Le Vent de la Chine Numéro 8

du 6 au 12 mars 2006

Editorial : Wen Jiabao à l’ANP : ‘changer la vie, respecter les voeux du paysan’!

La police nerveuse, la censure forte des derniers mois rendaient toute démocratisation illusoire : or la session annuelle de l’ANP – le Parlement (5-15/3)  s’ouvre sur un ton fort imprévu de « printemps dans l’hiver », pour paraphraser l’écrivain Ba Jin !

Dimanche à Pékin, le 1er min. Wen Jiabao, en son discours de « l’état de l’union », a manié un verbe modéré et transparent. Durant ces sessions, il est traditionnel de pourfendre Taiwan : chose d’autant plus facile, cette fois, que son Président Chen Shui-bian venait de dissoudre l’organe insulaire destiné à la réunification. Pourtant Wen, comme sûr de sa force, se contenta d’affirmer que «quiconque tenterait de freiner la réunification…en serait pour ses frais» !

Idem, Wen omet de citer les anciens hommes forts, hier incontournables, Deng Xiaoping, Jiang Zemin ou Mao Zedong. Par contre, il assume les déséquilibres et erreurs de son cabinet et promet de lutter contre le « formalisme » et la « corruption » du cadre, dont il suggère l’arrogance et l’arbitraire! 

Wen demande aussi à la population de se mobiliser sous un nouvel esprit, moins grégaire et plus dynamique, et respecter les voeux du paysan. C’est ainsi que, comme jamais avant, le monde rural devient la priorité majeure du nouveau (11ème) Plan, 2006-2010 – devant l’industrie, les villes et l’armée. Sous le slogan du « nouveau paysanat socialiste« ,  Wen Jiabao et le Président Hu Jintao veulent rééquilibrer et l’enrichir en lui donnant plus et prenant moins. En clair, 22 MM² sur 5 ans iront à la gratuité scolaire. 34 MM² dans l’année, aux routes, citernes, fosses à méthane, semences améliorées, vétérinaires (anti-grippe aviaire). Sous 5 ans, la Chine verte devrait avoir son réseau fruste mais fonctionnel d’hôpitaux et un embryon de sécurité sociale. En 2006, aucune province ne taxera les fermiers – les 10 MM² de manque à gagner seront remboursés aux mairies et aux provinces, pour que le paysan devienne non imposable, « pour la 1ère fois depuis 2600 ans, tournant historique ».

Wen promet de s’attaquer aux expropriations abu-sives, qui volent au paysan chaque année 200000 ha/an et 3 M d’emplois. Pour que les paysans consomment plus, se rebellent moins, et que la croissance dépende plus du marché intérieur, moins des exportations. Tout cela résonne comme un changement de cap, la fin d’une croissance tous azimuts, pour un pays ayant épuisé son potentiel de développement gaspilleur et facile ! Mais à ce grand plan rural, manque une pièce maitresse : la terre demeure publique, c’est-à-dire propriété  des cadres : le pouvoir n’a pas -encore -osé réinventer, pour les paysans, la propriété privée !

 

 

 

 


A la loupe : Les faces cachées de l’emploi chinois

En 2000, le sous effectif industriel ne touchait que Canton. Aujourd’hui, il est partout, à Dongguan, (40% de postes vacants), au Jiangxi, Fujian, Zhejiang (100.000 jobs en trop à Shaoxing), à Chongqing où le textile, malgré des salaires à 1000¥, ne fait pas le plein. Mais en même temps, cette tendance n’empêche pas son contraire : la NDRC (National Development and Reform Commission) annonce un déficit net d’emplois  (11M pour 25M de demandes cette année), et à Pékin (2/3), la foire de Beida attira 8000 jeunes, pour n’en recruter que le 10ème – étrange gâchis !

50 ans après, la Chine paie l’erreur nataliste et ses 200M d’enfants de Mao conçus dans un fier refus de tout planning. Il s’en est suivi un torrent des berceaux, une Chine trop jeune -pour encore un tout petit peu de temps avec 143M de sexagénaires en’06, 1/5 du monde, moins que la moyenne (elle qui fait 23% de la pop. globale). Elle génère 2M/an de pensionnables. Mais en 2010, la pompe s’inversera : les retraités quadrupleront à 8M/an. Et en 2040, ils seront 400M, avec bien peu d’actifs pour les nourrir : c’est cette raréfaction du travailleur qui se dessine à présent.

