Le Vent de la Chine Numéro 22

du 16 au 22 juin 2002

Editorial : editorial_22_2002

Alors que déferlent les calamités, l’actualité braque sur les campagnes deux éclairages insolites voire inquiétants : 

Œ Sur les OGM d’abord. La Chine a sur le sujet une attitude positive, tolérant le coton transgénique qui permet d’éviter les pesticides. Il occuperait 2M ha entre Hebei, Shandong, Anhui et Xinjiang. Or, Xue Daying, chercheur d’un institut de Nankin, annonce au monde scientifique que le coton modifié a causé en 4 saisons, la mutation des insectes parasites: d’ici 2 à 3 ans les anciennes souches seront résistantes ou remplacées par des nouvelles. Il faudra retourner aux pesticides. Si ce fait se confirme, les conséquences seront lourdes!

? Plus préoccupant: dans son Livre blanc sur la sécu alimentaire rédigé pour le sommet de la FAO 2002, la Chine suggère la fin du dogme intangible de l’autosuffisance nationale. Entre les lignes, les auteurs estiment que la disponibilité par habitant/an de 400 kg de grain et 40 de viande, ne se maintiendra qu’à l’aide des imports: la production chute de 5%/an (retombée à 462Mt en 2000, au niveau de1995). Serait-ce un retour de la thèse iconoclaste de l’écologiste US Lester Brown, qui voyait la Chine d’ici 2020, incapable de se nourrir, et rafler la totalité du marché mondial?

A cette tendance, le livre blanc donne plusieurs raisons. Jusqu’en 2020, la Chine va augmenter de 10M d’hts/an, et ses villes d’1% /an, exacerbant une demande solvable et incompressible en viande, bière et lait (sous-produits du grain). Or, les emblavures régressent (aujourd’hui, à 107Mha), sous le reboisement, la pollution, l’immobilier, les intempéries. Entre la fragilisation des campagnes et le progrès de la demande, le point de rupture est atteint. Il ne reste à la Chine que l’option d’«utiliser à fond les ressources de la libéralisation commercialecontinuer à ajuster l’offre et la demande domestiques, par le marché international»!

Ce que le rapport tait, est la cause n°1 à la chute de la production: la baisse des prix(-20% en 2002), choix politique. Il tait aussi son enjeu:

? réduire le stock de 400Mt (= une récolte mondiale) de mauvais blé, et

‚ éliminer les offices des grains, inefficaces, mais dernière source d’influence du PCC à la campagne. Débat idéologique houleux, noeud gordien que la Chine semble tacitement trancher par le biais des prix !


Editorial : L’agriculture chinoise plafonne

Alors que déferlent les calamités, l’actualité braque sur les campagnes deux éclairages insolites voire inquiétants : 

[1] Sur les OGM d’abord. La Chine a sur le sujet une attitude positive, tolérant le coton transgénique qui permet d’éviter les pesticides. Il occuperait 2M ha entre Hebei, Shandong, Anhui et Xinjiang. Or, Xue Daying, chercheur d’un institut de Nankin, annonce au monde scientifique que le coton modifié a causé en 4 saisons, la mutation des insectes parasites: d’ici 2 à 3 ans les anciennes souches seront résistantes ou remplacées par des nouvelles. Il faudra retourner aux pesticides. Si ce fait se confirme, les conséquences seront lourdes!

[2] Plus préoccupant: dans son Livre blanc sur la sécu alimentaire rédigé pour le sommet de la FAO 2002, la Chine suggère la fin du dogme intangible de l’autosuffisance nationale. Entre les lignes, les auteurs estiment que la disponibilité par habitant/an de 400 kg de grain et 40 de viande, ne se maintiendra qu’à l’aide des imports: la production chute de 5%/an (retombée à 462Mt en 2000, au niveau de1995). Serait-ce un retour de la thèse iconoclaste de l’écologiste US Lester Brown, qui voyait la Chine d’ici 2020, incapable de se nourrir, et rafler la totalité du marché mondial?

