Le Vent de la Chine Numéro 31-32 (2023)

du 24 septembre au 7 octobre 2023

Editorial : L’économie chinoise, au cœur de tous les débats
L’économie chinoise, au cœur de tous les débats

Ne dit-on pas qu’il vaut mieux tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler ? Li Jiaqi, célèbre influenceur connu pour avoir vendu 150 000 rouges à lèvres en cinq minutes, aurait peut-être dû s’inspirer de ce proverbe le 10 septembre, lors de l’une de ses sessions en live-streaming, sorte de « téléachat » sur Internet.

Vantant les mérites d’un crayon à sourcils, l’animateur a soudainement perdu son sang-froid en lisant le commentaire d’une internaute trouvant le prix affiché (79 yuans) trop élevé : « qui peut dire que c’est trop cher ? Arrête de dire n’importe quoi, le prix est le même depuis des années ! La période est difficile pour les marques chinoises (…). Il faut être capable de te remettre en question et de te demander pourquoi est-ce que ton salaire n’a pas augmenté ces dernières années ? As-tu travaillé suffisamment dur ? », a lancé l’animateur, visiblement agacé.

Les réactions des internautes ne tardèrent pas, critiquant l’attitude arrogante de Li Jiaqi et son manque d’empathie vis-à-vis des « petites gens » à qui il doit pourtant son succès. Malgré des excuses en direct, la larme à l’œil, le jeune homme de 31 ans vit le nombre de ses abonnés fondre d’un million sur Weibo tandis que les commentaires négatifs continuèrent d’affluer les jours suivants… A quelques semaines du fameux festival de e-commerce « 11.11 », le « roi du rouge à lèvres » et Taobao – plateforme d’Alibaba sur laquelle il se produit – se seraient bien passés de cette polémique.

Si cet épisode peut sembler anecdotique, il en dit long sur l’état de l’économie chinoise et sur l’état d’esprit des jeunes qui ont parfois du mal à joindre les deux bouts. « Tu ne sais rien du climat économique actuel, de nombreuses personnes travaillent dur juste pour garder leur boulot », a taclé un internaute, s’adressant à Li Jiaqi.

De fait, le rebond « post-Covid » tant attendu n’a pas eu lieu et les indicateurs économiques des derniers mois sont loin d’être reluisants : la croissance économique est au plus bas depuis 45 ans (et ne devrait pas atteindre les 5% de croissance fixés par Pékin en début d’année), le chômage des jeunes est le double d’il y a quatre ans (un constat embarrassant qui a poussé Pékin à suspendre la publication de cet indicateur), les salaires à l’embauche n’augmentent plus et ont même baissé à Shanghai et Pékin (respectivement -9% et -6% selon la plateforme de recrutement Zhaopin), les ventes au détail restent en deçà des attentes, les appartements peinent à se vendre, les exportations ralentissent, le yuan est au plus bas, la dette des gouvernements locaux augmente de façon exponentielle, les investissements directs étrangers (IDE) en Chine ont chuté au 2nd  trimestre, de 87% sur un an selon le groupe Rhodium – seulement -5% d’après Pékin, le tout sur fond de dégringolade démographique

Même si les statistiques économiques publiées par Pékin pour le mois d’août indiquent une légère embellie estivale, elles semblent également avoir pour mission de venir contredire les oiseaux de mauvais augure qui prédisent à la Chine un « moment Lehman », une « japonisation » (population vieillissante, hausse de la dette publique, krach immobilier…) ou encore « la fin du miracle économique chinois ».

Lors d’une conférence organisée le 20 septembre, des dirigeants de l’organisme de planification de l’économie (NDRC), de la Banque Centrale, du Ministère du Commerce et de celui de l’industrie et des technologies de l’information (MIIT) ont sévèrement condamné ce qu’ils considèrent comme des « efforts malveillants » pour « diffamer les perspectives économiques chinoises ». « Ce genre de rhétorique n’a jamais atteint son but, ni dans le passé, ni maintenant, ni à l’avenir », a lancé Cong Liang, vice-directeur de la NDRC. Tout en admettant que la Chine est confrontée à un certain nombre de difficultés, « nous avons toutes les raisons de rester confiant en l’avenir », prenant pour preuve la résilience passée de la Chine durant la crise financière asiatique de 1997 ou encore la crise financière mondiale de 2008.

Même posture défensive dans la presse officielle : dans une série de commentaires publiés le 17 septembre, Xinhua prend pour cibles les médias et hommes politiques étrangers qui « dénigrent l’économie chinoise » (le Président américain Joe Biden et son ambassadeur à Tokyo n’ont qu’à bien se tenir). Cependant, ces articles n’ont pas eu l’effet attendu : au lieu de susciter un élan nationaliste, les internautes se sont mis à échanger sur leurs propres expériences au quotidien. Personne ne connaît mieux l’état de santé de l’économie chinoise que les Chinois eux-mêmes (les ouvriers, les chauffeurs de taxi, les restaurateurs, les livreurs, les employés de bureaux…), argumentent-ils. Et tous semblent unanimes : les affaires étaient meilleures hier.

