Le Vent de la Chine Numéro 23 (2023)

du 25 juin au 1 juillet 2023

Editorial : Trois plaidoyers pour l’ouverture
Trois plaidoyers pour l’ouverture

Li Daokui, Wang Wen et Xiao Qianhui. Ces trois hommes n’ont a priori rien en commun et pourtant, ils se sont tous les trois distingués ces dernières semaines par leurs prises de position en faveur du secteur privé, des investissements étrangers et de l’ouverture de la Chine, de manière globale.

Li Daokui, éminent économiste à l’université Tsinghua (Pékin) et diplômé de Harvard, est sans doute le plus connu d’entre eux. L’ancien conseiller auprès de la Banque Centrale (cf photo) vient de copublier mi-juin un rapport qui décortique les raisons du ralentissement économique que connaît la Chine actuellement. Les auteurs identifient cinq obstacles majeurs à la relance économique : la baisse de la consommation, la dette croissante des gouvernements locaux, les difficultés de financement des promoteurs immobiliers, les attaques publiques à l’encontre des entreprises privées, et la baisse de la demande mondiale et des exportations.

Pour y remédier, Li Daokui et ses collègues préconisent de relancer la consommation en accordant des subventions sous la forme d’une réduction lors des paiements mobiles sur Alipay ou WeChat Pay, quel que soit le produit acheté ; d’assouplir les restrictions aux plaques d’immatriculations dans les grandes villes de manière à stimuler les ventes de véhicules électriques ; que le gouvernement central renfloue certaines dettes des collectivités locales ; de rassurer les potentiels acheteurs d’appartements en leur promettant qu’ils n’auront pas à payer une taxe foncière ; d’accorder explicitement un soutien au secteur privé (pourquoi pas en autorisant une ou deux entreprises à pénétrer un marché auparavant chasse-gardée de l’Etat ?) ; d’encourager les investisseurs étrangers à venir en Chine et de raccourcir la liste des secteurs qui leur sont interdits.

Vient le tour de Wang Wen, doyen de l’institut Chongyang pour les Études financières (RDCY), think-tank affilié à la prestigieuse université Renmin (Pékin). Dans un discours prononcé le 9 mai à l’occasion d’un séminaire portant sur « la pensée de Xi Jinping sur la diplomatie et sa pertinence pour la communauté internationale qui nous entoure », le chercheur-leader d’opinion s’est inquiété de la baisse du nombre d’étrangers résidant en Chine, notamment des « talents » issus de pays développés, arguant que leur présence est vitale pour devenir « un pays socialiste moderne et puissant ». Une prise de position plutôt inattendue pour un ex-éditeur au quotidien nationaliste Global Times.

Wang Wen souligne qu’il existe une disparité importante entre le statut de puissance internationale de la Chine et « la quantité et la qualité » des étrangers installés dans le pays. Il prend pour preuve la proportion de ressortissants étrangers qui vivent en Chine : 0,05% de la population, bien en dessous de celle Japon (2%), société qui intègre pourtant très peu d’étrangers.

Wang Wen attribue ce déclin à un bon nombre de facteurs, comme la pandémie ou encore la rivalité sino-américaine, mais affirme également que « l’environnement socio-culturel » en Chine pourrait être amélioré pour accueillir des étrangers. Il suggère ainsi de continuer à attirer les investissements étrangers et de mettre un terme au processus d’autorisation qui conditionne les échanges avec des entités étrangères (universités, médias, ambassades…). Il conclut en déclarant que donner la priorité à la « sécurité nationale » ne doit pas se faire au détriment des échanges internationaux.

Enfin, Xiao Qianhui, président de la branche « tourisme intelligent » au sein de l’Association chinoise pour le tourisme (CTA), a pris la parole début mai à l’occasion d’un séminaire de la CTA à Wuxi (Jiangsu). Lors de son intervention, il s’est inquiété de l’absence des touristes étrangers venus découvrir l’Empire du Milieu, en particulier ceux venus d’Europe, d’Amérique du Nord, du Japon et de la Corée du Sud, qui disposent d’un plus fort pouvoir d’achat. Xiao a également déploré l’exode de nombreux expatriés dans les villes de premiers tiers comme Shanghai, qui faisaient auparavant le lien entre la Chine et l’étranger et incitaient leurs compatriotes à leur rendre visite.