A cette tendance, le livre blanc donne plusieurs raisons. Jusqu’en 2020, la Chine va augmenter de 10M d’hts/an, et ses villes d’1% /an, exacerbant une demande solvable et incompressible en viande, bière et lait (sous-produits du grain). Or, les emblavures régressent (aujourd’hui, à 107Mha), sous le reboisement, la pollution, l’immobilier, les intempéries. Entre la fragilisation des campagnes et le progrès de la demande, le point de rupture est atteint. Il ne reste à la Chine que l’option d’«utiliser à fond les ressources de la libéralisation commercialecontinuer à ajuster l’offre et la demande domestiques, par le marché international»!

Ce que le rapport tait, est la cause n°1 à la chute de la production: la baisse des prix (-20% en 2002), choix politique.

Il tait aussi son enjeu:

1. réduire le stock de 400Mt (= une récolte mondiale) de mauvais blé, et

2. éliminer les offices des grains, inefficaces, mais dernière source d’influence du PCC à la campagne. Débat idéologique houleux, noeud gordien que la Chine semble tacitement trancher par le biais des prix !


A la loupe : Une Sécu sociale rurale – d’ici 2010?

La lutte contre la pauvreté reste une priorité du gouvernement, qui consacre 44% de son budget 2002 à la mise en place d’un filet de protection sociale. 2 volets du plan viennent d’être dévoilés. Doté de 556M$, le 1er programme est un fonds d’urgence à disposition des régions pour assurer un minimum vital aux fo-yers urbains pauvres (touchant moins de 18$/mois /ht, seuil variable selon les régions). 2/3 des 20M déjà bénéficiaires sont chômeurs ou retraités. Durant 2001, les dépenses sous ce poste ont atteint 627M$, +76%.

NB: la demande n’a jamais été si urgente. Avec l’OMC, selon la CASS, 3 à 4 M de jobs seront perdus par an jusqu’en 2006.

Signé du Min. de la Santé, de la SDPC et de cinq autres agences, le 2d programme vise le monde rural, dont il entend moderniser les hôpitaux, jusqu’à présent dotés de 30% des crédits publics contre 70% à ceux des villes (déjà favorisées au plan alimentaire, salarial etc., et en meilleure santé). Il veut aussi étendre à 900M de paysans une couverture médicale et une prévention de maladies infectieuses. Il s’agit en outre de réduire d’ici 2010, de 20 et 25% la mortalité infantile et celle des mères en couches. Le financement sera à charge de l’Etat (central, local), voire du paysan- mais son revenu moyen n’atteint pas, dans 1 cas sur 3, ses 182$/an de frais de santé: il est donc pour l’instant insolvable, ou ruiné.

Coût de cette SS (évaluation privée) : aujourd’hui = 24MM$; en 2010 =446MM. Chiffres immenses, défi surhumain. Mais comme dit le vice-ministre de la santé Ma Xiaowei, le coût du non-investissement est pire encore : le SIDA non soigné en Chine, pèse de 55 à 93 MM$/an, sur l’économie rurale, la maintenant de main de fer dans sa misère!


Pol : un chinois en habit vert

· Un chinois portant épée et habit vert? François Cheng, 73 ans, né à Chengdu (Sichuan), auteur du « dit de Tianyi » (prix Femina 1998), a été reçu ( 13/6) à l’Académie française.

