Le Vent de la Chine Numéro 22 (2023)

du 18 au 24 juin 2023

Editorial : L’économie chinoise en baisse de régime
L’économie chinoise en baisse de régime

Le rebond économique post-« zéro Covid » n’aura pas fait long feu. Après avoir affiché une croissance robuste du PIB au premier trimestre (+4,5%), les derniers indicateurs économiques publiés se sont révélés décevants.

Les exportations, qui avaient pourtant fait tourner l’économie chinoise pendant la pandémie, se sont contractées (– 7,5% en mai, + 8,5 % en avril), conséquence d’une demande mondiale en berne. La production industrielle elle aussi, est en perte de vitesse (+3,5 % sur un an contre +5,6 % un mois plus tôt). Même chose dans l’immobilier, autre pilier traditionnel de la croissance économique chinoise, où les investissements ont chuté de 7,2% et les nouveaux chantiers ont plongé de 22,6 % sur un an. Les ventes de détail, principal indicateur de la consommation des ménages, patinent (+ 0,42 % comparé au mois d’avril), ce qui indique que la consommation est loin d’être capable de soutenir la reprise économique si l’immobilier et les exportations continuent de se contracter. Cerise sur le gâteau, le taux de chômage des 16 – 24 ans a atteint un niveau record (20,8%) et devrait encore augmenter d’ici juillet. Il n’en fallait pas plus pour que les économistes parlent de « stagflation » et comparent la situation actuelle avec la récession du Japon dans les années 1990.

Suite à la publication de ces données, plusieurs grandes banques d’investissements ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance du PIB chinois pour 2023 : de 5,9% à 5,5% pour JP Morgan, 5.8% à 5.4% pour Standard Chartered, 5.7% à 5.2% pour UBS, et de 5,5% à 5,1% pour Nomura. Ces estimations se rapprochent de l’objectif d’« environ 5% » fixé par le gouvernement chinois, qualifié de « modeste » par les analystes.

Ces mauvaises nouvelles semblent avoir forcé la main à la Banque Centrale, qui a abaissé le taux de référence de prêts à moyen terme de 2,75 % à 2,65 % – une première depuis août 2022 – injectant ainsi dans l’économie 237 milliards de yuans (30,6 milliards d’euros). Cette mesure est censée réduire les coûts de financement des banques commerciales pour les encourager à accorder davantage de crédits à des conditions plus favorables. En parallèle, l’organe de planification de l’économie (NDRC) a dévoilé 22 mesures pour réduire les charges des entreprises, dont des exemptions et des baisses de TVA.

Les investisseurs ont accueilli ces nouvelles avec enthousiasme et voient en ces mesures une première étape vers davantage de soutien à l’économie. Mais ils ne se font pas d’illusions : ces mesures ne devraient pas changer fondamentalement la donne et traduisent surtout la préoccupation grandissante des dirigeants chinois quant à la vigueur de la reprise économique. L’inquiétude serait telle qu’ils auraient sollicité les avis de divers patrons d’entreprises et économistes « en quête d’idées qui sortent de l’ordinaire » pour « redynamiser l’économie, rétablir la confiance du secteur privé, relancer le secteur immobilier et attirer les investissements étrangers », relate Bloomberg.

A l’issue d’une réunion du Conseil d’Etat, présidée le 16 juin par le Premier ministre Li Qiang, un communiqué a annoncé une série de mesures de relance économique sans en dire plus. Selon le Wall Street Journal, il serait question d’émettre des bons du Trésor à hauteur de 1 000 milliards de yuans pour aider les gouvernements locaux à financer de nouveaux projets d’infrastructures ou encore de lever l’interdiction d’acheter un second appartement dans les villes de second ou troisième tiers, de manière à stimuler le marché immobilier.

