Le Vent de la Chine Numéro 10 (2020)

du 2 au 15 mars 2020

Editorial : « Marche avant, marche arrière »

Les réunions du Comité Permanent et du Bureau Politique s’enchainent à une cadence rarement vue, mais le pouvoir semble tiraillé entre la nécessité économique d’ouvrir les vannes (les indices PMI manufacturier et des services étant au plus bas en février – 35,7 et 29,6 respectivement, contre 59 et 54 auparavant ) et les contraintes sanitaires, nécessitant une vigilance accrue en période de retours. Selon le Ministère des transports, un peu moins d’un tiers des 291 millions de migrants auraient rejoint leur lieu de travail au 14 février. 120 millions supplémentaires étaient attendus fin février, et 100 millions d’autres courant mars. Le 24 février, un communiqué voulait que les visiteurs coincés à Wuhan et ne présentant aucun symptôme, seraient autorisés à rentrer chez eux. Quelques heures plus tard, un démenti officiel était publié, affirmant que le communiqué avait été émis sans autorisation, reflétant ainsi l’hésitation qui règne chez les décisionnaires. A Qingdao, Weihai, Yantai, Dalian, Yanbian, alors que tout semblait aller mieux, la menace venue d’ailleurs (Corée du Sud, Japon) forcent ces villes à se refermer. Dans la capitale, les critères de quarantaine pour les nouveaux arrivants ne cessent de changer. Si les restrictions à l’échelle provinciale sont tombées dans 15 provinces pour passer à des contrôles par districts, les mesures se font toujours plus strictes à Pékin, tranchant avec des chiffres de contamination proche de zéro chaque jour. Le cas d’un « cluster » dans un dortoir de l’agence nationale de cybersécurité (11 cas, 178 en observation) poussait les autorités à avertir de leur tolérance zéro (cas), sous peine de sanctions. De même, le fait qu’une ex-détenue à Wuhan ait réussi à rejoindre Pékin, en déjouant les innombrables contrôles routiers, scandalisait l’opinion. Elle faisait partie des 300 contaminées de sa prison. Suite à cette échappée, 16 cadres étaient sanctionnés. Si la capitale fait l’objet d’une attention toute particulière, notamment dans le discours inédit qu’adressait le Président Xi Jinping en téléconférence à 170 000 cadres et militaires le 23 février, c’est que Pékin représente le cœur politique du pays, et doit à tout prix rester immunisé au virus.

Toutefois, tout semble indiquer que la Chine a réussi à renverser la vapeur. C’est peut-être cette sensible amélioration qui a permis aux 12 experts étrangers envoyés par l’OMS de faire une dernière étape à Wuhan, non inclue dans le programme initial. Suite à cette brève visite, le Canadien Bruce Aylward félicitait la Chine pour ses mesures, et appelait le reste du monde à s’en inspirer. Il affirmait également que les chiffres officiels reflètent la réalité du terrain. S’il admettait que le pays avait tiré une amère leçon de sa réponse tardive, il reconnaissait toutefois que les mesures draconiennes chinoises seraient difficiles à dupliquer dans d’autres pays. Et la situation se dégrade à l’étranger : la Chine annonçait son premier cas « importé », venu d’Iran au Ningxia le 26 février. Le lendemain, son plus faible nombre de décès journalier avec 29 morts. Le même jour, le nombre de nouveaux cas à l’étranger dépassait pour la première fois celui en Chine. Bonne nouvelle le 29 février : le nombre de patients guéris dépassait celui des malades. Cependant, Zhong Nanshan, l’expert national, ne se risquait pas à annoncer que le pic de contamination était atteint et prévoyait que la situation serait sous contrôle fin avril. Le professeur de 83 ans déclarait tout de même que le nombre de cas aurait pu être sensiblement réduit si des mesures avaient été prises dès décembre ou début janvier, tandis qu’attendre quelques jours de plus (après le 20 janvier) aurait conduit à atteindre la barre des 100 000 cas. Dr Zhong appelait aussi à donner plus de pouvoirs au centre épidémiologique national (CDC) et ses ramifications locales. Enfin, il jetait un pavé dans la mare en affirmant que : « si l’épidémie s’est déclarée dans le pays, cela ne veut pas forcément dire que la Chine en est la source ». En parallèle, un reportage d’une TV japonaise devenait viral sur les réseaux sociaux chinois : il avançait que les 14 000 Américains décédés de la grippe auraient en fait contracté le Covid-19 sans le savoir… Cette théorie suggérait ainsi de reporter la responsabilité de l’épidémie sur l’étranger.

Justement, hors frontières, la progression du virus semble irrésistible. Ironiquement, l’Italie, qui était la première à fermer ses frontières aux avions en provenance de Chine, se trouve la première touchée en Europe. L’Occident, qui pourtant avait l’avantage d’être sur ses gardes avant l’arrivée du virus, fera-t-il mieux que la Chine pour le contenir ? En attendant, le régime chinois peut commencer à préparer l’après-épidémie et son récit victorieux face à « sa plus grave urgence sanitaire depuis 1949 ».


