Le Blog d'Eric MEYER
Flux RSS
<< <
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>
Où il est question de climat, shampoigneuses, et Saint Emilion
20 octobre 2009 | 19:02 | Exprimez-vous! (1 commentaire)
Bonjour,
Je ne sais pas où vous vous trouvez, mais à Pékin, ce climat, inimaginable… Un soleil d’une telle incandescence, et une température jusqu’à dimanche 18 octobre encore douce… On se croit revenu aux temps du début, au premier automne de 1987, du temps où aucune voiture ne circulait dans les rues, et où la seule pollution dans l’air était celle du souffre du charbon des ménage voire, à peu près à cette époque, les ventes massives de choux dans les rues : c’était à l’époque, en l’absence de tout frigo, congélo ou chaîne du froid, la seule source de légume « frais » (copieusement macéré dans son propre jus, sur les marches malpropres des escaliers de HLM) de la diète chinoise.
Continuez la lecture...
Ajouter un commentaire...
La Chine et nous, au temps de l'accompli
11 octobre 2009 | 16:35 | Exprimez-vous! (1 commentaire)
Bonjour !
Je vous entretiendrai de 3 sujets sans rapport, ce matin : de la Chine, et de nous mêmes, qui vivons le "temps de l'accompli", de deux preuves de la semaine de la montée en puissance de la Chine, et d'une gamberge nouvelle dans un hôpital de la ville.
Continuez la lecture...
Ajouter un commentaire...
Histoire de mariage (bis), et en route pour Wulingshan, paradis réinventé
05 octobre 2009 | 16:48 | Exprimez-vous! (0 commentaire)
Bonjour, à tous,
Vous avez été nombreux à répondre à la page de blog d'il y a 15 jours, sur le mariage d'Hortense et de Shaopeng. L'un de vous (yves martin) souhaitait obtenir plus de détails sur ce ou ces mariages chinois. Je m'exécute donc :
Le mariage en Chine, comme en France ou en Europe, est la ritualisation d'une union, l'anoblissement de l'acte, par opposition au simple accouplement ou à la vie "à la colle". Mais on ne met pas les mêmes choses dans la cérémonie. Je ne suis pas spécialiste des coutumes antiques, mais je puis quand même vous dire que la couleur rouge de la mariée, est symbole du sang nuptial et promesse d'un clan au garçon d'un autre clan. En fournissant une fille de son gynécée, ce clan promet un certain nombre de qualités ou services : virginité, jouissance et surtout héritiers. C'est donc avant tout une affaire de clans, de politique en somme, où les désirs des jeunes ont peu à voir. En échange de ces qualités et services, on offre des biens immatériels comme une alliance, un pacte de non agression, des échanges de travail lors des récoltes etc, et des biens matériels : l'argent de la dot, dont le montant est souvent âprement négocié.
Ce rouge explique aussi la préférence du chinois pour le vin rouge, couleur de la vie, sur le blanc, couleur de la mort. Ces choix ne viennent donc pas du goût, mais du symbole, qui est transmis par la langue écrite, l'idéogramme : la Chine apprécie plus le sens symbolique que le goût, la graphie, que la vie, et le message légué, historique, que les aromes et la vie en direct.
-------------
A ce que j'en comprends, tous ces rites viennent de la campagne et de la nuit des temps. Ils changent très vite, car lors de mon arrivée en Chine en '87, les paysans étaient 70% de la population contre à peine plus de 50% aujourd'hui - en une génération, 20% sont montés à la ville.
L'union commence par le choix d'un entremetteur, souvent une femme, mais aussi parfois, l'unité de travail - celle qui connaît le plus de monde. Les futurs époux n'ont donc rien choisi et ne se connaissent même pas.