Face à ces mesures, les économistes restent sceptiques : dépenser massivement dans la construction d’infrastructures n’a pas eu de retombées significatives sur le reste de l’économie jusqu’à présent. De plus, les gouvernements locaux, déjà surendettés (66 000 milliards de yuans selon le FMI), peinent à trouver des projets viables étant donné que la plupart des besoins ont déjà été couverts.

Même chose pour l’assouplissement des conditions d’achat d’appartements : les acquéreurs potentiels ne sont plus persuadés que les prix continueront d’augmenter comme avant, ce qui faisait de l’immobilier un placement particulièrement attractif. Ils préfèrent donc investir ailleurs…

Dans ces conditions, difficile de stimuler la consommation, seule capable d’extirper l’économie chinoise de sa spirale infernale. Pour l’instant, les efforts se sont résumés à quelques bons d’achat distribués par les municipalités et une série de mesures visant à soutenir les ventes de véhicules électriques. Le gouvernement s’est toujours refusé à distribuer de l’argent directement aux ménages ou à abaisser les impôts sur le revenu, craignant peut-être que ces fonds contribuent à l’inflation ou finissent par être épargnés !

Une chose est sûre : Pékin semble à court d’options pour relancer l’économie. Les bonnes vieilles méthodes (dépenses en infrastructures…) ne fonctionnent plus aussi bien qu’auparavant et surtout ne font rien pour remédier à la crise de confiance qui touche les entrepreneurs et les consommateurs chinois, ébranlés par trois ans de « zéro Covid » et par plusieurs campagnes de reprise en main du secteur privé. Au-delà des outils monétaires ou financiers classiques, il va falloir que le Parti prouve à nouveau son engagement à adopter des politiques favorables à la croissance et sa capacité à réformer, sans quoi le contrat informel qu’il a passé avec sa population pourrait vaciller.


Diplomatie : Tournée européenne « électrisante » pour Li Qiang
Tournée européenne « électrisante » pour Li Qiang

Alors que le Président Xi Jinping a les yeux rivés sur l’Asie Centrale, son Premier ministre, Li Qiang, a choisi l’Europe pour son premier déplacement à l’étranger du 18 au 23 juin. Li se rendra à Berlin et à Paris, où il assistera au septième cycle de consultations gouvernementales sino-allemandes et au Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, qui ambitionne de réformer l’architecture de la finance mondiale pour mieux répondre aux défis du réchauffement climatique – un sujet cher à la Chine.

« Le fait que le Premier ministre Li Qiang ait choisi l’Allemagne et la France pour sa première visite à l’étranger après son entrée en fonction démontre la haute estime que porte la Chine envers le développement de ses liens avec ces deux pays », a souligné Wang Wenbin, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Malgré ces mots chaleureux, la visite de Li Qiang devrait se faire dans un climat tendu avec Berlin, puisque le chancelier allemand Olaf Scholz vient de dévoiler un document dans lequel il décrit la Chine comme une « force hostile » à son pays. Le dirigeant a en effet déploré dans sa « stratégie nationale de sécurité » dévoilée le 14 juin que la Chine, pourtant premier « partenaire » commercial de l’Allemagne, agit « à l’encontre de nos intérêts et valeurs ».

Si l’Allemagne a longtemps ménagé la Chine, elle a toutefois durci le ton depuis plus d’un an et appelle ses entreprises à réduire leur exposition à la Chine face au risque de conflit avec Taïwan. Berlin s’aligne également sur la nouvelle doctrine de l’Union Européenne (UE) qui devrait être débattue au Conseil Européen fin juin : à savoir, ne pas se « découpler » de la Chine, mais « réduire les risques ». Une approche qui, selon toute vraisemblance, devrait sonner le glas du déploiement de la 5G de Huawei à travers le Vieux Continent.

Mais un autre sujet de contentieux se dessine déjà : il s’agit de la montée en puissance des constructeurs automobiles chinois. D’ici 2025, les marques chinoises comme BYD, Nio, Xpeng devraient représenter 15% des ventes en Europe selon les estimations de KPMG, contre un peu moins de 10% en 2022. La concurrence sera particulièrement féroce sur les segments d’entrée de gamme, où sont positionnés les constructeurs automobiles hexagonaux tels que Renault et Stellantis.