Alors, pourquoi Pékin ne semble-t-il pas décidé à prendre le taureau par les cornes et à consentir à un stimulus économique plus conséquent ? Une telle décision ne pourrait être approuvée que par Xi Jinping en personne. Or, la rumeur voudrait que ce dernier ait sa propre conception de l’économie, avec une préférence idéologique marquée pour l’austérité et une vision très claire de sa mission à la tête du pays : résoudre des problèmes auxquels aucun de ses prédécesseurs n’a osé s’attaquer, quitte à sacrifier la croissance à court terme. En somme, si la Chine est une bombe à retardement, tel que l’affirme Joe Biden, Xi Jinping espère bien la désamorcer. Mais pas sûr que la population chinoise voie les choses du même oeil…


Taiwan : Présidentielle 2024 : quel est le candidat préféré de Pékin ?
Présidentielle 2024 : quel est le candidat préféré de Pékin ?

Le déploiement était impressionnant, voire inédit : entre le 11 et le 18 septembre, l’Armée Populaire de Libération a envoyé vers Taïwan 20 navires de guerre et 103 avions de combat, battant le triste « record » d’août 2022, suite à la visite de Nancy Pelosi à Taipei. A l’époque, de nombreux commentateurs avaient mis cette activité militaire sur le compte de la visite de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis. Cependant, les récents exercices militaires viennent démontrer que Pékin n’a pas besoin de prétexte, ou peut se satisfaire d’un prétexte quelconque, pour déclencher une simulation en temps réel d’un encerclement de l’archipel.

Le Ministre de la défense taïwanaise a déclaré que le nombre d’incursions posait un « sérieux défi » à la sécurité dans le détroit de Taïwan et dans la région : « le harcèlement continu de l’armée chinoise est susceptible de provoquer une forte augmentation des tensions et une détérioration de la sécurité régionale », a-t-il déclaré, appelant Pékin à « cesser immédiatement un tel comportement destructeur et unilatéral ».

D’un point de vue réaliste, on pourrait se demander si l’objectif de ces sorties répétées n’est pas justement de rendre possible un accident qui pourrait justifier le déclenchement « d’opérations spéciales » de « pacification » dans la « province » de Taïwan pour « libérer » un peuple « ami » (pour reprendre les éléments de langage de la novlangue postcoloniale et néo-impériale).

Ces épisodes d’harcèlement militaire ne surviennent pas pour autant au sein d’un vacuum géopolitique et contextuel : le contexte, c’est d’abord celui des prochaines élections présidentielles taïwanaises qui auront lieu le 13 janvier 2024. Ce sera la huitième fois que les Taïwanais élisent leur président de la République au suffrage universel.

Un petit historique s’impose : en 2000, a eu lieu la première transition démocratique et pacifique avec la défaite de Lee Teng-hui, élu en 1996 et issu du parti fondateur de la République de Chine, le Kuomintang (KMT, parti nationaliste, « bleu ») et l’élection de Chen Shui-bian du Parti démocratique progressiste (DPP, « vert »), réélu par la suite en 2004. En 2008, nouvelle alternance avec l’élection de Ma Ying-jeou qui voit le retour au pouvoir du KMT. Ma Ying-jeou est réélu en 2012 avec un score moins élevé de 51,60 %. Le Mouvement Tournesol des Étudiants marque un tournant dans la définition identitaire de l’archipel : rejetant le projet opaque du KMT et du président Ma « d’accord commercial sur les services entre les deux rives », les étudiants occupent le Parlement du 18 mars au 10 avril 2014. Deux ans plus tard, Tsai Ing-wen (DPP) est élue avec une large majorité (56,12 % contre 31,04 % pour le KMT). En 2020, après la démonstration de suppression des libertés à Hong Kong et la perte d’attractivité du modèle « un pays, deux systèmes », Tsai est réélue avec un plébiscite plus large encore (57,13 % des voix).

En janvier prochain, ce seront quatre candidatschose nouvelle – qui s’affronteront dans une élection qui sera quoiqu’il advienne sans doute inédite. Deux appartiennent aux deux partis traditionnels : Lai Ching-te (cf. photo) pour le DPP (Tsai Ing-wen n’étant pas éligible pour briguer un troisième mandat) qui est l’actuel vice-président, et l’actuel maire de New Taipei City (7 millions d’habitants), Hou You-yi pour le KMT.

Ko Wen-je, ancien maire de Taipei (2,5 millions d’habitants) est candidat au sein du Parti du peuple de Taïwan (TPP), nouvellement créé (2019). Enfin, Terry Gou, milliardaire taïwanais et fondateur de Foxconn, le plus grand fabricant sous contrat d’électronique au monde est le quatrième candidat.

En termes de relations à la Chine, on peut classer les quatre candidats selon leur degré décroissant de promotion de l’autonomie de Taïwan : Lai, Ko, Hou et Gou. Gou a proposé un « projet de paix » avec la Chine ; on peut le comprendre, Foxconn possède 12 usines dans neuf villes de Chine continentale.

Pour l’instant, les sondages d’intention de vote donnent 42% à Lai ; 24% à Ko (plébiscité par les moins de 30 ans) ; 22% à Hou ; 7% à Gou. Une coalition Ko-Hou pourrait compromettre les chances de Lai, de même qu’une coalition Ko-Gou en cas de report massif des voix originellement dévolues à Hou.

En cas de victoire du DPP, ce serait une autre situation inédite : qu’un même parti gagne trois fois les élections présidentielles d’affilée. Si d’aventure le KMT se retrouvait en troisième position, cela entraînera une crise profonde du parti dont les finances ont été asséchées par le procès sur les bien mal-acquis durant la période autoritaire de Tchang Kai-shek.