· Les relations extérieures de la Chine avec l’Asie sont à l’orage. Dans la presse (10/6), Tokyo est accusé d’exploiter la campagne antiterroriste pour entrer au club des puissances nucléaires. Le Vietnam se plaint (11/6) de manoeuvres navales chinoises, dans ses eaux territoriales. Et surtout, la semaine a amené 11 réfugiés nord-coréens, au Consulat sud-coréen à Pékin, dont un a été appréhendé, après intrusion policière dans le sanctuaire extraterritorial et pugilat avec un diplomate. Pas de suite, hormis verbale, pour l’instant – mais la tension règne. Excédée, la Chine a intimé à tous les pays de lui remettre tous les "intrus" (le Canada aussi, en protège deux). Il faut dire qu’entre la préparation du XVI Congrès et les inondations, les soucis ne manquent pas pour Pékin, dont l’attention n’est pas forcément portée sur les rapports avec l’extérieur!

· Les calamités de l’été sont au RV, un mois à l’avance, peut-être plus dures, dit Zhu Rongji, que celles de 1998 qui firent officiellement 4000 morts. Le 15/6, 13 provinces sont affectées, et 230 morts, surtout au Shaanxi. 320.000 paysans ont été déplacés. 50cm de pluie sont tombés en 48h (8-10/6)-record absolu. Une ville, Hanzhong est sous 1,5m d’eau. Des M de soldats et civils réparent les digues emportées dans 98 districts, à protéger la côte (l’eau est aux portes de Pékin), rétablir routes, ponts, centrales électriques, désenclaver des centaines de villes… Seule bonne nouvelle, Fleuve Jaune et Yangtzé tiennent. Face à ces misères, l’invasion de la côte par les crickets, apparaît banale – elle est pourtant prise très au sérieux, détruisant les récoltes, avec jusqu’à 5000 insectes par m² à Tianjin, que l’on combat par pulvérisation aérienne ou en lâchant des M de canards…


Argent : la locomotive chinoise tisse sa toile

· Le Salon des Chemins de fer s’est ouvert à Pékin le 12/6 – occasion pour l’Union Européenne et le Japon de présenter leurs équipements, tel le «train-concept» de Siemens et le dernier avatar de son TGV – dont la Chine doit choisir bientôt une filière pour sa ligne Pékin-Shanghai. Ce salon a permis de faire le point sur les 42 MM$ alloués au secteur par le X. Plan 2001-2005. Le Min. Wang Linshu veut moderniser 3000km de voie pour porter à 16000 km les lignes rapides (120-160 kms/h), et porter le réseau total à 75.000 km -contre 40.000 en ’90. La priorité reste à l’Ouest, avec 2000km de voie nouvelle à bâtir d’ici 2005. Ce qui ne veut pas dire que l’Est est oublié : 4,8MM$ iront à 5 grands projets entre Shanghai, Jiangsu, Zhejiang, Anhui et Fujian, permettant la pose de 1200km de voie nouvelle, l’électrification de 1000km et le doublement de 330 km de voie unique. Au programme, les axes transrégionaux tel le 2d passage Est, de Fuyang à Hangzhou, et plusieurs sections d’un futur axe Shanghai-Kunming (Yunnan).

· le commerce chinois s’essouffle. Stationnaire ou négatif depuis octobre, l’IPC a baissé de 1,1% en mai. En cause, un double effet OMC, avec la baisse des taxes douanières et un surcroît de concurrence. Jouent aussi de fortes subventions sur certains produits, et une stagnation du pouvoir d’achat, laquelle reflète l’excédent en demandeurs d’emplois. De ce dernier, une étude du Ministre du Travail sur 62 villes, donne un exemple : en 1999, 50% de chômeurs officiels étaient des jeunes (- de 35 ans). En 2002, ils sont 70%. Paradoxalement, les ventes proprement dites contredisent cette morosité : ayant atteint en mai 38,5MM$, soit +9,3% (et +8,2% en avril) et des exports de + 18,4%  aux exports (24,6MM$)… En dernière analyse, l’essoufflement tient donc aussi à une surcapacité industrielle.


Politique : politique_22_2002

· Un chinois portant épée et habit vert? François Cheng, 73 ans, né à Chengdu (Sichuan), auteur du « dit de Tianyi » (prix Femina 1998), a été reçu ( 13/6) à l’Académie française.