Bien conscient de cette menace qui plane sur une industrie française qu’il cherche justement à redynamiser en accueillant des fabricants de batteries (chinois comme taïwanais), le Président Macron ferait donc du lobby auprès de la Commission Européenne pour qu’elle réagisse face aux « avantages déloyaux » de la Chine. Ses inquiétudes portent sur les subventions étatiques dont bénéficient les constructeurs chinois, qui leur permettraient d’inonder le marché européen de véhicules électriques à des prix quasi-imbattables, et en moins de temps qu’il ne faudrait pour le dire. Pour les contrer, Paris plaide pour l’ouverture d’une enquête « anti-dumping » qui permettrait d’imposer des tarifs douaniers.

A Berlin, les responsables politiques ne sont pas convaincus et craignent que la puissante industrie automobile allemande ne se retrouve victime de représailles de la part de Pékin, si Bruxelles devait adopter des mesures protectionnistes. Pour les constructeurs automobiles allemands, l’accès au marché chinois – sur lequel ils sont d’ailleurs en train d’être distancés par leurs concurrents locaux – est d’autant plus essentiel qu’ils y enregistrent une bonne partie de leur chiffre d’affaires mondial.

Ces inquiétudes sont partagées à Bruxelles, qui hésite à risquer une nouvelle guerre commerciale avec la Chine, gardant en mémoire le fiasco de l’enquête « anti-dumping » visant les panneaux solaires chinois en 2013. A l’époque, il avait suffi que Pékin menace de boycotter Airbus et les vins français et espagnols pour que l’Union Européenne vacille …

Cependant, le contexte géopolitique a bien changé en dix ans. Il y a désormais un consensus au sein de l’UE sur la nécessité d’adopter une position plus ferme vis-à-vis de la Chine. Bruxelles a également mis ces années à profit pour mettre sur pied un arsenal commercial défensif, dont un outil « anti-coercition » – c’est-à-dire « anti-chantage » économique – suite au gel des exportations lituaniennes provoqué par l’ouverture d’un bureau de représentation de Taïwan à Vilnius. Il n’en est pas moins que Bruxelles préférerait certainement que ces instruments aient un effet dissuasif sur la Chine plutôt que d’avoir à s’en servir… 


Chiffres de la semaine : « 62% d’Européens qui voudraient rester neutre en cas de conflit au sujet de Taïwan, 6,83 millions de mariages, 70 ans, 72% des parents chinois sont stressés »
« 62% d’Européens qui voudraient rester neutre en cas de conflit au sujet de Taïwan, 6,83 millions de mariages, 70 ans, 72% des parents chinois sont stressés »

62% : c’est le pourcentage d’Européens qui attendraient que leur pays reste neutre si une guerre devait éclater entre les États-Unis et la Chine au sujet de Taïwan, selon un sondage réalisé par le think tank European Council for Foreign Relations (ECFR) et mené dans onze pays membres de l’Union Européenne fin avril. Seuls 23 % des répondants souhaiteraient que leur pays se range du côté des États-Unis. Ces résultats vont dans le sens des propos tenus par le président français Emmanuel Macron qui affirmait lors de son retour de Chine que l’UE devrait éviter de se retrouver piégée « dans des crises qui ne seraient pas les siennes ». Par contre, les Européens ne semblent pas convaincus de la nécessité pour l’UE de « réduire les risques » créés par sa dépendance envers la Chine, tel que le prône la présidente de la Commission Européenne Ursula Von Der Leyen. En effet, une majorité des sondés considèrent la Chine plutôt comme un « partenaire nécessaire » qu’un allié, un rival ou un adversaire, avec des différences considérables selon la nationalité des répondants (Hongrois ou Allemands par exemple). Ils ne perçoivent pas la Chine comme une puissance qui cherche à nuire à l’UE ou à rivaliser avec le modèle démocratique. Tout au plus reconnaissent-ils certains risques liés aux investissements chinois dans les infrastructures européennes… Autre aspect intéressant de ce sondage : ils sont plus nombreux (41%) à se déclarer « pour » d’éventuelles sanctions si la Chine devait fournir des armes à la Russie que « contre » (33%). Tout cela donnera du grain à moudre lors du prochain sommet du Conseil Européen le 29-30 juin qui devrait débattre de la stratégie à adopter vis-à-vis de la Chine.