Dans ce contexte, on se demande quel est le candidat idéal pour la Chine. Lai est évidemment le pire vainqueur possible : il continuerait et approfondirait le travail de Tsai Ing-wen et mettrait la Chine face à l’impasse de sa politique taïwanaise. Ko est le plus imprévisible : sa doctrine géopolitique n’est guère définie ; elle semble se fonder sur la reconnaissance d’une proximité culturelle assortie d’une volonté de conserver la distinction politique. Hou semble le meilleur candidat, mais le KMT a déçu la Chine durant les années Ma Ying-jeou, pourtant le président le plus pro-chinois depuis le début des élections présidentielles. Quant à Gou, son exposition financière à la Chine en fait le candidat le plus malléable, mais aussi le moins susceptible de l’emporter.

Toutefois, ce type d’analyse politiste présente un défaut important : on semble oublier que la Chine ne peut avoir de « candidat » préféré puisque celui-ci est le produit d’un régime politique honni – la démocratie. L’idéal pour Pékin serait peut-être qu’un général renverse le gouvernement et instaure une dictature militaire. Le meilleur candidat pour la Chine, c’est tout ce qui pousse les électeurs à se désintéresser des élections et/ou à ne pas reconnaître le vainqueur quel qu’il soit.

C’est dans ce cadre que les exercices militaires actuels doivent se comprendre. Si la Chine voulait réellement soutenir un candidat, elle ferait profil bas pendant la campagne électorale et montrerait qu’elle est une puissance bienveillante. Ce harcèlement militaire ne peut que donner raison au DPP que la Chine représente une menace pour la sécurité nationale et que toute promesse de paix est illusoire : la paix suppose la reconnaissance de l’autre. La Chine semble incapable de faire la paix avec ce qui, pour elle, n’existe pas : le gouvernement légitime et démocratiquement élu de Taïwan.

Par Jean-Yves Heurtebise


Géopolitique : Le rapprochement Corée du Nord/Russie : aubaine ou menace pour la Chine ?
Le rapprochement Corée du Nord/Russie : aubaine ou menace pour la Chine ?

Début septembre 2023, annonce fut faite que Kim Jong-un se rendrait en Russie au cours du mois. Le 10 septembre, la réunion a été confirmée par les deux parties après que le dirigeant coréen ait quitté Pyongyang dans son train blindé personnel (déjà utilisé pour sa visite en Russie en 2019). Le sommet entre les deux Etats parias mis au ban du concert des nations, la Corée du Nord et la Russie, a donc vu le secrétaire général nord-coréen Kim Jong-un rencontrer le président russe Vladimir Poutine le 13 septembre à Vostochny, dans l’Extrême-orient russe. Il s’agit de la première visite à l’étranger de Kim Jong-un depuis le début du Covid-19 en Corée du Nord en 2020 et de la deuxième visite d’Etat reçue par la Russie après celle de Xi Jinping en 2023.

Si la Corée du Nord et la Russie se retrouvent, c’est à la fois le résultat d’une logique historique et géographique en même temps que le produit d’une série de décrochages diplomatiques ayant fait que la Grande Russie se situe aujourd’hui presque au même niveau – le plus bas – de reconnaissance politique mondiale que la Corée des Kim, nucléarisée et affamée.

Rappelons d’abord que les deux États partagent une frontière le long du cours inférieur du fleuve Tumen, mesurant 17 kilomètres de long et qui résulte du fait qu’en 1860 le tsar Alexandre II a acquis l’Ussuriland des Qing dans le cadre de la « Convention de Pékin ». Comme tous les traités signés lors de ses défaites militaires, cette convention correspond à ce que la Chine appelle un « traité inégal ». Du point de vue d’un certain irrédentisme chinois, la Russie ne devrait pas avoir de frontière commune avec la Corée du Nord puisqu’elle occupe une partie de cet ancien territoire impérial que la Chine communiste considère aujourd’hui, peu ou prou, comme étant sa « frontière naturelle ».

Rappelons aussi, du point de vue politique, que l’URSS fut le premier pays à reconnaître la République populaire démocratique de Corée, le 12 octobre 1948, comme unique autorité légitime de toute la Corée. Pendant la guerre de Corée, l’Armée populaire coréenne fut soutenue par les forces armées soviétiques. Puis, fondée dans le cadre du bloc communiste, elle a reçu un soutien constant de son voisin communiste. La dissolution de l’Union soviétique porta un coup définitif à son modèle économique déjà en souffrance. Avant les années 1960, le PIB par habitant de la Corée du Nord était de 30 à 50 % plus élevé que celui de la Corée du Sud ; en 2012, le revenu national brut par habitant était de 1 523 $, contre 28 430 $ en Corée du Sud : 28 fois moins !

Les relations entre les deux pays ont repris de l’importance après l’élection de Vladimir Poutine à la présidence de la Russie en 2000 et se sont intensifiés à mesure que Moscou perdait en pouvoir économique et en influence politique. Avec parfois des coups d’arrêts quand le Kremlin estimait que Pyongyang allait trop loin : ainsi après l’essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009, les relations de la Corée du Nord avec la Chine et la Russie ont changé. La Russie, craignant que le succès de la Corée du Nord ne conduise à une guerre nucléaire, s’est jointe à la Chine, à la France, au Japon, à la Corée du Sud, au Royaume-Uni et aux États-Unis pour lancer une résolution qui pourrait inclure de nouvelles sanctions. Mais à partir du moment où la Russie se place elle-même hors du concert des nations (invasion de la Géorgie en 2008, de l’Ukraine en 2014), elle se rapproche de la Corée du Nord : en 2022, Pyonyanga a reconnu l’indépendance des États séparatistes des républiques populaires de Donetsk et de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine.