Xiao Qianhui identifie plusieurs causes à ce marasme touristique : la fermeture des frontières durant trois longues années, les tensions persistantes entre Pékin et Washington, le discours antichinois dans les pays occidentaux, mais aussi l’absence de stratégie nationale de promotion de la destination « Chine » et la priorité donnée au tourisme domestique.

Selon Xiao, il est pourtant crucial de ressusciter le tourisme entrant, qui serait une manière de redorer l’image de la Chine à l’étranger, en chute quasi-constante depuis plusieurs années. Un touriste étranger est plus efficace qu’un reportage de la chaîne publique CGTN, argumente-t-il en substance.

Pour inciter les touristes étrangers à venir en Chine, Xiao Qianhui recommande d’avoir recours à des « influenceurs » sur TikTok, de faciliter la procédure d’obtention de visa, de permettre aux visiteurs étrangers d’acheter directement de billets de train sur la plateforme officielle, ou encore de débloquer l’accès aux réseaux sociaux censurés comme Facebook, Instagram et Twitter.

Ces plaidoyers pour davantage « d’ouverture » de la Chine au sens large, sont intéressants sous plusieurs aspects. D’abord, ce sont des vues qu’on avait plus entendues depuis bien longtemps, ces dernières années ayant été marquées par une montée du nationalisme et un certain repli sur soi. Ensuite, ils reflètent une certaine inquiétude face « au virage à gauche » entamé par Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir. Enfin, même si leurs motivations diffèrent, ils expriment tous les trois le même désir de reconnecter avec l’étranger. Reste maintenant à savoir si leurs plaidoyers seront entendus. 


Monde de l'entreprise : Huttopia lance son concept de « glamping » en Chine
Huttopia lance son concept de « glamping » en Chine

« On se croirait dans les Alpes » ! Voilà un commentaire qui revient souvent dans la bouche des clients du premier village vacances du groupe Huttopia (户乐), niché au cœur d’une bambouseraie de 16 hectares de Deqing (Zhejiang).

Ouvert le 1er octobre 2022 après deux ans de travaux, ce camping tout confort a rapidement su trouver son public, porté par la nouvelle tendance du « glamping », contraction de « glamour » et de « camping » (轻奢营地 qīng shē yíngdì), dans l’Empire du Milieu.

Quelques semaines seulement après l’abandon de la politique « zéro Covid » fin 2022, le village affichait complet avec une clientèle composée à 80% de Chinois et à 20% d’expatriés. Depuis lors, le taux d’occupation frôle les 100% lors des vacances nationales et les week-ends. Des chiffres encourageants dans un pays qui n’avait jusqu’à hier aucune culture du camping et où le lien à la nature des citadins se résumait à une balade au parc.

Situé à seulement 2h30 de route de Shanghai et 40 minutes de Hangzhou, Huttopia Deqing attire essentiellement des familles issues de la classe moyenne aisée en mal de verdure après trois ans de restrictions sanitaires et des confinements à répétition. En semaine, le lieu se destine plutôt à un public d’affaires, désireux de s’échapper du bureau le temps d’un séminaire ou d’un « team building ».

Hébergés dans l’une des 104 tentes, chalets et cabanes en bois dont Huttopia a le secret, les visiteurs (re)découvrent les joies de la vie au grand air, entre piscine, randonnées, sorties en kayak, balades à cheval et barbecues. Un terrain de pétanque et des vins français à la carte du restaurant laissent transparaître les origines du groupe fondé à Lyon en 1999 par Céline et Philippe Bossanne, deux amoureux d’un certain « art de camper » alliant nature, confort et sens de l’esthétique.

En Chine, les premiers pas de Huttopia remontent à il y a dix ans. A l’époque, le groupe lance un premier projet pilote à Dujiangyan (Sichuan) en partenariat avec des entreprises gérant les parcs nationaux de la région, mais est contraint de tout démonter quelque temps plus tard lorsqu’une partie du terrain est vendue à un promoteur immobilier… Huttopia monte ensuite un second projet avec un autre partenaire près de Xian (Shaanxi), qui décide finalement de s’orienter vers un concept d’hôtellerie plus traditionnel. C’est en 2018 que le groupe français s’associe avec Topsun (Hengfeng), l’un des principaux fabricants mondiaux d’équipements de loisirs de plein air, et ouvre son premier village-nature à Deqing quatre ans plus tard.