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6,83 millions : c’est le nombre de mariages qui ont été célébrés en Chine en 2022, le plus bas depuis 1986, année où les premières données gouvernementales furent disponibles. Cela représente une baisse de 10,5% en un an et une chute continue depuis 2013, où les mariages étaient presque deux fois plus nombreux qu’aujourd’hui. En cause, les restrictions sanitaires liées à la politique « zéro-Covid » qui ont poussé les amoureux à remettre leurs épousailles à plus tard, et plus fondamentalement, un changement de la perception du mariage, qui n’est plus considéré par les jeunes comme un prérequis pour réussir sa vie. Cette chute des unions va probablement causer une nouvelle baisse des naissances les prochaines années puisque la plupart des enfants en Chine naissent de couples mariés.

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Avec Vladimir Poutine, à l’occasion de ses 66 ans en 2019

70 : c’est le nombre de bougies que le Président Xi Jinping a soufflé le 15 juin, ce qui pose la question de sa succession dans un futur plus ou moins proche. Aucun héritier potentiel n’a été désigné lors du XXème Congrès du Parti en octobre 2022, ce qui laisse entrevoir que Xi envisage de briguer un 4ème mandat en 2027 qui le maintiendrait au pouvoir (au moins) jusqu’en 2032. À cette échéance, le Secrétaire général du Parti ira sur ses 80 ans. C’est l’âge actuel du Président américain Joe Biden, mais aussi de son prédécesseur Hu Jintao, que l’on dit sénile… Le fait que Xi rechigne à désigner un héritier peut s’expliquer par la peur d’affaiblir sa propre autorité sur le Parti en créant un centre de pouvoir alternatif. Cependant, « l’heureux élu » aura nécessairement besoin de temps pour se bâtir sa propre base de pouvoir, sans laquelle il pourrait être facilement renversé à peine intronisé. De plus, retarder l’échéance peut faire des mécontents parmi les protégés de Xi, qui rivalisent entre eux pour obtenir les faveurs du leader. Quoi qu’il en soit, cette incertitude sur le nom du successeur de Xi fait planer une grande menace sur le Parti : que se passera-t-il si Xi tombe malade ou décède brutalement ? Le Parti risquerait de retomber dans de violentes luttes intestines dignes de l’ère maoiste…

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92% : c’est le pourcentage de parents chinois qui se sont retrouvés en dépression nerveuse à cause de l’éducation de leurs enfants, d’après un sondage mené auprès de 535 parents par la plateforme youth36kr. 72% d’entre eux se sont également déclarés en proie au stress, l’évaluant à 5 sur une échelle de 10. Ces résultats interviennent deux ans après la mise en place de la politique de « double réduction » (双减) visant à réduire la masse de devoirs des écoliers et à interdire les cours du soir dans différentes matières. Même si certains parents ont salué ces mesures censées réduire les inégalités sociales, d’autres se sont plaints de se retrouver à donner des cours à leurs enfants eux-mêmes. Ainsi, 84,1% des sondés passent en moyenne 67 minutes par jour à aider leurs enfants à faire leurs devoirs, ce qui correspond à la moitié de leur temps libre à la fin de journée.