Ce n’est donc pas un hasard si les deux pays sont aujourd’hui alignés et si Kim a exprimé tout son soutien au « combat sacré de la Russie contre l’Occident ». On se gardera donc de vouloir voir dans la rencontre entre Kim et Poutine une preuve de l’édifice d’un nouvel ordre international et de projeter nos craintes d’altermondialisme dans la réunion d’autocrates au lourd passif social et humain. Mais la question qui se pose est de savoir si la Chine doit trouver dans ce rapprochement un motif de satisfaction ou d’inquiétude. Les deux positions se défendent et peuvent être examinées l’une et l’autre.

On pourrait dire, d’un côté, que le rapprochement entre la Russie et la Corée du Nord pourrait satisfaire la Chine qui serait tentée de créer une « alliance » continentale Russie/Corée du Nord/Chine contrebalançant la formation de l’alliance maritime Japon/Corée du Sud/Etats-Unis. Cela permettrait aussi à la Chine de pouvoir aider la Russie dans sa « croisade contre l’Occident » de façon indirecte par l’intermédiaire de son aide à la Corée du Nord.

En effet, c’est l’aide économique de la Chine qui permet à la Corée du Nord de maintenir le régime politique et de doter le pays de programmes balistiques et nucléaires relativement avancés (au prix de l’affamement de sa population : le pays aurait atteint en 2023 son pire niveau depuis la famine des années 1990, ayant provoqué la mort de 3 à 5 % de ses 20 millions d’habitants). Pyongyang dépend de Pékin pour ses importations de nourriture et de carburant ; l’aide économique de la Chine à la Corée du Nord représente environ la moitié de toute l’aide étrangère chinoise. En permettant le rapprochement Corée-Russie, la Chine consolide son influence tout en évitant d’être prise dans les sanctions internationales qui pèsent sur l’un et l’autre de ces partenaires nécessaires mais encombrants.

De l’autre côté, il pourrait se jouer entre la Russie et la Chine un jeu de pouvoir plus complexe et moins amical : la Chine ne cesse de gagner de l’influence en Asie centrale et des pays comme le Kazakhstan peuvent se permettre de prendre leurs distances avec Moscou tout en s’ouvrant opportunément aux Nouvelles Routes de la Soie chinoises.

La Russie voudrait-elle retrouver en Extrême-orient un pouvoir d’influence qui s’érode dans son ancien pré carré centre asiatique ?  La Russie voudrait-elle maintenir sa souveraineté sur son Est sibérien ? De façon intéressante, le Global Times rapporte les propos de Vladimir Poutine le 13 septembre lors du 8e Forum économique oriental (FEE) à Vladivostok : « Nous ne ralentirons certainement pas le rythme du développement de la région, car le développement de l’Extrême-orient est une priorité absolue pour la Russie, car c’est une région colossale avec une petite population mais un énorme potentiel ». Bien entendu, le journal y voit un terrain d’entente entre les deux pays. Mais, quand le président chinois réclame à « la revitalisation complète du nord-est de la Chine » en appelant cette région « à s’intégrer étroitement dans le cadre du projet « One Belt, One Road », faut-il y voir une convergence de vue ou l’imposition d’un cadre économique que la Russie est « invitée » à adopter ?

En outre, géopolitiquement, le rapprochement Corée du Nord/Russie prive aussi la Chine d’une carte avantageuse à jouer : pendant longtemps la Chine a su prendre le rôle de l’acteur rationnel face à la Corée du Nord, de l’intermédiaire nécessaire face à l’élève turbulent du « socialisme », afin d’induire la Corée du Sud à une attitude plus coopérative à son égard et moins complaisante avec les Etats-Unis. Mais si la Russie gagne en influence sur la Corée du Nord, la Chine perd son « outil de marchandage » si l’on peut dire : en se mettant complètement du côté de la Corée du Nord afin de ne pas démentir son « amitié sans limite » avec la Russie, la Chine n’a plus rien à offrir à la Corée du Sud dont le rapprochement avec le Japon et les Etats-Unis s’approfondira à mesure que Poutine, Xi et Kim seront perçus comme dansant sur la même musique.

Par Jean-Yves Heurtebise


Chiffres de la semaine : « 23 millions de tickets vendus en une seule journée, 10% de chances en moins d’entrer à l’université, 5,4 millions de cafés au Maotai, 79 325 restaurants japonais »
« 23 millions de tickets vendus en une seule journée, 10% de chances en moins d’entrer à l’université, 5,4 millions de cafés au Maotai, 79 325 restaurants japonais »

23 millions : c’est le nombre de tickets de train vendus en seule journée lors de l’ouverture des ventes pour les vacances de la « golden week » (29 septembre au 6 octobre) – un record. La « SCNF » chinoise prédit 190 millions de voyages durant la période allant du 27 septembre au 8 octobre, soit le double de l’an passé (encore sous « zéro Covid ») et 37% de plus par rapport à 2019, avant la pandémie. Dans les airs, c’est 21 millions de passagers que l’Administration nationale de l’aviation civile (CAAC) attend durant les vacances, soit 17% de plus qu’en 2019. 