Le retour du balancier intervint après 1978.Conçus comme enfants uniques, mieux éduqués, plus ambitieux, les nouveaux travailleurs ont moins de pression pour accepter n’importe quoi, plus de qualifications. Ils veulent travailler dans les services, moins éprouvants et moins dangereux. Or, par rapport au reste du monde, de type d’activité est à la traîne en Chine, faute de liberté d’association et d’information. Donc, chômage, et érosion, pour les diplômés, du «1er salaire », tronqué des 2/3 en 10 ans, de 293² à 102².

S’ajoute à ce schéma générique, le choix massif  des couples pour des garçons plutôt que des filles, main d’oeuvre primordiale des usines textiles. Et la fermeture de 10aines de M de jobs publics non rentables, dans le Dongbei, dont les titulaires trop vieux et non flexibles, sont les laissés pour compte de la nouvelle industrie privée…Tous ces phénomènes qui viennent de loin, mettront longtemps à se résorber : avec la fin de l’exode rural, le passage des industries vers les services, et la robotisation des industries… En attendant, la Chine montre clairement les limites de ses ambitions à jouer « l’usine du monde » !

 

 


Joint-venture : AVON – le retour des années fastes

— Ca redémarre pour Avon, le rouge à lèvres américain, vainqueur d’un marathon de 8 ans pour la vente porte-à-porte, qui obtient (28/2) la 1ère licence pour cette technique commerciale «sans magasins» mais avec « revendeurs associés » – qui avait été bannie en 1998.

Avon, Mary Kay et Nu Skin se partageaient alors le marché avec des groupes chinois,  dont l’un avait fait faillite, causant la ruine de milliers de petits revendeurs. Mais Pékin interdisait aussi, par crainte de l’influence possible d’armées de démarcheurs en prise directe avec les gens -c’était à la veille de l’interdiction du Falungong

Non découragé par le ban, Avon avait pris son bâton de pèlerin et palabré des années. Pour sauver sa position, Il dut souscrire à l’ouverture de 6000 boutiques qui ne l’empêchèrent pas, au 4ème trim., de souffrir un recul de chiffre de 22%. Puis les négociateurs américains à l’OMC lui obtinrent la reconnaissance des ventes porte à porte. Aujourd’hui, Avon repart, avec 7 instructeurs et 3000 marchands qui piaffaient en attendant. Au terme du règlement, il lui en coûte 8M² de capital de capital, 2M² de caution. Mais sa concurrence d’hier, et le groupe Oriflame attendent à la porte.

NB : pour prévenir le cauchemar d’effectifs en millions de vendeurs qui continuent à l’inquiéter, le pouvoir impose toujours, en plus de sa licence nationale, le permis de chacun des 2300 : pour Avon, des années épuisantes en perspective! 

13 mars : 10. anniversaire de l’Alliance française en Chine.

16.000 jeunes passés par elle, bientôt 10 centres.

Réjouissances : Récital Brel, Piaf, Barbara par Anne Peko, Wuhan-Chengdu-Pékin-Dalian

 

 


A la loupe : Taiwan: face à l’Empire, Chen contre-attaque

Depuis 2000, les relations sino-taiwanaises vivent un assoupissement, qui profite au continent : l’île est aspirée économiquement, et son Président autonomiste Chen Shui-bian (DPP) lié par une série de promesses de statu quo, perd du terrain face à sa propre opinion. De plus, le Yuan législatif (son Parlement) est à majorité KMT, favorable au retour à la Chine, et l’opinion autochtone, démoralisée par la peur de tout perdre, marché et liberté, ne veut plus entendre parler d’aventure.