Vocabulaire de la semaine : « Match amical, cadeau d’anniversaire, produits de luxe, loterie »
« Match amical, cadeau d’anniversaire, produits de luxe, loterie »
  1. Equipe nationale : 国家队, guójiāduì
  2. Se tenir, avoir lieu: 进行, jìnxíng (HSK 4)
  3. Match amical : 友谊赛, yǒuyì sài
  4. Médias : 媒体, méitǐ (HSK 5)
  5. Emettre l‘hypothèse, supposer : 猜测, cāicè
  6. Coïncidence : 巧合, qiǎohé
  7. Fan de football : 足球迷, zúqiúmí
  8. Cadeau d’anniversaire : 生日礼物, shēngrì lǐwù

2023年6月15日,阿根廷国家队与澳大利亚队在北京工体进行了一场友谊赛。 有媒体猜测,当天举行友谊赛并非巧合,而是给作为足球迷的习近平送上一份“生日礼物”。

2023 Nián 6 yuè 15 rì, āgēntíng guójiā duì yǔ àodàlìyǎ duì zài běijīng gōng tǐ jìnxíngle yī chǎng yǒuyìsài. Yǒu méitǐ cāicè, dàngtiān jǔxíng yǒuyìsài bìngfēi qiǎohé, ér shì gěi zuòwéi zúqiú mí de xíjìnpíng sòng shàng yī fèn “shēngrì lǐwù”.

Le 15 juin 2023, l’équipe nationale d’Argentine a disputé un match amical contre l’équipe d’Australie au Stade des travailleurs de Pékin. Certains médias ont spéculé que la tenue de ce match amical ce jour-là n’était pas une coïncidence, mais plutôt un « cadeau d’anniversaire » offert à Xi Jinping, qui est un fan de football.

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  1. Trimestre : 季度, jìdù
  2. Ticket de loterie : 彩票, cǎipiào (HSK 6)
  3. Vendre, vente : 销售, xiāoshòu (HSK 5)
  4. Augmenter : 增长, zēngzhǎng
  5. Phénomène : 现象, xiànxiàng (HSK 5)
  6. Facteur, élément : 因素, yīnsù (HSK 5)
  7. Refléter : 反映, fǎnyìng (HSK 5)
  8. Ne pas avoir d’alternative, impuissance : 无奈, wúnài
  9. Normal : 正常, zhèngcháng
  10. Effort : 努力, nǔlì (HSK 3)
  11. Revenu, salaire : 收入, shōurù
  12. Ne pas avoir de choix : 不得不, bùdébù

今年一季度,全国彩票累计销售额1751.5亿元,同比增长49.3%。据大纪元报道,这种现象背后的因素是多方面的但总体上反映了国人的无奈。 . 今天的中国人很难通过正常努力获得应有的收入,所以他们不得不碰碰运气,刮彩票。

J īnnián yī jìdù, quánguó cǎipiào lěijì xiāoshòu é 1751.5 Yì yuán, tóngbǐ zēngzhǎng 49.3%. Jù dà jìyuán bàodào, zhè zhǒng xiànxiàng bèihòu de yīnsù shì duō fāngmiàn de dàn zǒngtǐ shàng fǎnyìngle guórén de wúnài. . Jīntiān de zhōngguó rén hěn nán tōngguò zhèngcháng de nǔlì huòdé yīng yǒu de shōurù, suǒyǐ tāmen bùdé bù pèng pèng yùnqì, guā cǎipiào.

Au premier trimestre de cette année, les ventes cumulées de billets de loterie à l’échelle nationale se sont élevées à 175,15 milliards de yuans, enregistrant une augmentation de 49,3% par rapport à la même période de l’année précédente. Selon Epoch Times, ce phénomène est dû à plusieurs facteurs, mais dans l’ensemble, il reflète le désespoir des Chinois. Aujourd’hui, il est difficile pour les Chinois d’obtenir un revenu juste pour des efforts normaux, ils sont donc contraints de tenter leur chance en jouant à la loterie.