Crédit photo : Mathias Guillin

Le site de Deqing décline à l’identique le concept qui a fait le succès de Huttopia en France et à l’international, à savoir un camping éco-responsable dans un espace naturel préservé. Il a tout de même fallu faire quelques adaptations aux spécificités locales, comme l’installation du « wifi » dans le village entier et de climatisations dans les lodges et cahutes, deux indispensables d’un séjour réussi aux yeux des clients chinois. Les traditionnels poêles à bois dans les chalets ont également été mis de côté afin de minimiser le risque d’incendie.

Pas question de « dénaturer » l’ADN de Huttopia pour autant ! Il s’agit plutôt de cibler une clientèle qui partage les valeurs du groupe et préfère ainsi marcher quelques minutes à l’intérieur du village plutôt que de prendre une navette ou se satisfait d’un petit déjeuner « à la carte » dans un pays où le buffet est roi et le gaspillage alimentaire, courant.

Ce ciblage passe notamment par le choix d’influenceurs (« KOLs ») spécialisés dans les loisirs de plein air et par des partenariats avec des marques (de sport, de mode ou de matériel outdoor), elles aussi sensibles aux thématiques touchant au tourisme durable.

Il s’agit également de déployer une communication adaptée sur les réseaux sociaux, dont l’incontournable Xiaohongshu, où l’on peut désormais réserver ses vacances. Sur cette plateforme « lifestyle » comparable à Instagram, les recherches de mots-clés liés au camping se sont envolées de plus de 746 % lors de la fête du travail en 2022, après avoir bondi de 200 % en 2020 et 2021. Cela explique que le profil type d’un amateur de glamping en Chine soit un « millenial » qui n’hésite pas à mettre la main au portefeuille (environ 7 000 yuans par séjour en 2021), à mille lieues de l’image populaire et parfois un peu ringarde du camping en France…

Quid de l’avenir ? Huttopia ne ferme pas la porte à l’ouverture d’autres villages en Chine, mais la priorité aujourd’hui est d’abord de consolider ce projet à Deqing qui n’a même pas encore soufflé sa première bougie. Nul doute cependant que l’offre de vacances en pleine nature de Huttopia, de par son positionnement singulier et qualitatif, saura faire la différence dans l’océan de campings amateurs (ou sauvages) qui ont vu le jour durant la pandémie et dont bon nombre seraient d’ailleurs déjà sur le point de fermer…


Chiffres de la semaine : « 41,1 °C, 10 000 mètres sous terre, 43% ont déjà boycotté une marque étrangère, 800 milliards de yuans de ventes »
« 41,1 °C, 10 000 mètres sous terre, 43% ont déjà boycotté une marque étrangère, 800 milliards de yuans de ventes »

41,1 °C : c’est la température enregistrée à Pékin le 22 juin, la plus chaude journée de juin depuis le début des relevés météorologiques en 1961. La capitale n’est pas la seule ville à avoir chaud. 185 alertes rouges ont été émises dans le nord et l’est de la Chine, de Pékin au Shandong, en passant par Tianjin et le Hebei. Cette vague de chaleur pourrait bientôt atteindre la Mongolie Intérieure et le Xinjiang, à l’ouest du pays. En cause, l’effet El Niño ainsi que le réchauffement climatique. Plus au sud, l’administration nationale de l’énergie (NEA) ainsi que les autorités de Shanghai, du Jiangsu, du Zhejiang, de l’Anhui et du Fujian, ont tenu le tout premier exercice d’urgence pour se préparer au risque de coupure générale de courant lié entre autres à l’utilisation des climatiseurs lors de fortes chaleurs. Pas question qu’une pénurie électrique vienne perturber la production industrielle alors que l’économie est déjà à la peine ! Le gouvernement a retenu la leçon de la canicule de l’an dernier et s’est constitué entretemps un stock record de charbon (187 millions de tonnes).