Or le 27/2, coup de tonnerre- au fond prévisible : «A-bian » (surnom de Chen) supprime le NUC (National Unification Council), organe chargé depuis 16 ans de négocier avec la Chine la réunification. La vision de Chen est claire : la dégringolade du DPP résulterait directement de ses concessions, d’avoir troqué son âme sans rien recevoir en échange. Pour les 2 années d’exercice qui lui restent, Chen veut tenter le tout pour le tout. Au minimum, prendre place dans l’histoire en tentant de tenir certaines de ses promessesAu mieux, pousser la Chine à l’erreur, en  lui faisant commettre des paroles ou actes rassemblant les insulaires autour de leur Président…Comme pour en rajouter, Taiwan notifiait (1/3) à l’OMC à Genève, une procédure antidumping sur les torchons chinois!

La réaction ne tarda guère. Le lendemain, Pékin dénonçait la « provocation » qui «compromettrait paix et stabilité sur le détroit …» et «conduirait l’île au désastre». On sait les pressions chinoises réitérées les années passées contre toute velléité d’indépendance taiwanaise- pressions qui culminèrent en ’05 avec la loi, oeuvre de Hu Jintao, rendant automatique l’état de guerre, en cas de séparation de jure...

Et de fait, la ruade taiwanaise a eu d’autres effets dans le monde. Australie, Corée et USA avertissent Taibei, redoutant d’avoir à le secourir. Dès le lendemain, avec un art consommé de la scène, Chen tirait une autre salve : un appel à Pékin à « parler politique » et initier enfin le dialogue. Ce que Pékin pour l’instant se garde de faire, pas avec Chen Shui-bian, en tout cas : Pékin mise pour l’instant  sur l’usure de son pouvoir et l’érosion de sa cote d’amour auprès de son opinion — rien ne presse ! 

 

 


Argent : Qinghai, sus aux rats!

— Sous le nom de Legend, Lenovo, (n°3 mondial) n°1 local de l’ordinateur, s’était longtemps risqué hors de ses frontières – sans succès.

Lançant sa gamme  3000 (20/2), il retente sa chance avec 2 atouts plus solides : un look, et une logistique de qualité. La logistique, c’est le réseau IBM, dont il a racheté en 2005 la branche industrielle (1,75MM$). Le look, c’est une robe noire, argent + nuances d’orange. C’est surtout un prix d’appel (peu dans les traditions de ce groupe habitué à forcer ses tarifs sur son marché captif) : 350$ pour la tour, 600$ pour le portable. Ces produits bas de gamme, pour PME, complètent ceux d’IBM : stratégie indispensable pour concilier cette expansion, et la non-concurrence avec la filiale US.

La sortie s’ imposait maintenant, pour jouir des 1000 jours de mode gratuite, montante, pour toute marque chinoise avant Pékin 2008. Et spécialement pour Lenovo, 1er annonceur des Jeux. Pour l’instant donc, un plan marteking sans faute

NB: pour sa gamme 3000, Lenovo fait un pied de nez à Microsoft en retenant l’éditeur canadien Corel, pionnier de la suite bureautique avant Bill Gates, avec des programmes comme Wordperfect : manière bien chinoise de voter pour le maintien de la « biodiversité » dans le métier!

 

— Fléau de la Chine qui avait inspiré à Mao en 1958 une campagne d’extermination, le rat gagne les prairies du Qinghai, où il a dévoré 6,44Mha. 1/3 des pâturages de la réserve de Sanjiangyuan, 70% par endroit, sont réduits à un état lunaire. La faute humaine est claire, avec trop d’habitants et de bétail, et des campagnes nigaudes d’empoisonnement qui ont immunisé les rats tout en éliminant leurs prédateurs.

Le pouvoir central va placer pas moins de 750M² dans un énorme plan de secours incluant déplacement de pop., conservation de l’eau et réduction de l’élevage.

 

— Après la CCB – la banque de la construction (27/10/05) et ses  9,2MM$ ratissés en bourse de Hong Kong, c’est à la BOC – la Banque de Chine et l’ICBC – la Banque de l’industrie et du commerce – de battre le fer tant qu’il est rouge. Priée par la CSRC (China Securities Regulatory Commission) d’aller aussi en bourse de Shanghai, et quoique celle-ci ait gagné 10% en 2 mois, la BOC voyait la manoeuvre comme une nuisance, et  a réussi à s’en défausser : en juin, elle n’ira qu’à HK, et y  vise 8MM$ (pour la vente de 10% de ses parts).

