Shanghai : SHANGHAI INTELLIGENT BUILDING TECHNOLOGY. 2022, Salon des technologies de construction intelligentes.

31 août – 2 septembre, PékinINTER AIRPORT CHINA 2022, Salon international des équipements pour aéroports, technologies et services.

31 août – 2 septembre, Shenzhen : CHINA FLOOR EXPO 2022, Salon professionnel consacré aux revêtements de sol.

5-7 septembre, Shanghai : AUTOMOTIVE TESTING EXPO CHINA 2022, Salon du test, de l’évaluation et de l’ingénierie de la qualité dans les composants automobiles.

6-8 septembre, ShanghaiICIF CHINA 2022, Salon international de l’industrie de la chimie en Chine.

7-9 septembre, Shenzhen : CIOE 2022, Salon chinois international de l’optoélectronique.

8-11 septembre,  Xiamen : CIFIT 2022, Salon chinois international de l’investissement et du business.

13-15 septembre, Shanghai : SNEC ENERGY STORAGE 2022, Conférence et exposition internationale sur les technologies de stockage d’énergie. REPORTE du 27 au 29 décembre 2022.

14-16 septembre, Shenzhen : ELEXCON 2022, Salon chinois de la Hi Tech.

14-16 septembre, Shenzhen : IE EXPO GUANGZHOU 2022, Salon professionnel international de la gestion et traitement de l’eau, du recyclage, du contrôle de la pollution atmosphérique et des économies d’énergie.

15-17 septembre, Suzhou : CIOF – CHINA INTERNATIONAL OPTICS FAIR 2022, Salon international de l’optique.

15-17 septembre, Canton : HCI EXPO 2022, Salon international de l’alimentation saine et biologique en Chine.

15-17 septembre, Canton : IFE CHINA 2022, Salon international des produits alimentaires et des produits importés.

15-17 septembre, Canton : IHE – INTER HEALTH EXPO 2022, Salon international de l’alimentation et des produits issus de l’agriculture biologiques.

20-22 septembre, Canton : CHINA (GUANGZHOU) INTERNATIONAL ROBOTICS EXHIBITION 2022, Salon international de la robotique en Chine.

20-22 septembre, Canton : GUANGZHOU INTERNATIONAL METAL & METALLURGY EXHIBITION 2022, Salon international des métaux et de la métallurgie.

20-22 septembre, Canton : PHARMCHINA 2022, Salon international de l’industrie pharmaceutique.

22-24 septembre, Shenzhen : CHINA INTERNATIONAL INTERNET & E-COMMERCE EXPO (CIE) 2022, Salon et Forum Internationaux de l’e-commerce et de la logistique.

22-24 septembre, Shenzhen : CILF – CHINA INTERNATIONAL LOGISTICS AND TRANSPORTATION FAIR 2022, Salon international de la logistique et du transport de Shenzhen.