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  1. Produits de luxe : 奢侈品, shēchǐpǐn
  2. Rebond, regain : 反弹, fǎntán
  3. Stimuler : 提振, tízhèn
  4. Louis Vuitton : 路易威登, Lùyì wēi dēng
  5. Groupe (entreprise) : 集团, jítuán (HSK 6)
  6. Revenus : 营收, yíngshōu
  7. Vente au détail : 零售, língshòu
  8. Global: 整体, zhěngtǐ (HSK 5)
  9. Vitesse : 速度, sùdù (HSK 4)
  10. (3) fois plus : (三)倍多, (sān) bèi duō (HSK 4)

中国的奢侈品销售反弹帮助提振路易威登母公司LVMH集团今年一季度的营收。据中国国家统计局的数据,今年3月份珠宝、黄金和白银的零售额同比暴增了37.4%,是整体零售额反弹速度三倍多

Z hōngguó de shēchǐ pǐn xiāoshòu fǎntán bāngzhù tí zhènle lùyì wēi dēng mǔ gōngsī LVMH jítuán jīnnián yī jìdùde yíng shōu. Jù zhōngguó guójiā tǒngjì jú de shùjù, jīnnián 3 yuèfèn zhūbǎo, huángjīn hé báiyín de língshòu étóngbǐ bào zēngle 37.4%, Shì zhěngtǐ língshòu é fǎntán sùdù de sān bèi duō.

Un rebond des ventes de produits de luxe en Chine a contribué à stimuler le chiffre d’affaires de LVMH, la maison mère de Louis Vuitton, au premier trimestre de cette année. Selon les données du Bureau national des statistiques chinois, les ventes au détail de bijoux, d’or et d’argent en mars de cette année ont connu une augmentation spectaculaire de 37,4% par rapport à la même période de l’année précédente, soit plus de trois fois le taux de rebond global des ventes au détail.


Petit Peuple : Hangzhou (Zhejiang) – Les trois pièges à souris de Zhu Lifei
Hangzhou (Zhejiang) – Les trois pièges à souris de Zhu Lifei

Le 12 septembre 2016 à Changzhou (Jiangsu), l’agence de consultation familiale-conjugale « Cœur sincère » reçut la visite d’une Mme Liu, en pleurs. Mariée depuis 7 ans à un grand nom de la finance, elle le voyait s’envoler souvent pour Hong Kong. Sans difficulté, elle avait découvert ses frasques –impudemment, il laissait dans ses poches des petits mots doux d’une certaine Huang Xinguo ; ou une paire de billets de cinéma, ou de karaoké. En silence, Mme Liu supportait. Mais voilà qu’un soir de juin, posant sa valise, changement de scénario, il lui déclarait tout de go vouloir divorcer : il venait de rencontrer une fille vraiment époustouflante, et entendait en faire la prochaine compagne de sa vie…

A l’autre bout du fil, Zhu Lifei (cf. photo), 30 ans, le patron de « Cœur sincère » l’écouta deux bonnes heures, l’interrompant pour de rares questions tout en tapotant sur son ordinateur. Apparemment, la relation durait déjà. Zhu fit donc la recherche sur Internet, et ne tarda à retrouver la trace. Il dépêcha donc deux de ses agents à Hong Kong pour la prier d’aller chercher ailleurs de quoi « subvenir aux besoins des siens » (仰事俯畜,yǎng shì fǔ xù ). Mais la réception fut décevante : riant de leurs appels à la vertu, éclatante de mépris,  la belle Huang leur conseilla de rentrer en Chine : « ici, vous savez, ce n’est pas le même pays, ni les mêmes lois—fichez-moi le camp ». S’ils insistaient, elle appellerait la police. Chou blanc, donc, sur toute la ligne !