L’ICBC  pour sa part, caracole en escomptant 10MM² de profits en 2006, sans compter les 3,2MM² de participation de diverses banques étrangères en déc. Pour son entrée au HKSE – la Bourse de Hong Kong- à l’automne, elle veut battre le record de vente, et vise 12MM$. La banque d’investissement étrangère qui lui servira de sherpa (son guide au HKSE) touchera en royalties 250M$.

Parmi les candidats figurent Deutsche Bank, Crédit Suisse, surtout Goldman Sachs, fort du mariage d’ICBC avec les banques étrangères, dont il fut le courtier. Morgan Stanley espérait ce rôle, qu’il avait déjà rempli pour la CCB, mais il s’est disqualifié en janvier, en perdant Jonathan Zhu, son patron !

 


Pol : Pékin ratifie la convention contre l’argent terroriste

— Pragmatique, la Chine avance (28/2) dans la coopération mondiale contre le terrorisme, en ratifiant la « convention int’le pour la suppression du financement du terrorisme».

Son intérêt : obtenir le gel d’actifs intégristes où qu’ils soient au monde, avant qu’ils ne puissent financer des actions terroristes en Chine, comme ces 260 attentats dénombrés depuis 1996. A charge de revanche, bien sûr, pour bloquer tous fonds terroristes sur son sol.

Or, justement, Pékin doit ici balayer devant sa porte : Washington lui reproche d’être terre promise pour l’argent sale.des cartels de la drogue, via le casino de Macao, et/ou en collusion avec les mafias locales. Dès 2004, la Chine estimait à  24MM$ ces fonds blanchis chez elle chaque année, y-compris ceux exportés au noir par les provinces, puis réintroduits, réétiquetés « investissements étrangers hors taxes », faisant perdre à l’Etat 12MM$. La Chine annonce donc un renforcement des moyens. En plus de sa cellule d’action en place depuis 2004, elle prépare pour courant 2006 une « loi du blanchiment », et le ralliement chinois à une taskforce d’action financière, émanation de la convention internationale !

 

— En préparation des Jeux Olympiques, Pékin montre du doigt le crachat, pratique paysanne qu’il veut extirper.

Action techno-psychologique : des volontaires distribueront des sacs-salive, et 2 M de petits livres rouges des bonnes manières. Un véhicule fureteur filmera les contrevenants qu’il taxera de 50¥!

En outre, une loi en vigueur au 1/3, prévoit l’expulsion des étrangers en faute, à moins d’autres sanctions: prison ou amende. La police mettra dans l’avion tout 老外 laowai (“vieil étranger”) coupable d’un des 328 délits au menu, tels vol avec violence, prosélytisme,  proxénétisme ou visiter une prostituée. Dans tous ces cas, plus besoin de juge, le tampon du ministère suffit !

— Il ne faut à la Chine que quelques mois pour ériger un gratte-ciel de 40 étages, mais des années pour gratter une loi commerciale, tant elle peaufine ses études d’impact, et s’épuise à aplanir les féroces différends entre tutelles concurrentes.

Trois lois auraient dû être discutées durant cette session, mais en furent retirées, “patates chaudes :

[1] La loi anti-monopole établirait une présomption de monopole pour toute firme détenant 50% du marché, et présomption de cartel, pour 66% du marché à deux acteurs, ou 75% à trois.

Et tout rachat industriel devrait être « notifié » au-delà d’un chiffre d’affaires (de l’acheteur, ou de l’acheté) de 150M² ou plus.

[2] La loi de taxation égaliserait la taxe d’affaires des firmes  étrangères (aujourd’hui 15% + ou –) au taux des locales (33%).

[3] La loi sur la propriété octroierait les mêmes droits légaux à l’Etat, au privé, aux collectivités. Cette loi est fondamentale pour déréguler les ventes d’Entreprises d’Etat avec crédit hypothécaire. Elle cache aussi le spectre du droit foncier rural,  avec une quadrature du cercle : comment protéger le droit du paysan sur son champ, tout en maintenant sa propriété à l’Etat ?

NB : face aux projets «taxe» et «monopole», le Ministère du commerce monte au créneau pour défendre les intérêts des étrangers et donc les siens propres – encourager les investissements.