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10 km : c’est la profondeur du forage que vient de débuter le groupe pétrolier Sinopec dans le bassin du Tarim (désert du Taklamakan au Xinjiang) où il exploite déjà un important champ pétrolier. Ce puits deviendrait ainsi le plus profond du pays et se rapprocherait du record mondial détenu actuellement par les Russes, qui ont atteint une profondeur de 12 262 mètres en 1989 après 20 ans d’efforts. Sinopec et ses partenaires ambitionnent de forer ce nouveau puits en 457 jours seulement. Au-delà de l’intérêt scientifique d’un tel projet, l’industriel chinois veut savoir si ces roches ultra-profondes peuvent encore contenir du gaz et du pétrole. Comme de nombreuses autres nations à l’heure actuelle, la Chine tente en effet de réduire sa dépendance aux importations énergétiques. Forer profond pourrait donc s’avérer une solution. Ce projet fait partie du programme d’exploration « Deep earth » lancé par le Président Xi Jinping, aux côtés des autres grands objectifs scientifiques du pays, « Deep sea » (exploration des océans), « Deep blue » (développement des technologies de l’information) et « Deep space » (exploration de l’espace).

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798,7 milliards de yuans : c’est la valeur totale des ventes réalisées pendant le festival de e-commerce « 618 », créé par JD.com le 18 juin 1998, selon les calculs de Syntun. C’est 102 milliards de plus que lors de la précédente édition et 480 milliards de plus qu’en 2019 ! Il faut dire que cette année, le « 618 » a coïncidé avec les 20 ans de l’entreprise, la fête des pères et la fête des bateaux-dragons quelques jours plus tard. Les produits de luxe, de beauté et pour animaux de compagnie en particulier, ont eu la faveur des consommateurs cette année. Ce festival est l’un des principaux baromètres de la consommation chinoise, avec la « fête des célibataires » célébrée le 11 novembre et inventée par son grand rival Alibaba. Malgré cette hausse du volume de ventes, le fait que les principales plateformes JD.com, Tmall, Taobao ne publient pas leurs chiffres indique que le rythme de croissance ne cesse de ralentir. C’était déjà le cas lors de la dernière édition du « 11.11 » l’an passé.

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43% : c’est le pourcentage de Chinois qui ont déjà boycotté une marque étrangère, rapporte une étude de Morning Consult. Une proportion qui augmente de 4 points chez les jeunes adultes. Ces chiffres montrent à quel point participer à des campagnes de boycott est chose courante en Chine, sur fond de nationalisme ambiant. Au moins 78 boycotts visant des marques étrangères ont eu lieu depuis 2016. Dernier scandale en date : celui de Nike et H&M en 2021, pour avoir cessé de s’approvisionner en coton du Xinjiang, soupçonné de faire l’objet de travail forcé. Le cabinet de consulting ajoute que délocaliser leur chaîne d’approvisionnement en dehors de Chine pourrait aider les compagnies étrangères à éviter de se retrouver pris entre deux feux, celui de l’opinion chinoise et celui de leurs pays d’origine.


Vocabulaire de la semaine : « Investissement européen, point de vue, visite, dictateur »
« Investissement européen, point de vue, visite, dictateur »
  1. Rapport : 报告, bàogào (HSK 5)
  2. Montrer, illustrer: 显示, xiǎnshì (HSK 5)
  3. Participer à: 参与, cānyù (HSK 5)
  4. Entreprise: 企业, qǐyè (HSK 5)
  5. Obstruction, obstacle: 障碍, zhàng’ài (HSK 6)
  6. Rater (une chance): 错失, cuòshī
  7. Opportunité commerciale: 商机, shāngjī
  8. Investissement: 投资, tóuzī
  9. Point de pourcentage: 百分点, bǎifēndiǎn
  10. Pour la première fois: 首次, shǒucì

根据中国欧盟商会公布的年度调查报告显示参与调查的570间企业之中,有62%称曾因监管方面的障碍错失商机。而把中国视为前三个未来投资目的地的企业数量,同比降低13个百分点,跌至55%,这是自2010年首次在调查内提出该问题以来,最低的水平。

Gēnjù zhōngguó ōuméng shānghuì gōngbù de niándù tiáo chá bàogào xiǎnshì, cānyù diàochá de 570 jiān qǐyèzhī zhōng, yǒu 62%chēng céng yīn jiānguǎn fāngmiàn de zhàng’ài ér cuòshī shāngjī. Ér bǎ zhōngguó shì wéi qián sān gè wèilái tóuzī mùdì dì de qǐyè shùliàng, tóngbǐ jiàngdī 13 gè bǎifēndiǎn, diē zhì 55%, zhè shì zì 2010 nián shǒucì zài diàochá nèi tíchū gāi wèntí yǐlái, zuìdī de shuǐpíng.