Si les "fiancés" sont à distance, on échange d'abord par lettres. Une fois l'accord des jeunes acquis - ce qui n'est rien-, on convient d'un premier RdV en terrain neutre, chez l'entremetteur. Seule la famille et les meilleurs amies de la fille viennent, pour vérifier si le gars est à la hauteur du clan d'en face, et que le clan ainsi, ne fait pas une mauvaise affaire. 50 personnes pas toujours gentilles décortiquent la beauté, force, intelligence, richesse du prétendant. La dot promise est aussi passée au crible - car c'est la famille du fils qui paie le plus, par exemple, l'appartement, alors que la fille apportera les meubles, qui sont de la broutille, en terme de coûts. Bien des unions envisagées se fracassent à ce moment là - car l'aisance du jeune, logiquement, est inversement proportionnelle à la gentillesse de la troupe qui l'ausculte.
Puis, si cela marche, un second RdV se passe dans l'autre sens, on examine la fille. En général, ca se passe mieux - tout simplement car il n'y a en Chine que 90 filles pour 110 garçons en moyenne - d'ici 20 ans, ce sont 50 millions d'hommes qui ne pourront se marier, suite à l'élimination par les paysans d'une partie de leurs filles lors de la gestation (principe interdit, mais appliqué en sous-main, de l'écographie sélective).
Le mariage civil a été pratiqué quelques jours avant par les seuls époux, au bureau des mariages, dans une absence de décorum qui tranche par rapport à nos pays. Une fois tous les papiers réunis, on tamponne vos papiers... on est mariés. A l'inverse de la France où la fusion des êtres que représente le mariage, est symbolisée par un document unique, le livret de famille, chaque époux obtient un certificat personnel de mariage, par lequel la RP de Chine enregistre le fait que l'homme et la femme se sont mariés. Ce papier ne sert en fait qu'à éviter la bigamie suite à divorce abusif - ce qui ne marche pas toujours. Mais pour la République, les deux êtres restent, après mariage, strictement égaux à ceux qu'ils étaient avant. L'alchimie de l'amour, qui existe très réel en Chine, bien sûr, n'a pas été pris en compte par l'administration.
Vient le jour de la fête : il est obligatoirement choisi par un géomancien du fengshui, pour détecter le jour favorable.
On invite tout le monde qu'on peut, jusqu'à des centaines de gens, et pour jusqu'à trois jours d'agapes (six banquets de suite). Une telle fête peut coûter des dizaines de milliers d'euros. Les époux sont supposés changer de tenue à chaque repas, et passer de table en table (tables rondes de 8 personnes) pour trinquer avec tous. Généralement, par pitié d'eux, on ferme les yeux sur le fait qu'ils boivent de l'eau quand les invités boivent du baijiu.
Les cadeaux consistent en une enveloppe rouge d'un montant soit préétabli, (un membre de la famille en vérifie la comptabilité), soit calculé très précisément par l'invité en fonction de ce qu'il doit à la famille du jeune, ou du pouvoir de ses parents (notamment s'il est votre chef de bureau ou d'atelier). Plus rarement, en un objet, et moins encore une liste de mariage. Si objet il y a, on ne le déballe nullement. Histoire de ne pas risquer de montrer, par une moue de déception, que l'offrande n'était pas celle qu'on attendait. Les montants des enveloppes rouges peuvent être importants, pour permettre aux jeunes de démarrer dans la vie. Ici aussi, la référence clanique est évidente : c'est tout le clan qui se réjouit, avec ses alliés, lesquels lancent le nouveau couple dans l'existence, là où chez nous, l'assistance extérieure est plus limitée.
J'ai l'impression que les progrès rapides de la mode du mariage occidental, en blanc pour la fille, ont à voir avec le désir de s'affranchir de toutes ces règles lourdes. D'ailleurs, de très nombreux jeunes aux moyens très modestes ne peuvent pas assumer du tout les frais du mariage : c'est pour eux que le Parti, ou la mairie organise de ces mariages collectifs ultraspectaculaires et hypermédiatisés, à 100 ou 1000 d'un coup deux par deux dans la prairie, sans invités et avec banquet simple, à frais subventionnés.
J'aurais encore bien plus à ajouter sur d'autres pratiques annexes, comme la camera et la séance de photo dans des tenues et dans des sites grandioses (bord de lac, de forêt, de monastère), dans des décors souvent mal compris (frac et robe longue, mais en baskets) - mais assez pour aujourd'hui. Je demande pardon aux amis chinois qui me lisent, s'ils croient voir une erreur dans ce travail, ou une mauvaise volonté, ou un regard négatif. Qu'ils se rassurent : vous êtes aimés et admirés, pour tout ce que vous avez d'aimable et d'admirable. Et pour le reste, vive la différence !