Parmi les destinations plébiscitées : Wuhan, Chongqing, Zhengzhou, Changsha, Chengdu et Hangzhou qui se prépare à accueillir les Jeux asiatiques (22 septembre au 8 octobre). La plateforme Qunar, elle, dévoile que les touristes sont également attirés par des villes plus petites comme Handan, Luoyang, Liuzhou, Huaian et Yichun. A l’international, ce sont des destinations « proches » comme Hong Kong, Séoul, Kuala Lumpur et Singapour qui étaient les plus recherchées d’après l’institut de recherche « Big Data » de la plateforme Qunar. Malgré la polémique autour de la décharge des eaux contaminées de Fukushima, Tokyo faisait également partie du top 5…

Comment expliquer ce rebond touristique ? Est-ce l’effet « festival de la mi-automne » qui tombe en même temps que la « golden week » cette année ou alors une envie de rattraper le temps perdu durant ces premières « longues vacances » depuis la fin de la politique « zéro Covid » (hors Nouvel an chinois, traditionnellement réservé aux familles) ? La véritable question est peut-être celle du montant dépensé par les touristes : sera-t-il, lui aussi, plus élevé (ou égal) que les chiffres pré-pandémiques ? Jusqu’à présent, toutes les autres vacances et week-ends prolongés se sont montrés en-dessous des attentes, à tel point que voyager avec trois sous en poche est devenu une mode chez les jeunes…

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9,3% : c’est le pourcentage de chances en moins que les jeunes issus des 10% des familles les plus pauvres du pays ont eu d’entrer à l’université entre 2010 et 2018, rapportent des chercheurs de l’université Beida (Pékin). A l’inverse, les élèves issus des 10 % des familles les plus privilégiées ont vu leurs chances augmenter de 5,3% durant la même période. Cette étude démontre que les différentes mesures entreprises par l’Etat jusqu’en 2018 (baisse de la fréquence des examens et du volume de devoirs, interdiction d’établir des classes de niveaux…) afin d’alléger la pression académique et de lutter contre les inégalités, n’ont pas eu l’effet escompté. Au contraire, le fossé entre les enfants les mieux et les moins bien lotis n’a cessé de se creuser : les riches ont davantage dépensé (+67%) en cours du soir (interdits pour les matières obligatoires depuis 2021) tandis que leurs enfants ont étudié en moyenne 10h de plus par semaine ! Les plus défavorisés eux, ont certes vu leurs dépenses se réduire (-21%) mais également leur temps d’étude de 9h par semaine, ce qui leur donnent moins de chances d’accéder à des études supérieures, d’après les chercheurs.

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5,4 millions : c’est le nombre de cafés latte au Maotai que la chaîne Luckin Coffee a vendu le jour du lancement de cette boisson contenant 0,5% d’alcool. Cette collaboration insolite entre le plus prestigieux alcool de sorgho de Chine et le géant du café à emporter a rencontré un succès inattendu et était au cœur de toutes les conversations sur les réseaux sociaux. Kweichow Moutai s’apprête à réitérer l’expérience en proposant ce mois-ci des chocolats alcoolisés en partenariat avec la marque Dove (du groupe Mars). En mai 2022, le groupe du Guizhou avait déjà lancé sa propre gamme de glaces qui avait, elle aussi, fait un carton. C’est un véritablement retournement de situation pour son producteur Kweichow Moutai qui a vu ses ventes lentement s’éroder sur fond de ralentissement économiqueune bouteille se monnayant 2 500 yuans environ – et d’image de marque vieillissante. Pour lutter contre ce phénomène, le groupe cherche depuis 2021 à séduire une clientèle plus jeune, qui n’a peut-être jamais goûté de Maotai ou n’a pas les moyens de s’acheter une bouteille, d’où ces collaborations avec des produits de consommation courante. Une stratégie payante ? Seul le temps le dira !

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79 325 : c’est le nombre de restaurants japonais en Chine continentale, davantage qu’au Japon même ! Ce chiffre impressionnant fait de la cuisine japonaise la première « cuisine étrangère » en Chine avec 791 chaînes, dépassant même le nombre de chaînes de restaurants cantonais ou du Sichuan. Malgré le fait que Pékin ait banni fin août l’importation de poissons et fruits de mer en provenance du Japon suite à la décision de Tokyo de décharger dans l’océan les eaux contaminées de Fukushima, les izakayas (restaurants japonais servant des snacks et des boissons) en Chine ne devraient pas trop être impactés, puisque la plupart d’entre eux se fournissent auprès de pêcheurs chinois. Par contre, ce sont les clients, pas le poisson, qui pourraient venir à manquer : en effet, l’intense campagne médiatique orchestrée par Pékin, a coupé l’appétit des Chinois pour les produits de la mer, quelle que soit leur origine…


Vocabulaire de la semaine : « Jeux asiatiques, athlètes, plats préparés, détroit de Taïwan »
« Jeux asiatiques, athlètes, plats préparés, détroit de Taïwan »
  1. 举行, jǔxíng (HSK 4) : organiser (une réunion, un évènement…)
  2. 亚运会, Yàyùnhuì : Jeux asiatiques
  3. 开幕 , kāimù : ouverture, inauguration
  4. 呈现, chéngxiàn (HSK 6) : présenter, démontrer
  5. 赛事, sàishì : compétition (sport)
  6. 政要, zhèngyào : dignitaries
  7. 致意, zhìyì : exprimer ses salutations ou ses hommages
  8. 球迷, qiúmí : fans
  9. 挤得水泄不通 , jǐ dé shuǐxiè bùtōng : bondé, très fréquenté (litt. qui ne laisse pas même passer une goutte d’eau)
  10. 选手, xuǎnshǒu (HSK 6 ) : athlètes

    在中国杭州举行亚运会开幕呈现了大型国际体育赛事的所有要素。政要们向中共总书记习近平致意球迷们将杭州奥体中心体育馆挤得水泄不通,来自45个国家和地区的12,417名参赛选手列队入场,正式拉开了为期两周的亚运会序幕。

    Zài zhōngguó hángzhōu jǔxíng de yàyùn huì kāimù shì chéngxiànle dàxíng guójì tǐyù sàishì de suǒyǒu yàosù. Zhèngyàomen xiàng zhōnggòng zǒng shūjì xíjìnpíng zhìyì, qiúmímen jiāng hángzhōu ào tǐ zhōngxīn tǐyùguǎn jǐdé shuǐxièbùtōng, láizì 45 gè guójiā hé dìqū de 12,417 míng cānsài xuǎnshǒu lièduì rù chǎng, zhèngshì lā kāile wéiqí liǎng zhōu de yàyùn huì xùmù.