Selon le rapport d’enquête annuel publié par la Chambre de commerce de l’Union européenne en Chine, parmi les 570 entreprises interrogées, 62 % ont déclaré avoir manqué des opportunités commerciales en raison d’obstacles réglementaires. Le nombre d’entreprises considérant la Chine comme l’une de leurs trois principales destinations d’investissement a diminué de 13 points de pourcentage par rapport à l’année précédente, atteignant ainsi 55 %. C’est le niveau le plus bas depuis la première fois où cette question a été posée dans l’enquête en 2010.

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  1. Reportage : 报道, bàodào (HSK 5)
  2. Médias : 媒体, méitǐ (HSK 5)
  3. Mettre l’accent sur, souligner : 强调, qiángdiào (HSK 5)
  4. Point de vue : 观点, guāndiǎn (HSK 5)
  5. Analyser : 分析, fēnxī (HSK 5)
  6. Décrire, faire le portrait : 描绘, miáohuì (HSK 6)
  7. Apaiser (une tension) : 缓和, huǎnhé (HSK 6)
  8. Masquer : 掩盖, yǎngài (HSK 6)
  9. Raison, justification : 理由, lǐyóu (HSK 4)
  10. Accepter : 接受, jiēshòu (HSK 4)

报道这次访问时,官方新闻媒体强调了中国政府的观点,那就是,布林肯此行是为了让中国放心,是来听取中方关切问题的。分析人士说,将中国描绘为一个强大且负责任的大国,并且愿意与好战的美国缓和紧张关系,这可能有助于掩盖北京想与华盛顿重新接触的理由,而这些理由在那些政治上不太能为大众所接受,其中最主要的是需要稳定中国经济。

Z ài bàodào zhè cì fǎngwèn shí, guānfāng xīnwén méitǐ qiángdiàole zhōngguó zhèngfǔ de guāndiǎn, nà jiùshì, bùlínkěn cǐ xíng shì wèile ràng zhōngguó fàngxīn, shì lái tīngqǔ zhōngfāng guānqiè wèntí de. Fēnxī rénshì shuō, jiàng zhōngguó miáohuì wéi yīgè qiángdà qiě fù zérèn de dàguó, bìngqiě yuànyì yǔ hào zhàn dì měiguó huǎnhéjǐnzhāng guānxì, zhè kěnéng yǒu zhù yú yǎngài běijīng xiǎng yǔ huáshèngdùn chóngxīn jiēchù de lǐyóu, ér zhèxiēlǐyóu zài nàxiē zhèngzhì shàng bù tài néng wéi dàzhòng suǒ jiēshòu, qízhōng zuì zhǔyào de shì xūyào wěndìng zhōngguó jīngjì.

Dans leurs reportages sur la visite, les médias officiels ont souligné le point de vue du gouvernement chinois selon lequel la visite de Blinken visait à rassurer la Chine et à écouter les préoccupations de la partie chinoise. Selon les analystes, présenter la Chine comme une grande puissance forte et responsable, désireuse d’apaiser les tensions avec les États-Unis belliqueux, pourrait aider à dissimuler les motifs de Pékin pour renouer avec Washington. Ces motifs ne sont pas facilement acceptables sur le plan politique pour le grand public, notamment le besoin de stabiliser l’économie chinoise.