Diplomatie : Les « Unes » de trop

Mao portant un masque, un drapeau chinois aux étoiles remplacées par des virus, des titres aux accents xénophobes ou aux références historiques mal choisies… De la voix de ses diplomates, la Chine fait savoir qu’elle ne tolérera pas de telles attaques de la part de médias étrangers alors qu’elle se bat contre le virus pour protéger ses citoyens, mais aussi le reste du monde.

La nouvelle faisait les gros titres le 19 février : « trois journalistes du Wall Street Journal seront expulsés sous cinq jours ». Sans que le lien soit clairement établi, cette décision faisait très probablement suite à celle du Département d’Etat américain de considérer les journalistes de la presse officielle chinoise (Xinhua, CGTN, Quotidien du Peuple, China Daily, Radio Chine internationale) comme des « missions étrangères sous contrôle de Pékin ». Cela implique donc que ces organes devront à l’avenir déclarer leurs employés et les biens qu’ils possèdent aux Etats-Unis, à l’instar des diplomates. Plus de 160 journalistes chinois seraient installés aux USA, contre 75 Américains en Chine.

Cette provocation appelait évidemment à des représailles. Ce sont donc trois journalistes basés en Chine et maitrisant la langue (Josh Chin, n°2 du bureau du WSJ à Pékin, Chao Deng, coincée à Wuhan, et Philip Wen, de nationalité australienne) qui ont payé le prix d’un titre (« China is the real sick man of Asia » – hautement débattu au sein de la rédaction) d’une tribune qu’ils n’avaient pas même écrite, détaillant les faiblesses du système financier chinois. En employant une expression faisant référence aux humiliations infligées à la Chine au XIXe siècle lors des traités inégaux, le WSJ touchait un point sensible. Le Président Xi Jinping lui-même, évoque régulièrement cette sombre période, et compte bien prendre sa revanche sur l’histoire en redonnant à son pays la place qui lui revient sur la scène internationale. Ce titre malencontreux tombait mal alors qu’une vague de discrimination envers les ressortissants chinois (et asiatiques) semblait déferler plus vite que les contaminations du coronavirus.

« Nous ne serons pas silencieux comme des agneaux face à des insultes malicieuses », déclarait lors de sa première conférence de presse publique Zhao Lijian, vice-directeur du Ministère des Affaires étrangères. Ancien envoyé au Pakistan, puis aux USA, Zhao était parmi les premiers diplomates chinois à se faire remarquer sur Twitter pour son franc-parler : « le WSJ a l’arrogance des expressions abusives, mais n’a pas le courage de s’excuser » ? Depuis, le journal aurait exprimé des regrets, mais le ministère exige des excuses publiques… Il y a quelques mois, la carte de presse d’un autre journaliste du WSJ, Chun Han Wong, n’avait pas été renouvelée. Il avait cosigné, avec Philip Wen, un article sur les affaires douteuses d’un cousin de Xi Jinping. Depuis 2013, selon le FCCC, neuf journalistes étrangers ont ainsi été contraints à plier bagage : parmi eux, Melissa Chan d’Al Jazeera, ou Ursula Gauthier de L’Obs. Mais c’est la première fois que trois journalistes à la fois sont expulsés, témoignant d’une escalade dans les rétorsions.

Pékin aurait pu passer l’éponge sur un tel titre, mais la décision de Washington l’a poussé à se saisir de l’occasion pour se débarrasser des trois reporters, probablement dans le viseur depuis quelque temps, notamment pour leur travail sur le Xinjiang ou sur Huawei. A son tour, Washington réfléchit à expulser plusieurs journalistes chinois, une logique très trumpienne qui s’inscrit dans un effort de rééquilibre d’une relation considérée comme « inégale ». Ainsi le 2 mars, le nombre de journalistes chinois autorisés à travailler aux USA était finalement limité à 100 (59 pour Xinhua, 30 pour CGTN, 9 pour China Daily et 2 pour CRI) et le renouvellement de leur visa, sujet à autorisation. Après les sujets commerciaux, technologiques, voici que les deux premières puissances mondiales se confrontent sur le sujet des médias. Une spirale dangereuse, puisque la presse représente la liberté d’expression – une valeur que ne partage pas le régime chinois, mais qui a été récemment ouvertement réclamée par son peuple. Plus tôt en février, lors de la conférence sur la sécurité de Munich, le conseiller d’Etat Wang Yi taclait les USA pour leur réaction « disproportionnée face au virus », les Etats-Unis ayant été parmi les premiers à décréter la fermeture de leurs frontières à toute personne venant de Chine et à rapatrier leur ressortissants. Lorsque Moscou fit de même, Pékin qualifiait cette interdiction d’entrée sur le territoire russe de « regrettable mais de compréhensible, vu le système de santé russe ». L’ambassadeur chinois à Washington, Cui Tiankai, tentait également de détourner les critiques accusant la lente réaction du gouvernement les premiers jours : « lorsque vous parlez d’un gouvernement, il y a différents niveaux d’autorité. En Chine, c’est pareil. Certains niveaux peuvent faire des erreurs, mais vous ne pouvez pas blâmer un gouvernement dans sa généralité ».