-----------------
En fait, je voulais vous offrir aujourd'hui une série de photos, celles de notre sortie de la veille, sur le site de Wulingshan, à l'Est de la grande muraille de Simatai, à 150km de la capitale. L'ouverture de l'autoroute de Miyun à Chengde il y a 8 jours, a permis de faciliter les choses, en accélérant le trajet. Wulingshan est un imposant complexe touristique combinant un massif montagneux qui culmine à 2200m, des torrents, cascades, forêts. voici quelques photos avec mes commentaires :
Continuez la lecture...
Ajouter un commentaire...
Premier octobre : une fête nationale en privé
01 octobre 2009 | 08:10 | Exprimez-vous! (0 commentaire)
Jeudi 1er octobre : c’est le grand jour de cette fête nationale, 60ème anniversaire de la fondation du régime, si importante pour ses hommes.
Je regarde par la fenêtre, le ciel est clair, le soleil va donner. Le plafond est haut, et non plus gris sombre comme veille et avant-veille. Manifestement, les milliers de fusées au sel d’argent tirées du sol ou par avions les journées précédentes, ont marché, assez pour éclaircir le firmament.
Autre « dernière nouvelle » : j’ignore encore pour les diplomates, mais je connais au moins un pistonné du monde des affaires, immémorialement bien introduit auprès des autorités, et qui vient de constater que son strapontin place Tian An Men lui était retiré. Dans un style bien local, on lui a soumis une véritable dissertation à rédiger ou un questionnaire à répondre, en chinois, au QG de la police, jusqu’au moment où reculant par rapport à des mois d’attentes, il a préféré jeter l’éponge. Quant aux journalistes… J’avais moi-même été éconduit le 7 septembre, « mais vous n’y pensez pas, c’est beaucoup trop tard », j’avais pourtant frappé à la plus haute porte que je connaisse et ce n’était pas ridicule. Mais certains autres pensaient avoir réussi à placer leur nom sur la liste très courte des élus. C’était pour constater la veille de la fête qu’aucun badge n’était encore tombé. Notre club de la presse FCCC nous alertait en urgence, nous demandant de confirmer si l’un ou l’autre, en fin de compte, s’en voyait priver. Apparemment, nos amis Chinois d'une part, ont tous envie d'être de la parade - c'est l'aboutissement d'une vie, et d'un régime : les places sont chères. D'autre part, dans l'environnement chauvin qu'est l'univers post-marxiste, à cette immense fête de famille, l'étranger n'est pas toujours le bienvenu.
Faut-il le dire? mon sommeil nocturne n'a pas été troublé.
Continuez la lecture...
Ajouter un commentaire...
Pingyao -son Festival de la photo- et le moine taoïste charlatan
21 septembre 2009 | 08:44 | Exprimez-vous! (3 commentaires)
Bonjour, je vous écris depuis le train CRH 2012, Taiyuan-Pékin, en provenance de Pingyao où nous venons de passer le week end. Un train tout neuf, à la pointe de la technologie chinoise, qui tient ses promesses, raisonnablement confortable. Dans sa livrée blanche, ce train pousse des pointes gaillardes à 239km/h, mettant les 530km entre les deux villes à 3h et demie l’une de l’autre. Ce qui n‘atteint pas –encore- les vitesses du grand frère français, allemand ou nippon En fait, ce "TGV" n’est qu’une version intermédiaire, le temps pour les industries chinoises de digérer cette leçon si vite apprise. Dès maintenant, la ligne Pékin Tianjin pointe à 350km/h, et passé 2010, pour la ligne stratégique Pékin-Shanghai, le ministère des chemins de fer annonce déjà des vitesses commerciales de 480km/h, qui dépasseront celles pratiquées en Europe.
Continuez la lecture...
Ajouter un commentaire...
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>
Un avis, un commentaire, des questions? Contactez-nous.