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  1. Président : 总统, zǒngtǒng (HSK 4)
  2. Président (en Chine) : 国家主席, guójiāzhǔxí
  3. Dictateur : 独裁者, dúcáizhě
  4. Exprimer : 表示, biǎoshì (HSK 4)
  5. Donner l’ordre : 下令, xiàlìng
  6. Espion : 间谍, jiàndié (HSK 6)
  7. Equipement, installation : 设备, shèbèi (HSK 5)
  8. Ballon : 气球, qìqiú
  9. Extrêmement : 极度, jídù
  10. Embarrassant : 难堪, nánkān

美国总统拜登周二(6月20日)在一个公开场合称中国国家主席习近平为独裁者:“习近平之所以非常不高兴,是因为当我(下令)击落那个装有两大箱间谍设备气球时,他不知道气球在那里。”拜登补充道:“这对独裁者来说是极度难堪,当他们不知道发生什么事时。”拜登总统发表上述言论的前一天,美国国务卿安东尼·布林肯(Antony Blinken)在北京会见了习近平,此次访华旨在缓和两国之间的紧张关系。

M ěiguó zǒngtǒng bài dēng zhōu’èr (6 yuè 20 rì) zài yīgè gōngkāi chǎnghé chēng zhōngguó guójiā zhǔxí xíjìnpíng wèi dúcái zhě:“Xíjìnpíng zhī suǒyǐ fēicháng bù gāoxìng, shì yīnwèi dāng wǒ (xiàlìng) jíluò nàgè zhuāng yǒu liǎng dà xiāng jiàndié shèbèi de qìqiú shí, tā bù zhīdào qìqiú zài nàlǐ.” Bài dēng bǔchōng dào:“Zhè duì dúcái zhě lái shuō shì jídù de nánkān, dāng tāmen bù zhīdào fāshēng shénme shì shí.” Bài dēng zǒngtǒng fābiǎo shàngshùyánlùn de qián yītiān, měiguó guówùqīng āndōngní·bù línkěn (Antony Blinken) zài běijīng huìjiànle xíjìnpíng, cǐcì fǎng huá zhǐ zài huǎnhé liǎng guózhī jiān de jǐnzhāng guānxì

Le mardi (20 juin), lors d’un événement public, le président américain Biden a qualifié le président chinois Xi Jinping de « dictateur ». Biden a déclaré : « Xi Jinping est très contrarié parce qu’il ne savait pas où se trouvait le ballon qui contenait deux grandes boîtes d’équipements d’espionnage lorsque j’ai donné l’ordre de le faire abattre. » Biden a ajouté : « C’est extrêmement embarrassant pour les dictateurs lorsqu’ils ne savent pas ce qui se passe. » La veille des déclarations du président Biden, le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait rencontré Xi Jinping à Pékin dans le but d’apaiser les tensions entre les deux pays.


Petit Peuple : Lianhu (Shaanxi) – La fausse princesse
Lianhu (Shaanxi) – La fausse princesse

De février 2013 à juillet 2014, une certaine Changping, soi-disante princesse Aisin Gioro, offrit à travers la Chine la chance de « fortune immédiate ». « Descendante de 4ème génération de l’empereur Daoguang » (nièce lointaine du dernier empereur Pu Yi), elle était l’héritière unique des 25 milliards de $ amassés par les empereurs Qing, saisis mais non confisqués par l’Etat. Il suffisait de les récupérer, simple comme bonjour !

Cette petite femme d’aspect faussement inoffensif n’était—les pigeons l’apprirent, mais un peu tard— ni princesse ni Changping, mais Wang Fengying, native de Lushi (Henan), fermière sans emploi ni autres qualités qu’une formidable capacité à embobiner et tenir en haleine son auditoire. 

Avec Yang Jiangling, 47 ans, son acolyte et probable amant – au chômage aussi – elle avait lancé son trafic pseudo-princier à Xi’an, ville natale de Yang. 

À des groupes d’épargnants soigneusement identifiés, elle faisait miroiter l’existence du magot que le régime était désormais prêt à rendre aux héritiers—à elle, donc. Mais avant de le « dégeler », il fallait ouvrir des portes, arrondir des angles, graisser des pattes de cadres corrompus. Les investisseurs étaient invités à financer le rapatriement du pactole : en 12 mois, promis, ils recevraient le triple en intérêts, sans compter leur mise de départ, bien sûr !

Au fil des mois, le scénario s’affina et le décor s’étoffa – essentiel à la crédibilité de l’embrouille. A son apogée, telle une star, Wang Fengying apparaissait devant un parterre de notables en des salles de bal d’hôtels 4 étoiles, nippée à la mode des dames du temps jadis : en robe longue de brocard chamarrée de breloques, en sandales hautes rehaussées d’or, portant un fier chignon fiché de verroterie. 