Une seconde tentative fut lancée, sur le mari cette fois, toujours en faisant appel aux bons sentiments : la  fois suivante qu’il rentra au foyer, il trouva sa femme absente, et reçut quelques minutes après un appel urgent: « vite, rendez vous à XXX (telle adresse)—votre épouse vient d’avoir un accident », et puis l’on raccrocha. Arrivé au lieu-dit, à quelques rues de là, il découvrit leur voiture encastrée dans un mur et sa femme en sang, secourue par des passants. Or, le spectacle de cette catastrophe laissa le mari de marbre : constatant que les écorchures ne la mettait pas en danger de mort, il se rassura derechef et quitta la scène, prétextant une obligation urgente… « Encore raté », grommelèrent les agents de « Cœur Sincère »… Car les blessures de Mme Liu étaient simulées avec du sang de poulet, et l’accident mis en scène. Or, confronté au risque de perdre sa moitié, le mari n’avait semblé animé que du regret que l’issue fatale ait été évitée, sans envoyer Mme Liu rejoindre ses ancêtres, le libérant de son encombrante compagnie! 

Zhu Lifei, le chef de l’agence passa alors aux grands moyens – l’honneur de son entreprise était en jeu ! Reprenant le cas à zéro, avec le soutien de tout son état-major, il imagina la stratégie de la dernière chance, cette fois sans rien laisser au hasard. Du côté de Mme Liu d’abord. Soumise à un régime sévère, elle perdit 5 kg en un mois, et prit des cours de maquillage et d’habillement à la dernière mode. Elle reçut même des conseils en amour conjugal, sur la manière, en matière de volupté, de tenir la dragée haute à l’amante.

La nouvelle attaque porterait alors sur le point faible de la « ernai » (二奶« seconde poitrine », terme populaire pour « amante ») : ses achats compulsif en salle des ventes. Zhu installa alors un de ses agents, de plutôt belle prestance, en-dessous de chez elle. Ce dernier se présenta à elle « par hasard » comme un riche collectionneur, et lui fit visiter son cinq-pièces rempli d’œuvres d’art —des faux, on l’aura compris. Dès lors, ils sympathisèrent vite. Elle lui montra à son tour une œuvre rare, lui dévoilant naïvement qu’elle s’était endettée sur le marché noir, auprès des triades pour l’acquérir. Or, dès le lendemain, deux détectives de « Cœur sincère » frappèrent à sa porte, se faisant passer pour ses créanciers occultes : ils exigèrent le remboursement immédiat, la menacèrent de représailles physiques, et prétendirent même la retenir en otage chez elle. Sur ces entrefaites, le bon voisin du dessous apparut, qui très généreusement, arrangea la situation et offrit de « rembourser » les bandits. Melle Huang fut donc délivrée – et bernée ! Pleine de gratitude, elle offrit à son sauveur un livre ancien. Grand seigneur, lui-même lui donna une commode miniature d’époque Ming, un triple rang de perles rares, des boucles de nacre – le tout eût été hors de prix, si authentique!

Quelques jours après, le mari de Mme Liu retourna à Hong Kong. Au cou de la cocotte pendait le collier, et sur la table basse trônait la miniature : mais d’où venaient ces objets ? Alors, elle se troubla. Il gonfla la voix pour exiger la vérité. Fouillant le nid d’amour, il trouva des vêtements d’homme, dont le faux collectionneur s’était ingénié à truffer l’appartement. Cette fois, la trahison était patente ! Séance tenante, il la quitta par le premier vol pour Hangzhou. Pour l’agence, c’était enfin la victoire après six mois d’efforts.  Trompé par son amante, le mari pouvait être furieux. Mais il se consola à la maison, retrouvant une épouse métamorphosée et prête à donner à leur union une seconde vie.

L’intervention de « Cœur sincère » demeurait un secret pour lui, et mieux valait ainsi. Mais à tout prendre, les 60 000€ qu’il payait à son insu pour cette mission, n’étaient pas cher payés : autour de lui faisait rage la campagne anti-corruption. Or 95% des 1,4 million d’hommes appréhendés et punis de  2012 à 2017 pour acceptation de bakchich, s’étaient trouvés avoir une amante, dont ils avaient dû soutenir le train de vie. Ainsi l’agence, en mettant terme à ses frasques, lui a—peut-être—épargné la prison !