    La cérémonie d’ouverture des Jeux asiatiques (cf. photo), qui s’est tenue à Hangzhou, en Chine, a présenté tous les éléments d’un grand événement sportif international. Les dignitaires ont adressé leurs salutations au Secrétaire général du Parti communiste chinois, Xi Jinping, et les fans ont rempli le centre sportif de Hangzhou, tandis que 12 417 athlètes de 45 pays et régions se sont alignés pour marquer le début officiel des deux semaines des Jeux asiatiques.

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  11. 中小学, zhōng xiǎo xué : écoles primaires et secondaires
  12. 幼儿园 , yòu’ér yuán : jardin d’enfants
  13. 预制菜, yùzhìcài : repas préfabriqués, plats preparés
  14. 网络, wǎngluò : Internet
  15. 抗议, kàngyì (HSK 6) : protester
  16. 大规模 dà guīmó (HSK 5) : à grande echelle
  17. 迫于, pòyú : être contraint à
  18. 压力, yālì (HSK 4) : pression
  19. 原有, yuányǒu : initial, original
  20. 食堂, shítáng : cantine

    乎是在一夜之间,许多中小学甚至幼儿园引进了预制菜。大家不仅在网络抗议,甚至还出现了大规模送饭潮,迫于压力,有个别学校已表示,会回归原有的学校食堂模式。

    Hū shì zài yīyè zhī jiān, xǔduō zhōng xiǎoxué shènzhì yòu’éryuán yǐnjìnle yùzhì cài. Dàjiā bùjǐn zài wǎngluò shàng kàngyì, shènzhì hái chūxiànle dà guīmó sòng fàn cháo, pò yú yālì, yǒu gèbié xuéxiào yǐ biǎoshì, huì huí guī yuán yǒu de xuéxiào shítáng móshì.

    Presque du jour au lendemain, de nombreuses écoles primaires et secondaires, voire même des jardins d’enfants, ont introduit [dans leurs cantines] des plats preparés. Les gens ont non seulement protesté sur internet, mais il y a même eu une vague massive de livraisons de repas [par les parents]. Sous la pression, certaines écoles ont déjà annoncé qu’elles reviendraient à leur modèle de cantine scolaire initial.

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  21. 台湾, Táiwān : Taiwan
  22. 发布, fābù (HSK 6) : announcer, signaler
  23. 解放军, jiěfàngjūn : Armée populaire de liberation
  24. 增加, zēngjiā (HSK 4) : augmenter
  25. 战斗机, zhàndòujī : avion de chasse
  26. 无人机 , wúrénjī : drone
  27. 轰炸机, hōngzhàjī : bombardier
  28. 军舰, jūnjiàn : navire de guerre
  29. 侦获, zhēnhuò : détecter
  30. 台海, táihǎi : Détroit de Taïwan

    最近一周,台湾发布消息称,解放军的活动增加,数十架次的战斗机无人机轰炸机等军机以及军舰在附近活动。此前,9月18日,台国防部发布消息称,自9月17至18日晨间,共侦获共机103架次出海活动,为近期新高,已对台海及区域安全造成严峻挑战。

    Zuìjìn yīzhōu, táiwān fābù xiāoxī chēng, jiěfàngjūn de huódòng zēngjiā, shù shí jiàcì de zhàndòujī, wú rén jī, hōngzhàjī děng jūnjī yǐjí jūnjiàn zài fùjìn huódòng. Cǐqián,9 yuè 18 rì, tái guófáng bù fābù xiāoxī chēng, zì 9 yuè 17 zhì 18 rì chén jiān, gòng zhēn huò gòng jī 103 jiàcì chūhǎi huódòng, wèi jìnqí xīngāo, yǐ duì táihǎi jí qūyù ānquán zàochéng yánjùn tiǎozhàn.

    Au cours de la dernière semaine, Taïwan a signalé une augmentation des activités de l’Armée populaire de libération, avec des dizaines de vols d’avions de chasse, de drones, de bombardiers et d’autres aéronefs militaires, ainsi que des navires de guerre, opérant à proximité. Plus tôt, le 18 septembre, le ministère taïwanais de la Défense a annoncé que du 17 au 18 septembre au matin, un total de 103 sorties d’avions avaient été détectées en mer, atteignant ainsi un nouveau record, et posant une menace sérieuse à la sécurité dans le détroit de Taïwan et dans la région.


Podcast : 44ème épisode des Chroniques d’Eric : « La Chine en grand silence »
44ème épisode des Chroniques d’Eric : « La Chine en grand silence »

Venez écouter l’épisode 44 des « Chroniques d’Éric », journaliste en Chine de 1987 à 2019 et fondateur du Vent de la Chine.