Ces prises de bec n’ont pas lieu uniquement avec les Etats-Unis. Fin janvier, l’Ambassade de Chine à Copenhague réclamait des excuses formelles après la publication d’une caricature du drapeau chinois (dont les étoiles ont été remplacées par des virus) dans le journal danois Jyllands-Posten (à l’origine de celles de Mahomet en 2005). « Sans sympathie ni empathie, ce dessin satirique a dépassé les bornes d’une société civilisée et des limites éthiques de la liberté d’expression. C’est une insulte à la Chine, ayant blessé les sentiments du public chinois ».

Plus surprenant, Hou Yanqi, l’ambassadeur de Chine au Népal, mieux connue pour sa promotion touristique de son pays hôte (cf photo) sur Twitter (@PRCAmbNepal), sortait de ses gonds le 18 février après la publication au Katmandu Post aux côtés d’une caricature de Mao portant un masque, d’un article signé Ivo Daalder, ancien ambassadeur américain à l’OTAN, qui laissait entendre que la culture du secret chinoise avait permis à l’épidémie d’empirer. « Cet article reflète l’ignorance et le parti pris du journal à l’encontre de la Chine. Il blesse les sentiments du peuple chinois. C’est regrettable que Mr Anup Kaphle, rédacteur en chef, ait toujours eu une opinion aussi biaisée de la Chine, se faisant le perroquet de forces antichinoises. L’ambassade se réserve le droit de prendre des mesures à l’encontre du journal et de son éditeur ». 17 titres népalais répliquèrent en condamnant l’ambassade pour avoir ouvertement ciblé un rédacteur en chef et menacé le journal.

La France n’est pas passée loin d’un tel conflit, avec la « Une » du Courrier Picard nommée « Alerte jaune » et un éditorial « le Péril jaune ». Sans tarder, le journal s’excusait pour avoir heurté les sensibilités. Mi-février, l’Ambassade de Chine à Paris publiait tout de même un communiqué musclé destiné aux médias, attaquant les USA, pointant du doigt des sinologues qui ne comprennent pas la Chine, et le fameux « deux poids, deux mesures » qui permet d’interdire aux Chinois ce que s’autorisent les Occidentaux. « Sans l’immense sacrifice consenti par le peuple chinois, le tableau épidémiologique mondial serait bien plus lourd ». Elle repartait à la charge le 29 février avec un second communiqué.

Même situation outre-Rhin, où l’hebdomadaire allemand Der Spiegel faisait scandale en titrant début février sa « Une », « Coronavirus, made in China ». L’ Ambassade de Chine à Berlin dénonçait immédiatement cette couverture « qui n’a fait que semer la panique, provoquer des accusations mutuelles, et répandre la discrimination raciale ».

Le torchon brûle également en République Tchèque, où l’Ambassade chinoise menaçait de représailles économiques les compagnies tchèques telles que Škoda Auto, Home Credit Group et Klavíry Petrof, si le Président du Sénat, Jaroslav Kubera (décédé le 20 janvier) se rendait à Taïwan. A Tallinn, l’agence des renseignements estoniens appelait l’Union Européenne à ne pas devenir un pion dans les mains du pouvoir communiste. Naturellement, l’Ambassade de la RPC s’insurgeait contre une telle représentation de son pays.

En Suède, Utgivarna, organe représentant les médias publics et privés du pays, se plaignait ouvertement fin janvier des pressions exercées (refus de visas et menaces par emails et téléphones) par les diplomates chinois sur les journalistes et les rédactions : « c’est inacceptable que la plus grande dictature du monde essaie d’empêcher un journalisme libre et indépendant dans une démocratie comme la Suède. Il faut traiter le problème au niveau européen ». En janvier, l’Ambassadeur de la RPC à Stockholm, Cui Congyou, était encore une fois convoqué par la ministre des Affaires étrangères suédoise, pour une métaphore douteuse : « c’est comme si un boxeur appartenant à la catégorie des poids lourds, demandait à un poids plume de se mêler de ses affaires ». En effet, les tensions entre les deux pays se cristallisent autour de Gui Minhai, libraire de Causeway Bay (Hong Kong) kidnappé en Thaïlande en 2015, lequel était condamné  ce 24 février par la cour de Ningbo à 10 ans de prison pour avoir partagé des secrets d’Etat avec des forces étrangères. En 2018, probablement sous la contrainte, Gui aurait demandé à récupérer sa nationalité chinoise, ce qui conduirait à un abandon de son passeport suédois. Pour Pékin, refaire de Gui un citoyen chinois lui permettrait de clamer que cette affaire est purement nationale, et non internationale. Pour les Chinois naturalisés par un pays étranger, cela constituerait un dangereux précédent : « Chinois un jour, Chinois toujours ».