· Les relations extérieures de la Chine avec l’Asie sont à l’orage. Dans la presse (10/6), Tokyo est accusé d’exploiter la campagne antiterroriste pour entrer au club des puissances nucléaires. Le Vietnam se plaint (11/6) de manoeuvres navales chinoises, dans ses eaux territoriales. Et surtout, la semaine a amené 11 réfugiés nord-coréens, au Consulat sud-coréen à Pékin, dont un a été appréhendé, après intrusion policière dans le sanctuaire extraterritorial et pugilat avec un diplomate. Pas de suite, hormis verbale, pour l’instant – mais la tension règne. Excédée, la Chine a intimé à tous les pays de lui remettre tous les "intrus" (le Canada aussi, en protège deux). Il faut dire qu’entre la préparation du XVI Congrès et les inondations, les soucis ne manquent pas pour Pékin, dont l’attention n’est pas forcément portée sur les rapports avec l’extérieur!

· Les calamités de l’été sont au RV, un mois à l’avance, peut-être plus dures, dit Zhu Rongji, que celles de 1998 qui firent officiellement 4000 morts. Le 15/6, 13 provinces sont affectées, et 230 morts, surtout au Shaanxi. 320.000 paysans ont été déplacés. 50cm de pluie sont tombés en 48h (8-10/6)-record absolu. Une ville, Hanzhong est sous 1,5m d’eau. Des M de soldats et civils réparent les digues emportées dans 98 districts, à protéger la côte (l’eau est aux portes de Pékin), rétablir routes, ponts, centrales électriques, désenclaver des centaines de villes… Seule bonne nouvelle, Fleuve Jaune et Yangtzé tiennent. Face à ces misères, l’invasion de la côte par les crickets, apparaît banale – elle est pourtant prise très au sérieux, détruisant les récoltes, avec jusqu’à 5000 insectes par m² à Tianjin, que l’on combat par pulvérisation aérienne ou en lâchant des M de canards…


A la loupe : Les carambouilleurs des ‘actions frites’

«Faire frire» un titre, en chinois boursier, signifie gonfler sa valeur par toutes les formes d’entente entre initiés, tout en retenant sous son contrôle la majorité des parts, afin d’assurer une hausse irrésistible (mais fictive) de leur valeur, tout en aiguisant les appétits des outsiders. Une fois la fraude mure,on revend le tout en quelques heures : l’argent des petits porteurs est le bénéfice des carambouilleurs. Cette fraude vieille comme Hérode (en français:«le coup d’accordéon») passait (11-13/6) pour la 1e fois en Chine devant un tribunal, à Pékin.

Vulgaire usine d’aliment pour poulets, Kangdaer fut relookée en bourse par Lu Liang, ancien chef d’une Cie d’investissement pékinoise, et Zhu Huanliang(ex-patron d’une maison de courtage de Shenzhen) en China Venture Capital, soi-disant start up high tech. Une 100aine d’EE (banques et autres) fournirent du cash. L’entente contrôla ainsi 53% des parts. Des initiés s’échangèrent les parts entre 1500 comptes anonymes, à des prix toujours en hausse- fait que Lu, alias Mister K,claironna dans la presse en des articles dithyrambiques – il avait la plu-me facile, à ses heures romancier et critique d’ art. De fin 1998 à fév 2000, l’action monta de 370%. Le montant de la fraude est établi 700M$.

Il s’agit d’un des plus gros coups à passer en justice, prouvant l’envie du pouvoir d’en finir avec le «casino» boursier, qui passe de moins en moins dans l’opinion. Mais la démonstration n’est pas probante : seul du menu fretin siège au box des accusés, et le risque des 6 inculpés est limité – 3 à 5 ans. Lu et Hu sont en fuite- peut-être, disent les experts, pour éviter de voir la Cour démêler l’écheveau!