Episode 44 des « Chroniques d’Éric » :  » La Chine en grand silence « 

Bien des choses étranges se passent dans l’empire du ciel, à commencer par un silence inhabituel, entrecoupé de disparition de hauts cadres. Xi Jinping lui-même, l’empereur du silence, semble tenté par un repli sur lui-même dans son palais, comme le faisait autrefois Hu Jintao son prédécesseur, qui craignait le contact public comme son ombre. En cet épisode, je fais le tour de trois mois de cette guerre de tranchée, guerre lunaire du régime contre toute chose, l’opinion, les entreprises privées, sa propre bonne image à l’étranger, l’armée même. Tout cela, pour mieux vous situer la panne dans laquelle se débat la Chine, après 11 ans passés à renforcer les contrôles sur toute chose, par la police et par l’idéologie.

Tous ces épisodes, inspirés par mes souvenirs et l’actualité, n’ont que le double but de vous amuser et faire découvrir la Chine.  – Eric Meyer

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Petit Peuple : Changsha (Hunan) – Un Tanguy qui refuse de quitter le nid
Changsha (Hunan) – Un Tanguy qui refuse de quitter le nid

Basée sur une stricte morale confucéenne, l’éducation chinoise est supposée assurer à l’enfant un développement harmonieux et libre de conflits.

Mais est-ce bien le cas ? Il se pourrait que la famille, confrontée au maelstrom des mutations de ce siècle, ait du mal à fonctionner. Interdisant toute contestation, une autorité parentale rigide impose dans la maison un profond silence. De nombreuses études confirment que parents et enfants ne parviennent pas à échanger.

Or il se trouve que cette tendance vient s’ajouter à une protection excessive dès les 1ers jours du « petit dragon » (que les membres du clan rivalisent à gâter). Tout ceci finit par lui faire perdre toute confiance en soi en écartant de son chemin toute chance de challenge. Ce travers cause parfois un développement insolite, entre monstrueux et tragi comique.

Passé 20 ans, le jeune s’incruste chez ses parents, reportant aux calendes grecques le saut dans la vie d’adulte. La crise mûrit et rampe, jusqu’à ce que père et mère, épuisés, chassent du nid le vieil oiselet. C’est un nouveau syndrome aux antipodes exacts de celui du « nid vide » (celui où les parents, une fois l’enfant parti, doivent se recomposer une nouvelle vie). Ce syndrome porte le nom de « kěnlǎozú » (啃老族), le bébé(adulte) qui, au lieu de téter le biberon, « grignote la chair du clan ».

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À Changsha (Hunan), à l’automne dernier, le cas de Kuang Zhengxuan a défrayé la chronique. Pourri gâté dès sa naissance, il n’écoutait rien à l’école, se levait quand il lui plaisait, et rechignait à faire ses devoirs. Même en gym, il tirait au flanc, trouvant la discipline « trop bête ». A 13 ans d’ailleurs, il jetait l’éponge, abandonnait le collège pour aller « chercher sa voie ailleurs ». Ce soir-là, ses maîtres allaient prendre un verre au bar du coin pour célébrer ce bon débarras !

Les années passèrent. Ses parents le placèrent en apprentissage, menuisier d’abord, puis coiffeur…Mais en chaque endroit, il haïssait l’ambiance, le stress, les critiques… Quand il rentrait au foyer, sifflotant et soulagé, il était bien difficile aux parents de savoir s’il avait été mis à la porte, pris la fuite, ou les deux à la fois.

En 2012, son père lui dénicha un job dans une usine de jouets et de vêtements – son premier emploi, à 27 ans. Mais après quelques semaines, Zhengxuan revint au bercail indigné : on l’avait calomnié, accusé de vol, battu, même. Un tel traitement était dégradant. Pour lui, cette fois, c’en était fini : le travail, c’était bon pour les autres ! Il allait continuer à « grandir » chez papa-maman. Il se mit donc studieusement à prendre ses trois repas par jour, à dormir et à jouer avec son smartphone, tout en réclamant chaque jour ou presque, un peu d’argent pour aller s’amuser en ville.

Il l’ignorait encore, mais tout a une fin, même la patience et la force physique des parents. Simple migrant du Hubei, son ouvrier de père avait depuis longtemps tiré un trait sur tout rêve de voir l’héritier donner à ses parents l’orgueil d’une belle carrière et d’un soutien de leurs vieux jours, en échange de leur vie passée à le soutenir. Sa mère aussi s’était lassée de voir à heures fixes cette mauvaise graine s’asseoir à sa table, rappel vivant de l’échec de toute leur existence.

En 2014, après 10 ans de disputes larvées, la crise éclata : le père le mit à la porte. Zhenxuan rétorqua alors d’une manière inouïe, exécutant la menace qu’il méditait depuis tant d’années : au Tribunal intermédiaire de Changsha, devant les greffiers incrédules, il porta plainte contre les auteurs de ses jours. L’argumentation était simple, scandaleuse, mais au fond pas si sotte : leur éducation n’avait pas été la bonne. De ce fait, il se voyait privé des compétences pour gagner sa vie. Eux par contre conservaient leur savoir-faire, l’habitude de gagner leur vie : ils n’avaient donc d’autre choix que de continuer à le soutenir.

Face aux juges, le garçon prouvait sa bonne foi : pour se payer une chambre à 200 yuans par mois et son riz quotidien, il venait d’accepter un emploi pour la seule chose qu’il sache faire, rester immobile en tant que modèle pour les étudiants d’une école des beaux-arts (cf. photo). Mais à 4-5 h par jour de pose, c’était une tâche éreintante, payée une misère (55 à 65 yuans/jour) et fort précaire—on ne le prenait pas tous les jours. Tout cela prouvait à suffisance que c’était aux parents de l’entretenir !