Comme preuve de l’existence de l’héritage Qing, elle exhibait des pyramides de lingots d’or aux formes les plus imaginatives, très antique, directement achetées via Alibaba sur internet ; des piles de liasses de billets verts de même incertaine origine. Cela ne ratait jamais : à mesure qu’elle parlait, s’allumaient les yeux des provinciaux. D’abord sceptiques ou goguenards, leurs regards chaviraient, se chargeaient d’envie, de rage de ne pouvoir déposer plus vite leurs sous aux pieds de la princesse. Yang, le factotum, réceptionnait les fonds avec un sérieux de croque mort, établissait les reçus, les visait d’un tampon écarlate de raison sociale exotique.

De la sorte en 18 mois, les associés ratissèrent 5,7 millions de yuans. Leur train de vie s’embellit : ils louèrent un bel appartement, déposèrent les arrhes pour l’achat d’un autre, s’offrirent une belle voiture… Mais « 月满则亏 » (yùe mǎn zé kūi), dit le proverbe, « après la pleine lune, le déclin ». 

Pour maintenir le flux d’argent qui commençait à se tarir, la fausse princesse avait dû en juin 2014 confier un lingot en collatéral d’un prêt. Or le quidam méfiant – n’en dormant plus la nuit depuis qu’il avait lâché ses 100 000¥ – avait été montrer l’or au mont de piété. 

Là, s’esclaffant, l’usurier, d’un coup de lime, lui avait montré que ce n’était que vulgaire plomb peint, et même pas à l’or fin. L’homme avait été rameuter d’autres pigeons pour une chasse à l’homme : en juillet 2015, la police de Xi’an sauva Wang et Yang des griffes de six grugés qui voulait les lyncher, puis les mit en cabane !

Le 7 septembre au tribunal de base de Lianhu (Shaanxi), le faux couple, faux nobles et faux mandchous, écopa de 13 et 12 ans et demi. Ils doivent aussi – vœu pieux du juge, vu qu’ils sont insolvables – rembourser les victimes et verser chacun à l’Etat un demi-million de yuans d’amende.  

Après son verdict, le juge émit cet avis intéressant : « ceux qui sont assez bêtes pour se laisser prendre au miroir aux alouettes, n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes » ! Tout ce qui brille n’est pas or, et nulle fortune n’a jamais été trouvée sous le pas d’un cheval.

L’avis est raisonnable, mais peut-être un peu bref. Il permet en effet au magistrat d’escamoter la question centrale en cette affaire : la raison de l’évidente sympathie du public pour l’époque de référence de tout ce scénario, à savoir l’ancien régime. 

À ce qu’il semble, cette sympathie pourrait renvoyer à la nostalgie (qui fleurit aussi en Occident) d’un monde révolu, peuplé de princes et têtes couronnées. 

Mais elle pourrait aussi dire la désillusion de la rue chinoise envers son époque, le matérialisme forgé par le régime, son absence de valeurs. Face à cette critique risquant d’émerger, on comprend la hâte du juge pour botter en touche, en accusant le Chinois moyen de naïveté, pour mieux absoudre l’Etat moderne de tout péché.

Cet article a été publié pour la première fois le 13 novembre 2015 dans le Vent de la Chine – Numéro 38 (2015)


Rendez-vous : Semaines du 26 juin au 31 août
Semaines du 26 juin au 31 août

26-28 juin Zhengzhou : CIAAF – China International Auto Aftermarket Fair, Salon international des produits automobiles de seconde monte

27-29 juin, Shenzhen : IAMD – Integrated Automation, Motion & Drives, Salon international pour l’automatisation des procédés

28-30 juin, Shanghai : CBME – Children Baby Maternity Expo, Salon international de l’enfant, du bébé et de la maternité

28-30 juin, Shanghai : MWC – Mobile World Congress, Congrès mondial et salon du GSM présentant les technologies, les produits et les applications de pointe

28 juin – 1er juillet, Shanghai : SEMICON CHINA, Salon international de l’équipement et des matériaux pour les semi-conducteurs

5-7 juillet, Shanghai : Aluminium China, Salon international de l’industrie de l’aluminium