NB : Lu et Hu ne sont pas les seuls à s’enfuir de Chine avec une valise de $ sous le bras: sur 3 ans, 52 MM$ ont disparu avec leurs centaines de voleurs – dont seule une poignée est identifiée et extradée, déplore le Procureur suprême, qui sollicite l’aide de l’étranger !


Joint-venture : nouveau no1 du médicament – GSK

· Devenu n°1 de la pharmacie mondiale depuis la fusion de deux groupes anglo-US en décembre 2000, GlaxoSmithKline (GSK) s’impose comme leader logique du marché chinois, par recombinaison des investissements locaux atteignant 362 M$. L’opération de fusion des 7 usines, 5 JV et 2000 employés a duré 18 mois, aboutissant début juin à la fusion de Glaxo China et Smith Kline & French Laboratories (Tianjin), détrônant le britannique Pfizer (60M$) à la 1ère place. GSK pense pouvoir à présent augmenter de 3% sa part du marché, à 7,3% – ce qui signifierait une hausse de chiffre de 15%/an. Mais le marché reste incertain. La protection des brevets est inadéquate, incitant les 18 leaders mondiaux, tous présents, à n’y investir que des montants limités (souvent de l’ordre de 30M$ par usine). La demande chinoise est aussi très différente du reste du monde: les ventes d’Heptodine, contre l’hépatite B progressent vite, à 48M$/an alors qu’elles stagnent en Europe et aux US.

· La 1ère JV d’imprimerie en Chine est née. Donelley (US) et Shanghai Press & Publication vont ouvrir une usine d’annuaires, livres et magazines, avec des presses de 30M$. Le marché immédiat sera celui d’éditeurs étrangers comme Bertelsmann (RFA), qui auront la garantie de maintenir leur qualité. L’imprimerie étrangère existe en Chine depuis des lustres, venue sous prétexte d’emballages et profitant du vide juridique pour travailler à façon pour la presse locale. L’OMC change la donne en autorisant les JV avec plafond étranger à 49%.

NB : l’imprimerie chinoise «fait» 18MM$ de chiffre/an, atomisé entre 180.000 PME. En volume, le chinois ne consomme qu’1% du papier imprimé lu par l’Occident, mais rattrape vite : +13% en 2001, et 144,5MM de pages imprimées. Le pouvoir freine – par volonté d’exception culturelle.

· Tianjin auto Xiali, JV de Toyota avec la mairie de Tianjin, a effectué son 1er chargement au port de Tanggu, vers les USA : 252 voitures, sur les 25.000 «min.» du contrat, d’ici 2007.

NB1: Cette livraison se produit 24h avant la vente pure et simple de Tianjin Auto Xiali à FAW (Changchun). 51% des parts sont cédées, pour un montant secret, au n°1 auto chinois. Dans ce deal, Xiali s’engage à dégraisser les 3/4 de ses 40.000 employés – ces deux mouvements étaient la condition à Toyota pour poursuivre la collaboration. Xiali, en 2001, avait perdu 10M$.

NB 2 : Honda négocie avec Canton l’implantation d’une 2de usine, d’une capacité initiale de 300000 unités,pour les marchés japonais et mondiaux. Pour la 1ère fois, Pékin pourrait déroger à sa règle d’une participation majoritaire chinoise, et laisser à Honda 80% de sa JV !

· rançon de sa popularité, au moment où Carrefour ouvre à Hangzhou (Zhejiang) son 28ème supermarché et à Ningbo (Jiangsu,) sa 11e centrale d’achat pour son réseau mondial, il est enjoint de revendre 35% des Carrefour de Harbin, Shenyang et Dalian au terme d’une loi de 1999 limitant à 65% la part étrangère dans les grandes surfaces. Le repreneur, dans ces deux derniers, est Chengda (Liaoning) qui émet des parts en bourse de Shanghai pour financer l’opération (12M$). 1er distributeur étranger en Chine depuis 1995, Carrefour est talonné par Wall Mart (19 magasins en Chine).Au titre d’un autre deal avec Pékin, Carrefour annonce la fusion de ses actifs de 27 sociétés à 13 tout en revendant dans certains cas une part. Moyennant quoi 10 implantations bloquées depuis 2001, peuvent reprendre.