On le voit bien, ces ripostes successives des ambassadeurs chinois à travers le monde s’inscrivent dans une volonté chinoise de contrecarrer le discours des médias étrangers au moment où la Chine se trouve en position vulnérable. La dernière fois qu’on a vu Pékin autant sur la défensive, c’était au sujet des manifestations à Hong Kong ou de la 5G de Huawei. Or cette fois, l’épidémie est née au sein de ses frontières et expose au monde ses propres problématiques internes. Voilà pourquoi il est urgent pour la Chine de reprendre la parole, afin de retourner la situation à son avantage en se présentant comme un « modèle de gestion d’urgence de santé publique », particulièrement lorsque le virus se diffuse à grande vitesse en Asie de l’Est et sur le Vieux continent. Enfin, même si ces expulsions de journalistes ne font pas une meilleure publicité de la Chine en Occident, elles passent inaperçues auprès du peuple chinois qui, de toute manière, n’a pas accès à ces médias. Pourtant, c’est ce même contrôle de l’information qui a empêché de tirer l’alarme plus tôt, et qui continue de censurer d’excellents articles d’investigation de Caixin, faisant la lumière sur les prémices de l’épidémie.


Taiwan : Le virus de la discorde entre Pékin et Taipei

L’objectif du deuxième mandat de Tsai Ing-wen, Présidente de la République de Chine réélue le 11 janvier, est clair : plus que jamais, il s’agit d’intégrer Taïwan au reste du monde afin de briser l’isolement et la marginalisation imposés par Pékin qui menace de profondes rétorsions économiques et politiques à quiconque voudrait soutenir Taipei. Sous cet angle, l’épidémie de Covid-19 représente une opportunité pour le gouvernement de Tsai de porter haut et fort ses revendications sur la scène internationale. Pourtant, au lendemain de sa réélection, Pékin mettait en garde la Présidente contre toute « provocation »…

Tout d’abord, il faut noter combien la carte de la diffusion du virus se calque sur celle de l’influence de Pékin sur le monde. Les pays les plus touchés par l’épidémie sont aussi parmi les plus proches de la Chine : la Corée du Sud en Asie du Sud-Est (2 022 cas, 13 morts, au 28 février), l’Iran au Moyen-Orient (245 cas, 26 morts) et l’Italie (650 cas, 17 morts) en Europe de l’Ouest. Inversement, l’indépendance de facto de Taïwan se traduit dans les chiffres : pour le moment, on recense sur l’île 34 malades (et 1 décès), soit 60 fois moins qu’en Corée du Sud et 20 fois moins qu’en Italie (alors que Taipei est 9 fois plus proche de Wuhan que Milan). De fait, la restriction décrétée par la Chine des vols touristiques vers Taïwan par mesure de rétorsion économique après le premier mandat de Tsai (2016-2020), a permis à l’archipel de se protéger de la propagation du virus tout en diversifiant son offre touristique. C’est la raison pour laquelle l’île subit moins fortement le contrecoup économique de cette « manne » comme c’est le cas en Thaïlande ou au Cambodge.

Dans les premiers jours de l’épidémie, deux experts taïwanais du Centre for Disease Control (CDC) étaient invités à Wuhan, témoignant d’une certaine cordialité entre Taipei et Pékin. Mais c’est au moment de procéder au rapatriement des 970 ressortissants taïwanais de Wuhan, que les choses s’envenimèrent. Lorsque 247 d’entre eux arrivèrent finalement à Taipei le 3 février après d’âpres négociations, les autorités se rendirent compte que certains ne faisaient pas partie de la liste des rapatriements demandés. Plus grave, l’un des passagers s’avéra porteur du virus, ce qui n’avait pas été signalé, ni par les autorités chinoises (qui furent violemment critiquées par l’opinion publique taïwanaise) ni par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui assurait pourtant que la Chine transmettait toutes les informations nécessaires à Taïwan. L’incident a malheureusement prouvé que ce n’était pas le cas. 

En incluant sans distinction dans ses décomptes, les cas de la maladie à Taïwan (et des régions administratives spéciales de Hong Kong et de Macao), à ceux de la Chine continentale, l’OMS ajoutait l’affront au déni. Rappelons qu’au moment où, sous la présidence de Ma Ying-jeou (KMT, 2008-2016), Taipei et Pékin nourrissaient des relations plus cordiales, l’OMS avait admis « Chinese Taipei » comme membre observateur. Cependant, avec l’élection de Tsai (DPP) à la tête de Taïwan en 2016, l’île a perdu ce statut – une démarche questionnable pour une organisation censée faire preuve de neutralité politique. Une situation unique que dénonçait le ministre des Affaires étrangères taïwanais Joseph Wu : « Non seulement notre gouvernement est privé de participation à l’OMS mais les experts taïwanais sont aussi arbitrairement empêchés de prendre part à des réunions techniques »,  

Suite à des pressions des Etats-Unis, du Canada, du Royaume-Uni et du Japon, l’OMS acceptait la participation d’experts taïwanais à une vidéoconférence de l’OMS sur le coronavirus le 11 et 12 février. La veille, la Chine se lançait dans une tentative d’intimidation en envoyant un bombardier H-6K et un avion de chasse Su-30 pour circuler autour de Formose – interceptés par un F16 taïwanais. En riposte, le 13 février, les Etats-Unis mobilisaient deux bombardiers B-52 et un avion de chasse MC-130J du côté du Détroit. Pékin tentait alors de tourner la décision de l’OMS à son avantage, en assurant qu’elle n’aurait pas pu se faire sans son approbation. Tout autre son de cloche de la part de Joanne Ou (cf photo), porte-parole du ministère des Affaires étrangères taïwanais, qui affirmait que la Chine s’appropriait une décision qui n’avait pas été de son ressort : « la participation de nos experts à ce forum a été discutée et approuvée par notre gouvernement directement avec l’OMS ».