 


Temps fort : BP / Sinopec : vers un ‘mini-Yalta’, partage du monde pétrolier ?

Etrange scoop, ce 26/2 de l’hebdo britannique Observer : négocié par John Browne, PDG de British Petroleum et Hu Jintao en personne, entre New York (sept.) et Londres (nov.), le n°1 européen du pétrole aurait reçu l’aval pour reprendre 25% de Sinopec, pour 14MM$

Très gros coup, si c’est vrai. Le 27, le 2d pétrolier chinois dément vertement— un peu trop. BP et Sinopec sont partenaires de longue date. Ils gèrent ensemble un complexe d’éthylène à 2,7MM$ à Shanghai, une usine d’acide acétique à Nankin (0,5Mt/an),1 autre à Chongqing (0,3Mt/an), un réseau de distribution de carburant à 250M$ dans le Zhejiang… Telle alliance pourrait

[1] aider Sinopec à faire accepter par l’Ouest son deal stratégique de 100MM$ avec l’Iran sur 25 ans, en achats de GNL, et sa reprise à51% et développement du gisement  de Yadaravan (cf VdlC n°7).

[2] Elle lui fournirait du cash nécessaire pour alimenter ses gourmands projets d’achats futurs, tel le champ russe d’Udmurtneft, 17.000t/j de capacité, pour un investissement de 3MM$. Or, le vendeur n’est autre que… BP! Si cette affaire aussi se réalisait, on assisterait à un investissement croisé. On n’en est pas là — un consortium russo-indien est aussi sur les rangs.

L’essentiel est ailleurs. Le rachat Unocal par CNOOC (China National Off-shore Oil Corporation) par exemple, a échoué par refus de l’étranger de céder ses ressources à un pays n’ouvrant pas son marché. Avec le scénario BP-Sinopec, on entre dans une logique de partage mondial, marché contre ressources. Et la Chine pour la 1ère fois  pourrait remettre en cause son dogme  d’ombrageuse indépendance pétrolière – pour trouver sa place dans le très fermé club planétaire de l’or noir ! 

 

 


Petit Peuple : Polémique au cinéma – fureur et profit !

Etoile du 7ème art chinois, Chen Kaige enrage, après la parodie de Wuji, son dernier film.  30M² de budget et la musique de Kl. Badelt n’ont su éviter à l’oeuvre un four, en raison de faiblesses de scenario et d’un esthétisme pompeux -Chen avait cru «cerner l’imaginaire du mythe».

Le public baille, tel Hu Ge, amateur shanghaïen de 31 ans, qui sortit outré. En son studio bricolé, il remixa des scènes de Wuji, des bouts d’une émission de CCTV pour monter un pastiche, «meurtre pour un mantou» (petit pain), qu’il mit sur internet : ce fut du délire.

Par 100ainesde milliers, les Chinois le téléchargèrent, et se tordirent. Du haut de son piédestal au Festival de Berlin, Chen fustigea l’impudent, le menaça d’un procès. Plus fine, CCTV félicita le jeune, qu’une TV cantonaise invita à produire «ce qu’il voudrait».

Netease, le portail internet ne rata pas l’occasion d’un applaudimètre. Hu fit 14.670 voix, contre 843 maigres votes à Chen, que même ses femmes lâchèrent -l’actuelle absolvait Hu pour son «désintéressement», l’ex lui décocha la flèche qui tue : « Il est trop mesquin pour souffrir la blague »… Empêché d’intenter un procès ingagnable, le vieux maître, en disgrâce, médite le proverbe : sur le Yangtzé, les jeunes ondes noient les vieilles. Mais il se console en comptant ses entrées au box office —car Hu Ge, tout en le blessant, remplit ses salles et son escarcelle, le sauvant du bide total !  

NB : cette histoire inattendue prouve, au passage, que la Chine ne punit pas toujours audace ni sacrilège !

 

 


Rendez-vous : Canton – China Water 2006

6-9 mars, Canton : Water China

6-7, Shanghai /13-14 Pékin: Conférence IC China “circuits intégrés”  

8-10, Shanghai: Pollutec China