Pour l’opinion sur Internet, l’affaire est claire. Le « canon des trois caractères » (le manuel pédagogique et moral de la dynastie Qing) le dit bien : « si le fils refuse d’apprendre, (子不学, zi bù xué), la faute en revient avant tout au père (父之过, fù zhī guò) » – cette famille si aveuglément éprise du « petit génie », n’a que ce qu’elle mérite.

Cet article a été publié pour la première fois le 18 juillet 2015 dans le Vent de la Chine – Numéro de l’été (2015)


Rendez-vous : Semaines du 25 septembre au 19 novembre
Semaines du 25 septembre au 19 novembre

26-27 septembre, Shanghai : Interfilière, Salon international de la production textile

11- 13 octobre, Shenzhen : Automotive World China, Salon international de l’industrie automobile

11- 13 octobre, Shenzhen : C-Touch & Display, Salon international des écrans tactiles et de la chaîne de fabrication des téléphones mobiles

11- 13 octobre, Shenzhen : NEPCON Asia – « PCBA & IC Packaging », Salon international des produits électroniques, cette année sur le thème des solutions PCBA, usine intelligente, emballage et test de semi-conducteurs…

11- 13 octobre, Canton : REMATEC Asia, Salon professionnel de la reconception de pièces d’automobiles et de camions pour l’Asie

11- 13 octobre, Shenzhen : S-Factory Expo, Salon dédié aux solutions d’automatisation de la fabrication électronique

11 – 14 octobre, Shanghai : Music China, Salon international des instruments de musique

15 octobre – 4 novembre, Canton (En ligne : 16 sept – 15 mars 2024) : Canton FairFoire internationale où s’exposent électronique grand public & électroménager, pièces détachées automobile, machines, outils, matériaux de construction, produits chimiques, cadeaux, décoration, textile et habillement, cuir…

17 – 19 octobre, Shanghai : China Toy Expo, Salon international chinois du jouet et des ressources pédagogiques préscolaires

18 – 20 octobre, Qingdao : API China, Salon chinois de l’industrie pharmaceutique

18 – 21 octobre, Foshan : CERAMBATH, Salon chinois international de la céramique et des sanitaires

21 – 22 octobre, Shanghai : China Education Expo, Salon international de l’éducation et des formations supérieures

21 – 23 octobre, Yiwu : China Yiwu Commodities Fair, Salon chinois international des articles d’usage courant

24 – 27 octobre, Shanghai : CEMAT Asia, Salon des matériels de manutention, des techniques d’automatisation, de transport et de logistique

24 octobre, Canton : China Education Expo, Salon international de l’éducation et des formations supérieures

24 -27 octobre, Shanghai : PTC Asia – Power Transmission and Control Asia, Salon de la transmission et du contrôle de puissance

25 octobre, Shanghai : World’s Leading Wines, Rencontres d’affaires des importateurs et distributeurs de vins

25 – 27 octobre, Chengdu : CTEF – Chemical Equipment Fair, Salon chinois international des équipements et procédés chimiques

25 – 27 octobre, Qingdao : China Fisheries & Seafood Expo, Salon chinois de la pêche et des fruits de mer

26 octobre, Chengdu : China Education Expo, Salon international de l’éducation et des formations supérieures

26 – 28 octobre, Wuhan : CIAME, Le grand salon asiatique des machines agricoles

27-28 octobre, Pékin : China Education Expo, Salon international de l’éducation et des formations supérieures

28 – 31 octobre, Shenzhen : CMEF – China Medical Equipment Fair, Salon chinois international de l’équipement médical

1er – 3 novembre, Shanghai : SNEC ES – Energy Storage Conference & Exhibition, Conférence et exposition internationale sur le stockage électrique

5-10 novembre, Shanghai : CIIE – China International Import Expo, Salon international des importations de Shanghai 

8-10 novembre, Shanghai : FHC – Food & Hospitality China, Salon professionnel international de l’alimentation, du vin, du commerce de détail et de l’hôtellerie

8-10 novembre, Shanghai : SINCE – Shanghai International Nonwovens Exhibition, Salon et conférence internationaux des non-tissés

8-11 novembre, Wuhan : CCVS – China Commercial Vehicles Show, Salon des véhicules commerciaux

15 – 17 novembre, Pékin : COTTM – China Outbound Travel & Tourism Market, Salon du tourisme chinois à l’étranger

15 – 17 novembre, Shanghai : EP Shanghai – Electrical Power Shanghai, Salon international des équipements électriques

15 – 19 novembre, Shenzhen : China Hi-Tech Fair, Salon international des ordinateurs, télécommunications, des applications et services logiciels, de l’électronique grand public, de l’électronique pour l’automobile

16 – 18 novembre, Canton : Interwine, Salon chinois international du vin, de la bière, et des procédés, technologies et équipements pour les boissons

16 – 19 novembre, Shanghai : Shanghai International Art Fair, Salon international de l’art de Shanghai

17 – 19 novembre, Shanghai : Paperworld China, Salon professionnel international des fournitures pour le bureau et pour l’école, de la papeterie et des matériaux pour les arts graphiques

17 – 19 novembre, Canton : Silver Industry, Salon et congrès de l’industrie des soins aux personnes âgées

19 – 23 novembre, Shanghai : ITMA ASIA + CITME, Salon international du textile et des machines textiles