Ce n’est pas la première fois que cette polémique surgit au sein des organisations internationales. Fin janvier, le compte Twitter de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (ICAO), basée à Montréal et dirigée par la Chinoise Fang Liu, supprimait les commentaires d’internautes appelant à accepter Taïwan en tant que membre.

En conclusion, l’émergence du Covid-19 a rendu encore plus manifestes l’iniquité et les risques inhérents à l’exclusion de Taïwan des instances internationales. Le virus a aussi montré combien ces organisations étaient marquées par l’emprise de Pékin et semblent avoir perdu une part de leur indépendance. De plus, la gestion de la crise par Taïwan, qui est le pays en Asie le moins touché, a renforcé la stratégie de Tsai Ing-wen de prise de distance par rapport à la Chine : les sondages montrent d’ailleurs que sa cote de popularité est au plus haut ! Alors que le PIB chinois devrait être touché de plein fouet par la crise du Covid-19 et que les critiques montent à l’intérieur du pays, certains s’inquiètent d’une tentation de Pékin de faire diversion en frappant l’archipel formosan. Les conséquences d’un tel conflit militaire seraient bien plus graves pour l’équilibre mondial que celles d’un simple virus.

Par Jean-Yves Heurtebise, à Taipei


Monde de l'entreprise : Votre expérience épidémique
Votre expérience épidémique

Suite à notre appel à témoignages, vous avez été nombreux à nous répondre, et nous vous en remercions ! Si nous avons pu constater de nombreux points communs dans vos retours d’expérience en ce contexte épidémique, vos impressions varient sensiblement en fonction de votre région, de la taille de votre entreprise, ou de votre secteur d’activité. A travers les témoignages à suivre, nous espérons exposer les challenges rencontrés, relater l’ambiance dans les usines et les bureaux, et partager quelques anecdotes… A vous la parole :

Pour une multinationale du secteur énergétique, tout commençait juste avant le Nouvel An chinois : « où sont nos employés, où ont-ils voyagé » ? Grâce à WeChat, l’entreprise a rapidement réussi à s’organiser et à s’enquérir de l’état de santé de ses centaines de salariés à travers la Chine. Sur les sites industriels, l’activité ne s’est pas arrêtée, grâce à la présence d’équipes d’astreintes sur place. Une fois qu’une équipe « saine » est formée, tout est fait pour limiter au maximum les contacts avec l’extérieur. Au siège, il est recommandé de venir au bureau uniquement lorsque c’est nécessaire. Alors vive le télétravail ! Une pratique très peu développée en Chine et qui présente l’avantage de limiter le temps passé dans les transports en commun. C’est donc l’occasion de tester une nouvelle manière de travailler à distance, à l’aide de vidéoconférences, de webinaires… Tout est fait pour recréer un esprit d’entreprise, mais à la maison. C’est aussi l’occasion de se former aux dernières technologies. Avant l’épidémie, les cadres les plus expérimentés rechignaient à adopter de tels outils. Aujourd’hui, ils n’en sont finalement pas si mécontents !

Chez un groupe pharmaceutique, les salariés étrangers sont les premiers à être retournés au bureau, probablement heureux de mettre leur nez en dehors de chez eux. Une proposition de rapatriement leur a été faite, que tous ont décliné, par solidarité avec leurs collègues chinois. Déformation professionnelle ou traumatisme du SRAS, les employés chinois sont beaucoup plus réticents à l’idée de revenir au travail : personne n’a envie de prendre les transports en commun, et tout le monde ne peut pas prendre le taxi tous les jours… « La vie au bureau devient problématique, se nourrir le midi lorsque tous les restaurants sont fermés, partager les sanitaires, toucher la bombonne d’eau », confie cette directrice de département. Chaque service est divisé en équipe de quelques personnes, prenant le relai à tour de rôle pour éviter d’avoir trop de monde dans les mêmes pièces. C’est encore plus compliqué pour les commerciaux qui n’ont toujours pas accès aux hôpitaux pour des raisons évidentes… Sous un angle plus positif, cette épidémie se transforme en une opportunité de digitaliser les activités, et pas seulement en marketing ou en communication. Même si la transition digitale interne avait déjà été amorcée, les salariés craignaient d’être surveillés, voire d’être remplacés par la technologie. Dans le contexte actuel, ces inquiétudes ne sont plus au cœur de leurs préoccupations…

Pour un spécialiste du retraitement qui opère plusieurs usines dans différentes provinces chinoises, l’heure est à la prudence : un seul cas de contamination pourrait faire dérailler toute la reprise des opérations. Et les autorités locales ne font pas mystère que c’est l’entreprise qui en porterait la responsabilité… Ainsi, la reprise des opérations industrielles se fait à très bas régime, principalement par manque de main-d’œuvre. Exception qui confirme la règle, un employé coincé dans le Hubei, a réussi à obtenir un laissez-passer pour rejoindre son lieu de travail à 1000 km de là, après s’être soumis à un long processus auprès du commissariat local, des autorités du district et s’être plié à plusieurs contrôles médicaux. Dans l’ensemble, les activités ont pu se maintenir grâce à une certaine automatisation des sites, ne nécessitant que peu de personnel pour fonctionner. Malgré le feu vert donné à la reprise, certains employés ont demandé à prolonger le télétravail, craignant de contaminer leurs vieux parents ou leurs enfants coincés à la maison, faute d’école.

