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Le Blog d'Eric MEYER

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La 'clarté pure', et la morale en business chinois

03 avril 2009 | 13:28 | Exprimez-vous! (0 commentaire)

Bonjour,
Vous êtes déjà près de 300 chaque semaines à visiter ce blog, dont la nouvelle version, bien plus jolie et pratique, est imminente, surtout pour laisser les commentaires.
Tant que vous y êtes, pourquoi ne pas regarder aussi l’édito du Vent de la Chine ? Autre formule, mais même auteur, et même « prix – c’est gratuit. Cette semaine, je me penche sur le tournant politique considérable que constitue, pour la planète et pour la Chine, le sommet du G20 de Londres, et sa réussite là où tout le monde, Chine en tête (Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque Centrale) pariait sur l’échec. Voici un premier pas des nations au XIX. Siècle, pour réinventer le capitalisme. Comme dirait Mao, « cours, camarade, la Révolution est derrière toi » : les vieux leaders rouges doivent s’en retourner dans leur tombe, et grand bien leur fasse, car un peu d’exercice n’est jamais perdu.

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Richard Anthony, et le rêve chinois d'une Terre « multipolaire »

29 mars 2009 | 20:52 | Exprimez-vous! (0 commentaire)

J’ai été réveillé ce matin (trop tôt) par les accents de Richard Anthony interprétant « à présent tu peux t’en aller ». La rengaine n’était bien sûr que dans ma tête : on est en Chine, nulle musique matinale ne déferle jamais dans notre chambre, et puis surtout, il est douteux que même en France, ce disque d’or des années ’60 ait encore fréquemment les honneurs des ondes hexagonales.
L’air m’a frappé comme chargé d’émotions délicieuses de mon adolescence. Pour un peu, des visages et des noms de camarades de lycée me seraient revenus, des souvenirs de profs, les chaises en bois moulé et tubes de fer, les salles de classe, des bribes hétéroclites et ridicules à souhait de l’époque enterrée des enfants que nous fûmes.
Bientôt l’analyse a émergé, et pris le pas sur tout le reste. A l’époque, nous étions tous ébahis, émerveillés d’Amérique, l’arbitre des élégances et le Dieu du monde libre. Le garant de notre liberté, le créateur des arts, des modes, de la littérature, des modes nouveaux de voyager, de faire des journaux, de créer des firmes, de subjuguer des pays pour leur pétrole (déjà !), de contenir l’URSS.

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Hip-Hop - terra incognita chinoise

23 mars 2009 | 00:44 | Exprimez-vous! (1 commentaire)

Allez dire qu’Alliance Française rime avec Corneille, Molière ou autres gloires empoussiérées, souvenirs de Lagarde et Michard ?
Cette année, le réseau des Alliances françaises en Chine, dans son plan de culture itinérante, a choisi de séduire la jeunesse chinoise par ce qui la « branche » le plus : le Hip-Hop.
A l’occasion des Fêtes de la Francophonie, quatre groupes ont été invités, des quatre nations berceaux de la langue : Deklin (Suisse), Fisto et NEMO (France), Accrophone (Canada), spécialiste de cette forme de poésie appelée « slam », et James Deano (Belgique), et se produisaient samedi 21 mars au Yugong yishan à Pékin, dernière étape d’un périple qui les a fait passer par Canton, Chongqing, Chengdu, Xi’an et Shanghai. 

Ci joint une vidéo du concert de samedi 21 mars - Nos lecteurs en Chine en sont hélas privés -sauf muni de proxy / Youtube venant dêtre censuré par les autorités chinoises

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« La Chine aime la France, et ne l'aime pas »

09 mars 2009 | 13:00 | Exprimez-vous! (9 commentaires)

Liée par les poignets à un poteau de torture, Qionghua est maltraitée par des malandrins qui veulent aller la vendre au bordel voisin… Quoique fille d'un pauvre paysan des montagnes, elle est fort élégante, drapée de rouge : parmi les spectateurs, qui ne voudrait monter sur scène pour délivrer cette jeune fille en pleurs ? Fille de ressource, Qionghua réussit d'abord à s'enfuir et se cacher derrière les arbres, pour être reprise un instant par un sous-chef qui la traîne devant Nan Batian, le seigneur de la guerre du coin - nous sommes dans l'île tropicale de Hainan. Malappris, Nan la cingle tant de sa canne qu'elle s'effondre inanimée, et toute la compagnie -fort lâchement- se sauve terrorisée. Surviennent deux paysans qui raniment la malheureuse, et lui conseillent de passer en zone rouge : elle y rencontrera ses nouveaux amis de l'Armée Populaire de Libération, qui l'accueillent comme une sœur, l'enrôlent, lui confient un fusil - c'est parti !

Tel est le début de 红色娘子军, « le Détachement féminin rouge » (The red detachment of women), ballet créé sur commande de Zhou Enlai et de l'égérie Jiang Qing. Mao en disait en 1964, aube de la révolution culturelle : « la direction est bonne, l'esprit révolutionnaire parfait, et artistiquement, ce n'est pas mal non plus ». Aujourd'hui cette pièce est redonnée au théâtre Tianqiao de Pékin, par le ballet national de Chine qui l'avait créé 45 ans plus tôt, et son orchestre symphonique au grand complet. Un spectacle frais et plaisant auquel nous assistions ce dimanche soir.

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Malaisie, Perhentian, vivre sa sinité autrement

04 mars 2009 | 11:06 | Exprimez-vous! (1 commentaire)

Il y a quelques décennies, je débarquais à Bruxelles un soir, sous une fine pluie, pour la première fois -j'avais à peine 20 ans. Malgré la fatigue, c'était l'émerveillement. Descendant la pente d'une Chaussée d'Ixelles alors propre et pimpante, bien tenue et bourgeoisement cossue, juste avant de déboucher sur la place Flagey, siège de l'édifice de la RTBF (un de mes bien aimés employeurs), construction post-moderniste des années 30, de brique jaune, avec imitation beffroi, je voyais sur le trottoir une boucherie prospère, sur trois façades de maisons, attirer le chaland de ses lumières.

L'image m'émerveillait et me choquait pour trois raisons, trois faits qui contredisaient frontalement tout ce que j'avais appris dans ma république française, une et indivisible, hexagonale et colbertiste. D'abord, il était huit (« ouit », diraient les amis bruxellaires) heures du soir, pas une heure à garder une boutique ouverte. Pourtant celle-ci rutilait de tous ses néons, projecteurs sur les cuissots et carcasses à l'étalage, et les nombreux chalands attardés. Ensuite, elle étalait sans complexe sur son enseigne géante, ce néologisme rigoureusement à l'index de l'Académie française, « moutonnerie ». Faute manifeste, mais je ne pouvais m'empêcher d'y voir autre chose, un trait d'espièglerie et bon sens rabelaisien, la capacité sauve d'appeler un mouton un mouton, là où nous Français aurions attendu le terme plus terne de « boucherie ». Et pour couronner le tout, l'enseigne de la moutonnerie se complétait d'un adjectif qualificatif « arabe », délicieusement choquant, brisant un interdit d'un revers de main inconscient. A l'époque en France, les enseignes ne pouvaient être qu'en français. Le boucher berbère transgressait donc, et on le laissait faire : il affirmait fièrement une identité culturelle qui, dans ma France, se serait davantage tenue à carreau : on était pas supposé être fier d'une arabité, il fallait plutôt se la faire pardonner, comme à toute minorité ethnique ou groupe immigré.

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