5-7 juillet, Shanghai : Lightweight Asia, Salon des solutions automobiles légères,

5-7 juillet, Pékin : AIAE – Asian International Industrial Automation Exhibition, Salon international de l’automation industrielle

8-11 juillet, Canton : CBD Guangzhou, Salon international du bâtiment et de la décoration

11-13 juillet, Shanghai : Analytica China, Salon international de l’analyse, des biotechnologies, du diagnostic et des technologies de laboratoire

11-13 juillet, Shanghai : Electronica China/ Laser World of Phototonics China, Salon professionnel international des composants électroniques, des technologies d’assemblage et de production, de la photonique…

12 – 14 juillet, Suzhou : China Diecasting, Congrès international & exposition dédiés au moulage sous pression

12 – 14 juillet, Chengdu : IE Expo, Salon professionnel international de la gestion et traitement de l’eau, du recyclage, du contrôle de la pollution atmosphérique et des économies d’énergie

13-15 juillet, Shanghai : Luxehome Shanghai, Salon international des produits de la maison et de la décoration intérieure

17-19 juillet, Shenzhen : LED China, Salon international de l’industrie des LED

18-20 juillet, Canton : GMT, Salon international des machines-outils CNC

18-21 juillet, Qingdao : AP-RubberPlas,  Salon international pour l’industrie des plastiques et du caoutchouc

18-22 juillet, Qingdao : JM2023 – Jinnuo Machine Tool Exhibition, Salon international des machines-outils et des moules

18-22 juillet, Qingdao : APIE – Qingdao Industrial Automation & Instruments Expo, Salon international pour l’automatisation et l’instrumentation industrielles

19-21 juillet, Pékin: Beijing Infocomm, Sommet et exposition des inventions des TIC

19-21 juillet, Shanghai : Intermodal Asia, Salon et conférence sur le transport naval et la logistique portuaire

19-21 juillet, Shanghai : NEPCON, Salon international des matériaux et équipements pour semi-conducteurs

21-22 juillet, Shanghai : Playtime, Salon international dédié à l’univers de l’enfant et des vêtements de maternité

26-28 juillet, Canton: INMEX, Salon international de l’industrie maritime

31 juillet – 2 août, Pékin : CIBE – China International Beauty Expo, Salon international de l’industrie du bien-être et de la beauté

7-9 août, Shenzhen : HOMETEX – Home Furnishing Expo Shenzhen, Salon international de l’ameublement

8-10 août, Canton : Power Expo, Salon international des équipements et technologies de l’énergie

8-10 août, Canton : APBE – Asia-Pacific Biomass Energy Technology & Equipment Exhibition, Salon international de l’énergie biomasse

8-10 août, Canton : AVAI, Salon international des équipements de réfrigération, de climatisation, de ventilation et de traitement de l’air

8-10 août, Canton : EVTF – EV Supply & Technology Fair/WBE – World Battery Industry Expo, Salon international des équipements et technologies de charge électrique et de batteries

10-12 août, Shanghai: CWE – China Wedding Expo, Salon international du mariage

14-16 août, Canton : Steel Build, Salon international de la construction en acier et des matériaux de construction métalliques

16-18 août, Chengdu : HOTELEX, Salon international des équipements et fournitures pour l’hôtellerie

16-20 août, Shanghai : Pet Fair Asia, Salon des animaux de compagnie

23-25 août, Shanghai : CTEF SHANGHAI, Salon chinois international des équipements et procédés chimiques

23-25 août, Shenzhen : ELEXCON, Salon chinois de la Hi Tech présentant technologies et applications innovantes concernant l’IA, la maison intelligente, l’internet des objets, les véhicules intelligents, les systèmes intelligents de l’industrie et les nouvelles énergies

28-30 août, Shanghai : CHIC, Salon chinois international de la mode, de l’habillement et des accessoires

28-30 août, Canton : Inter Airport China, Salon international des équipements pour aéroports, technologies et services

28-30 août, Shenzhen : SIAL China – Shenzhen, Salon international de l’alimentation, des boissons, vins et spiritueux

29-31 août, Shanghai : PCIM Asia, Salon international et congrès sur l’électronique de puissance, le contrôle de déplacement, les énergies renouvelables et la gestion de l’énergie