Dans le cas d’une enseigne de grande distribution, les difficultés sont essentiellement d’ordre commercial : pour compenser le manque de contact direct avec la clientèle, le live-streaming est développé sur des plateformes de e-commerce. Les magasins physiques viennent juste de réouvrir mais il y a peu de clients pour le moment. Un impact important est attendu pour mars et avril, mais les préparatifs pour la seconde partie de l’année ont déjà débuté. Au bureau, certains employés viennent très protégés avec une bouteille d’alcool à pulvériser, voire en blouse blanche ! 

Pour cette agence de marketing installée à Shanghai depuis quelques années, une partie de ses opérations auprès des cliniques privées s’est arrêtée nette avec le Covid-19. Heureusement, une autre partie de l’activité a pu compenser cet effondrement : elle consiste en du marketing digital pour des cosmétiques, et malgré quelques soucis d’approvisionnement, elle est désormais stabilisée et répond à une demande toujours plus forte pour ce type de produit par des consommateurs chinois confinés à domicile ! En cette période d’incertitude, le groupe a également dû faire face au départ de l’une de ses employées étrangères, et a été contraint de se réorganiser avec certains managers encore en quarantaine. Le reste du staff travaille à domicile et leur engagement exceptionnel durant cette crise reste la priorité. Néanmoins, la firme reste confiante en l’avenir et en la capacité du pays à rebondir au deuxième trimestre.

Dans le cas d’une société agroalimentaire, la situation a été très compliquée pour permettre à ses employés de rejoindre des lieux d’exploitation reculés, en province. La fermeture des routes a également compliqué l’approvisionnement en nourriture et en gaz (pour le chauffage). Or il fallait absolument une présence dans les fermes… Les autorités ont été réactives et ont distribué des laissez–passer d’urgence. Finalement, les exploitations ont retrouvé leurs opérations habituelles, non sans peine. Son directeur note tout de même que « les mesures sont mieux organisées à Pékin, où mes employés sont de retour à 70%, tandis qu’à Shanghai, il a fallu négocier longuement avec le management de l’immeuble pour enlever les scellés sur les portes ».

Chez ce grand groupe hôtelier, le Nouvel An chinois, qui est habituellement une excellente période pour le business, a assisté à une chute libre des réservations. Pendant un mois, l’hôtel n’a pas pu accueillir de nouveaux clients et les restaurants sont restés fermés. Ce temps mort a été l’occasion de faire des formations supplémentaires sur l’hygiène, et de développer les offres de plats à emporter et les livraisons. Maintenant, le principal challenge est de préparer la réouverture en toute sécurité, pour les employés et pour les voyageurs, car toute contamination serait une très mauvaise publicité. Tous les employés sont finalement de retour et soumis à une quarantaine obligatoire dans des dortoirs dédiés, tandis que les clients devront fournir des preuves de leur historique de voyage pour être acceptés par l’établissement. Par contre, les réservations de personnes souhaitant s’isoler à l’hôtel pour 14 jours seront refusées.

Pour cette firme de services disposant de branches dans plusieurs grandes villes chinoises, la réouverture des bureaux a parfois suscité d’âpres négociations avec le management des immeubles et des comités de quartier. Shanghai et Canton se remettent plus vite au travail que Pékin, mais partout le télétravail est privilégié par 98% des salariés. Du coup, les RH et le service informatique se donnent du mal pour trouver des solutions de travail à distance adéquates. La société s’attend à un fort impact sur son chiffre d’affaires pour ce trimestre et espère pouvoir retrouver un niveau d’activité normal début avril. Au-delà de cette date, l’entreprise pourrait être contrainte de se séparer de certains employésdu moins à court terme – voire à déménager dans des bureaux moins chers. Des négociations sont déjà en cours pour baisser le loyer.

Selon ce vendeur de spiritueux, la perspective de retourner au travail ne réjouit personne, celle d’aller à l’usine en compagnie de milliers d’ouvriers venant de la Chine entière, encore moins. Dans l’immeuble de l’entreprise, le chauffage central n’a pas été rallumé, mais pour les quelques collègues présents, hors de question d’allumer la climatisation, par peur qu’elle ne propage le virus ! Chacun se voit confier un jour de garde pour effectuer les livraisons, et des dégustations en ligne ont même débuté. A Qingdao, les mesures sont de plus en plus contraignantes, surtout avec le boom de nouveaux cas en Corée du Sud, mais acceptées sans atermoiement par la population.