Temps fort : Présence étrangère – la nouvelle donne

Ces derniers mois, la Chine révise ses règles régissant la présence étrangère sur son sol. Apparaissent une série de textes sans liens, destinés à différents objectifs, tels renforcer l’imposition, et se conformer à l’OMC.

[1] à Pékin (ville), les firmes étrangères doivent réenregistrer au bureau des taxes, avant le 20 juin, l’ensemble des employés – il s’agirait d’une simple nouvelle saisie informatique.

[2] l’impôt sur les sociétés sera harmonisé en 2003, selon le Ministre des Finances Xiang Huaicheng (4/6), ce qui mettra fin au régime d’imposition de faveur de 15% accordé aux compagnies étrangères contre 33% aux cies nationales. Ceci pour financer le déficit de la Sécurité Sociale, et surtout pour cause de normes OMC. Mais, la Chine qui tient à ses 40MM$ d’IDE/an, chuchote que la plupart des bénéficiaires d’impôts allégés, les garderont, sous l’effet d’une (sic) "clause du grand-père"!

[3] les JV de courtage en bourse et de fonds d’investissements sont désormais autorisées, avec participation étrangère de 33%, voire 49% à partir de 2004. Mais l’étranger doit disposer de 36M$ de capital enregistré, et surtout, «doit être reconnu (par la Chine) comme institution financière ».

Parmi les premiers candidats à une JV, figure le groupe belgo/hollandais Fortis, avec le shanghaien Haitong.

[4] le rachat d’Entreprises d’Etat (EE) par des multinationales est désormais autorisé – sauf celles considérées comme stratégiques. Le fruit de ces ventes devant aller dans le « pot » de la SS. Les règles y-afférentes sont en instance de publication par la SETC.

Ces nouvelles règles du jeu sont à manier avec prudence par tout le monde, Etat compris :

1. si elles signifiaient l’intention publique de vendre massivement une fraction de ses parts dans les 1100 EE cotées, la Bourse s’effondrerait;

2. il manque des clarifications, voire le cadre légal, pour assurer le transfert réel d’une EE vers un propriétaire privé -étranger ou chinois.

3. même la valeur des entreprises d’Etat (EE) est tout sauf claire: de jan à avril, les 512 top EE ont vu leur profit fondre de 18% sur 12 mois, à 8MM$ !


Petit Peuple : le paysan ‘ oeuf de chien ‘

· La France n’est pas la seule à faire des complexes sur ses humbles métiers, et à les renommer en termes politiquement corrects. Les instituts agronomiques réfléchissent sérieusement à faire disparaître le terme «agricole» de leur titre -réveillant trop toutes les hontes de la terre. Même les employeurs participent à la conspiration, dit le Quotidien de la jeunesse: informaticien fraîchement diplômé de l’Université Agricole du Hebei, le jeune Huang se vit débarquer après avoir signé son contrat : Haiding, bonne maison pékinoise, s’était aperçu un peu tard du lieu où il avait fait ses études! Aussi, dès 2001, l’U.A. du Shandong s’est maquillée en «Université. de Qilu» (nom antique de la province qui fut le berceau de Confucius). Un de ses professeurs justifie ainsi cette censure dramatique : «Imaginez une famille de 5 enfants dont l’aîné s’appellerait «Dragon», le second « aigle », le 3ème « tigre », le 4ème « dauphin », et le cadet  «goudan’er» (« oeuf de chien ») – trop c’est trop, agricole aujourd’hui en Chine, ça fait vraiment trop « plouc » !