Cet article a été publié pour la première fois le 26 janvier 2018 dans le Vent de la Chine – Numéro 3 (2018)


Rendez-vous : Semaines du 19 juin au 31 juillet
Semaines du 19 juin au 31 juillet

19-21 juin, Shanghai : CPHI & PMEC, Salon international des ingrédients pharmaceutiques

19-21 juin, Shanghai : FI Food Ingredients/ HI Health Ingredients, Salon international des ingrédients alimentaires

19-21 juin, Shanghai : PROPAK, Salon spécialisé dans la transformation alimentaire et l’emballage

24-26 juin, Shanghai : IWF, Salon professionnel international du la santé, du bien-être, du fitness et de la musculation

26-28 juin Zhengzhou : CIAAF – China International Auto Aftermarket Fair, Salon international des produits automobiles de seconde monte

27-29 juin, Shenzhen : IAMD – Integrated Automation, Motion & Drives, Salon international pour l’automatisation des procédés

28-30 juin, Shanghai : CBME – Children Baby Maternity Expo, Salon international de l’enfant, du bébé et de la maternité

28-30 juin, Shanghai : MWC – Mobile World Congress, Congrès mondial et salon du GSM présentant les technologies, les produits et les applications de pointe

28 juin – 1er juillet, Shanghai : SEMICON CHINA, Salon international de l’équipement et des matériaux pour les semi-conducteurs

5-7 juillet, Shanghai : Aluminium China, Salon international de l’industrie de l’aluminium

5-7 juillet, Shanghai : Lightweight Asia, Salon des solutions automobiles légères,

5-7 juillet, Pékin : AIAE – Asian International Industrial Automation Exhibition, Salon international de l’automation industrielle

8-11 juillet, Canton : CBD Guangzhou, Salon international du bâtiment et de la décoration

11-13 juillet, Shanghai : Analytica China, Salon international de l’analyse, des biotechnologies, du diagnostic et des technologies de laboratoire

11-13 juillet, Shanghai : Electronica China/ Laser World of Phototonics China, Salon professionnel international des composants électroniques, des technologies d’assemblage et de production, de la photonique…

12 – 14 juillet, Suzhou : China Diecasting, Congrès international & exposition dédiés au moulage sous pression

12 – 14 juillet, Chengdu : IE Expo, Salon professionnel international de la gestion et traitement de l’eau, du recyclage, du contrôle de la pollution atmosphérique et des économies d’énergie

13-15 juillet, Shanghai : Luxehome Shanghai, Salon international des produits de la maison et de la décoration intérieure

17-19 juillet, Shenzhen : LED China, Salon international de l’industrie des LED

18-20 juillet, Canton : GMT, Salon international des machines-outils CNC

18-21 juillet, Qingdao : AP-RubberPlas,  Salon international pour l’industrie des plastiques et du caoutchouc

18-22 juillet, Qingdao : JM2023 – Jinnuo Machine Tool Exhibition, Salon international des machines-outils et des moules

18-22 juillet, Qingdao : APIE – Qingdao Industrial Automation & Instruments Expo, Salon international pour l’automatisation et l’instrumentation industrielles

19-21 juillet, Pékin: Beijing Infocomm, Sommet et exposition des inventions des TIC

19-21 juillet, Shanghai : Intermodal Asia, Salon et conférence sur le transport naval et la logistique portuaire

19-21 juillet, Shanghai : NEPCON, Salon international des matériaux et équipements pour semi-conducteurs

21-22 juillet, Shanghai : Playtime, Salon international dédié à l’univers de l’enfant et des vêtements de maternité

26-28 juillet, Canton: INMEX, Salon international de l’industrie maritime

31 juillet – 2 août, Pékin : CIBE – China International Beauty Expo, Salon international de l’industrie du bien-être et de la beauté