A Pékin, un commerçant voit la majeure partie de son personnel bloqué dans différentes provinces. Pour rouvrir son atelier, il n’a eu d’autre choix que de trouver un arrangement avec la police locale, qui appelait l’entrepreneur à soutenir le peuple chinois dans ces moments difficiles. Si les livraisons auprès des clients B2B reprennent petit à petit, il devrait bientôt pouvoir rouvrir sa boutique, à horaires réduits.

Enfin, un restaurateur français se démène pour garder la tête hors de l’eau. A la tête de deux restaurants, l’un a été fermé par les autorités de quartier car « trop fréquenté », l’autre reste ouvert, mais a perdu 80% voire 85% de sa clientèle depuis un mois. Il ne voit pas de reprise sensible des affaires, et la livraison reste compliquée par l’accès restreint aux résidences. Si son bailleur a bien voulu faire un geste, le gouvernement chinois n’aide aucunement. A ce rythme-là, il devra mettre la clé sous la porte d’ici 5 à 6 semaines…

Merci à tous d’avoir pris le temps de nous répondre, et nous vous souhaitons bon courage pour les semaines à suivre, décisives pour nombre d’entre vous ! En espérant un retour à la normale au plus vite… 


Petit Peuple : Yingtan (Jiangxi) – Le gang aux cheveux blancs (1ère partie)

Ce matin de février 2002, Liu Diyi, vieux balayeur dans son école de Yingtan (Jiangxi) ne décolérait pas. A quelques jours de ses 60 printemps, sa situation économique demeurait calamiteuse avec un salaire de 370 yuans par mois, sans espoir d’amélioration pour le reste de ses jours – bien au contraire. Ce jour de son anniversaire sonnerait celui d’une « retraite » assortie d’une coupe sombre dans son salaire, à 280 yuans pour se nourrir. A cette solde famélique allait s’ajouter celle de Lu’An, son épouse, ancienne institutrice pensionnée depuis 5 ans. Mais 425 yuans ne changeraient rien à leur indigence quotidienne. Il y aurait encore quelques cours particuliers et des petits contrats occasionnels offerts par leur école, mais les primes annoncées par la mairie, et le chèque pour la fête nationale promis par le Parti peinaient à se matérialiser : même l’offre miroitée par le syndicat d’un petit mi-temps était chaque année reportée à l’année suivante … Tenant son balai déprimé, Diyi soufflait de rancœur aigre. C’était toute la récompense qui les attendait, lui et sa femme, au terme d’une vie de labeur et d’une loyauté unilatérale.

Ils n’étaient malheureusement pas les seuls dans ce cas : tous ses cousins du vaste clan des Liu, une des plus fortes fratries de cette ville industrielle de 400 000 âmes au confluent du Jiangxi, du Fujian et du Zhejiang, étaient aussi mal lotis. Dans cette Chine au tournant du siècle, la sécurité sociale était encore dans les langes. Au plan national, pension et assurance maladie démarraient à peine, et Diyi et ses frères en restaient privés. Ce qui les sauvait, était leur tradition taoïste -dont Yingtan était l’un des berceaux. Celle-ci aidait à maintenir forts les liens du clan. Entre Liu, on s’entraidait dans le besoin, et on s’organisait pour pallier la carence de l’Etat, et « s’élever ensemble dans la défense collective » (f奋起自卫,fènqǐ zìwèi). Chaque matin à l’aube, ils étaient des dizaines à se rassembler pour une heure de « gym des cinq animaux », sorte de danse rythmique sur des airs de danse que diffusait un vieux lecteur de CD branché sur une batterie de moto. C’était un bon moyen de se garder en santé et prévenir les maladies dont ils n’auraient pu financer les soins.  Après des années de cet exercice quotidien, hommes et femmes en ressortaient avec des pectoraux et abdominaux de fer, inattendus pour des êtres de leur âge. Ils en dérivaient aussi une confiance exceptionnelle en leurs moyens physiques, et en leur discipline de clan.

Plus souvent qu’à son tour, Liu Diyi animait ces séances de culture physique. Avec Lu’An, il avait baptisé cette confrérie du nom pompeux de « société des anciens du clan Liu », et souvent à l’issue des séances, il prenait la parole, une fois le groupe nettoyé sans ménagement des indicateurs notoires et inconnus douteux. Alors, il se lançait dans des piques contre les officiels. Mais ce matin de février 2002, trois jours avant la date fatidique, il craqua, vomissant ces cadres qui les trahissaient et laissaient dans la misère. Trop, c’était trop :  il annonça aux Liu qu’avec leur aide, il allait prendre leur destin en main et ceci, au nom d’un hasard de calendrier qui changeait toute leur destinée astrale. En effet, il se trouvait que son anniversaire coïncidait avec le jour du Chunjie, printemps lunaire. Le cheval cédait le pas à la chèvre, animal mal loti, toujours condamné à manquer d’herbe et de fourrage. Cela pouvait expliquer pourquoi chaque jour de sa maudite vie, il avait connu la malchance. Mais à 60 ans, le cycle s’achevait et lui, Liu Diyi entrait dans un nouveau cycle. Cette fois, il allait interdire à quiconque de lui marcher sur les pieds et forcerait le monde à lui rendre son dû. Et eux autour de lui, tous ces Liu cousins et membres du clan allaient l’aider, pour voir enfin une prospérité reconquise rejaillir sur eux. Face à ce discours enflammé, les Liu, tous ensemble, se sentirent bien vite conquis, et applaudirent leur chef !

Et c’est ainsi que le 12 février, Liu accompagné de Lu’An et de trois sexagénaires baraqués, entrèrent sans frapper dans une confiserie prospère, célèbre dans toute la région pour ses friandises aux couleurs vives. Diyi attaqua frontalement le confiseur : « la chèvre, c’est nous, les Liu ! tu nous dois 500 yuans, à titre d’étrennes, puisque tu es des nôtres, un Liu toi-même ». « Allons », tenta de biaiser l’épicier, « vous plaisantez, prenez plutôt chacun une bouchée au coco ». « Tais toi,fit Diyi, tu nous dois le respect », sur quoi Lu’An, sa femme, administra au commerçant une gifle retentissante, à la surprise générale. Se relevant pantelant, l’homme hagard comprit que les Liu ne plaisantaient pas : il ouvrit alors le tiroir-caisse pour en extraire cinq billets de 100 yuans, qu’il tendit à Lu’An. « Bravo, conclut Liu Diyi, c’est ainsi qu’on se soutient dans la famille » – avant de ressortir, suivi de sa petite troupe.

Une fois seuls, les vieillards émerveillés applaudirent leur chef. C’était un coup de maître : ayant choisi un moment où l’épicerie était vide, il n’y avait eu aucun témoin à leur forfait. Ils se répartirent le butin, chacun son billet rose, puis se séparèrent. Leur « société des anciens du clan Liu » s’imposait, et serait une force avec laquelle la ville devrait compter désormais !

Mais qu’est-ce qui leur dit que la police, alertée, ne viendra pas dans la nuit cueillir les malfaiteurs au bercail ? On le saura, ne craignez rien, dès le prochain numéro !


Rendez-vous : Semaines du 2 au 30 mars
Semaines du 2 au 30 mars

En raison de l’épidémie COVID-19, l’ensemble des rassemblements ont été annulés jusqu’à nouvel ordre. Nous vous tiendrons informés de la reprise des salons, conférences et autres rendez-vous.

Voici les principaux événements annulés/reportés :

29 février au 2 mars, Shanghai : IWF, Salon professionnel international de la santé, du fitness et de la musculation, reporté – date à confirmer

Première semaine de mars, Pékin : Session des Deux Assemblées (CCPPC et ANP,  Lianghui , 两会) – reportée – peut-être fin mars ou début avril – date à confirmerC’est la première fois que la session des Deux Assemblées est reportée depuis 1999, année depuis laquelle sa date est fixe. Le risque d’infection entre les 6 000 délégués des quatre coins du pays, a été jugé trop élevé. Il était prévu que l’ANP annonce l’objectif de croissance pour l’année.

1er-4 mars, Shanghai : 30th East China Fair, reporté au 22-24 juin

4-6 mars, Canton : Packinno et Sino-Pack, Salon international de l’emballage et du packaging, reporté – date à confirmer

4-7 mars, Shanghai : APPPEXPO – Ad, Print, Pack & Paper Expo, Salon international pour les équipements et les technologies de publicité, reporté – date à confirmer

6-8 mars, Canton: China Pet FairSalon international de l’animal de compagnie, reporté – date à confirmer

4-10 mars, Shenzhen: HOMETEX, Exposition de marques d’ameublement, reporté – date à confirmer

11-13 mars, Shanghai: Chic Fair, Salon chinois international de la mode, de l’habillement et des accessoires, reporté – date à confirmer

11-13 mars, Shanghai : Intertextiles, Salon international du tissu d’ameublement et du textile pour l’habillement, reporté – date à confirmer

13-16 mars, Pékin: CPE – China Pet Expo, Salon international spécialisé dans l’alimentation et les produits pour animaux de compagnie, reporté – date à confirmer

17-19 mars, Shanghai: Intermodal Asia, Salon et conférence sur le transport naval et la logistique portuaire, reporté – date à confirmer

18-20 mars, Shanghai : SEMICON/FPD, Salon international des semiconducteurs, reporté – date à confirmer

18-22 mars, Hong Kong : Art Central Hong Kong, Foire d’art contemporain, annulée

24-26 mars, Singapour : Money 20/20 Asia, Sommet asiatique de la finance, reporté au 25-27 août

24-27 mars, Bo’ao (île de Hainan): Boao Forum for Asia, Forum économique de développement en Asie, reporté – date à confirmer

26-28 mars, Pékin : China Maritime Beijing, Salon chinois international des technologies et équipements offshore –reporté, date à confirmer

29 mars au 1er avril, Shanghai : Hotelex & Finefood, Salon professionnel de l’alimentation, des boissons  et des équipements pour l’hôtellerie et la restauration en Chine – maintenu à priori

Fin mars, Pékin: China Development Forum, Forum entre Etats sur les problématiques du développement, reporté – date à confirmer