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Le Blog d'Eric MEYER

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A-yi marie son fils (2ème partie)

26 avril 2012 | 08:05 | Exprimez-vous! (0 commentaire)

La fête commença. Du fond de la salle de bal, le fiancé remonta l'allée de fleurs, dont la vraie fonction apparut alors : c'était un chemin de l'Empereur, que seul le Fils du ciel pouvait fouler sous peine de mort au transgresseur. C'était là une interprétation nouvelle, que je dirais teintée d'esprit révolutionnaire, de la pratique dynastique : au nom de l'éminente dignité du peuple, le petit bourgeois à son tour pouvait se couronner empereur d'un jour, celui de ses noces. À condition d'en avoir les moyens, en payant la note de l'hôtel. 

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A-yi marie son fils

25 avril 2012 | 11:13 | Exprimez-vous! (4 commentaires)

A peine de retour de sa plage à Sanya, en février dernier, le temps de nous concocter un ou deux de ses délicieux dîners (tels la rou bing, galette grillée fourrée à la viande, ou bien ses tranches frites de bulbe de lotus farcies au haché de porc mariné), A-yi est en pleins préparatifs du mariage de son fils.

Comme en toute famille, sur tous les continents, depuis que l'homme est homme, c'est l'aboutissement d'une vie de labeur honorable, et l'espoir de victoire sur la mort. C'est donc tout un défi, jamais gagné d'avance : quatre ans plus tôt, le mari de A-yi, quoique force de la nature, s'était retrouvé aux portes du cimetière, terrassé par une défaillance cardiaque. Il s'en était tiré au prix d'un pontage coronarien, d'un régime sévère et d'un mystérieux traitement imposé par sa femme, de capsules aux pépins de raisin qui promettaient la régénérescence des cellules par évacuation de leurs segments usés. A-yi en avait pris aussi, et nous avait convaincu d'en faire de même - pourquoi pas? 
Par quel miracle, quelles amitiés, avait-elle su faire jouer une assurance médicale pour cette opération lourde, et financer l'achat de ce médicament hongkongais au coût élevé ? Toujours est-il que l'homme s'était relevé, et que si nous n'avions pas senti d'effet notable sur nous-mêmes, notre nounou avait fait gommer progressivement toutes les ridules de son visage, surprenant son monde par son rajeunissement inexplicable. Ce qui était déjà une façon bien à sa manière, de se préparer aux noces du fils !
 
STRATEGIE POUR UNE FIANCEE
 
Marier Xinlang, 30 ans, était une urgence. 
Déjà la grande famille, les voisins commençaient à cancaner : pas les moyens, ou pas envie de convoler ? Mais pour se marier, il fallait une fille et là, pas question de laisser faire la nature : mille règles socio-claniques s'appliquaient, insidieuses et tacites.
Pas moins de quatre candidates défilèrent. Les deux premières furent éliminées fissa : l'une était de  Miyun, un "trou" de 100.000 âmes à 100 km au nord de Pékin ; l'autre, de Fengtai, la zone, un arrondissement de la capitale certes, mais le moins bien famé, le plus notoirement pauvre. Et de toute manière, les deux filles étaient des "waidi", de la campagne, des migrantes dépourvues du hukou légitime. Donc, Exit. Le fiston d'ailleurs n'avait pas protesté - il savait à quoi s'en tenir. En cette gestion cruelle, la famille ne faisait que se plier aux injonctions non du Parti mais de la ville, qui n'allait pas payer pour les migrants nécessiteux, leur offrir l'hôpital, la pension, le revenu de survie et à leurs enfants, l'école gratuite de bonne qualité... Ce n'était pas dans le genre de beauté du régime, qui cultive avant tout concurrence et esprit de survie !
Une autre prétendante plus sérieuse avait été soigneusement passée à la loupe. Pas fou, c'est sur celle là que Xinlang avait misé, luivoyant de bonnes chances d'emporter l'assentiment des parents. Brigitte et moi avions d'ailleurs été consultés, gravement, comme pour l'affaire d'Etat qu'elle était, d'ailleurs. Lele était la fille d'un fonctionnaire riche et établi, de surcroît membre du Parti. S'allier à un tel clan, était le chemin le plus court vers l'establishment. Hélas, l'enfer est dans les détails : A-yi  ne nous avait pas caché son appréhension sur ce petit détail : la donzelle était coquette, attifée dernière mode et même notoirement dépensière, n'hésitant pas à claquer des milliers de yuans en un dernier nouveau jean au 3.3, le magasin à la mode sur Sanlitun. Hélas pour - elle, notre avis défavorable enterra toutes ses perspectives. Le pauvre Xinlang serait devenu le dindon de la farce, esclave enchaîné des cartes de crédit de Madame - non ! Voilà qu'à la suite des jolies campagnardes, la minette du Parti passa aux oubliettes de la préhistoire conjugale de Xinlang.
C'est alors qu'on alla repêcher Xinyang, une éliminée du premier tri. Elle était bien un peu petite et bien peu stylée - aux dires d'A-yi.  Mais à la réflexion, la masse des qualités potentielles apparurent plus qu'intéressantes, prometteuses. Jeune, 23 ans seulement : donc 7 ans de moins que le fils, un rapport idéal permettant au mari d'asseoir naturellement son ascendant. Elle n'était pas coquette certes, mais A-yi lui apprendrait à se coiffer et se vêtir : la petite découvrirait ainsi naturellement l'autorité de la belle-mère et lui obéirait - rien de perdu ! Et puis, elle au moins n'était pas dépensière, juste ce qu'il fallait. Trop courte de quelques bons centimètres ? Peu importe, les semelles compensées pallieraient ce léger handicap. A part cela, tous deux travaillaient dans la même "danwei" (unité de travail) d'informatique, donc bien assortis avec la même sécurité d'emploi et les mêmes avantages en nature (centres de vacances, primes de chunjie). Enfin cette boite d'Etat était le tremplin idéal pour entrer au Parti, mère d'avancement et de carrière. Elle était donc, tout compte fait, le parti idéal - même les familles étaient compatibles en fortune et origine. 
Au "xianqin" (premier rendez-vous formel, piloté, en présence de la famille du fils), la petite passa le test. Aussi les palabres avec l'autre clan purent débuter. 
 
LES CONDITIONS DE L'ALLIANCE
 
Mais ce fut pour achopper vite sur un obstacle majeur : selon les règles, c'était à A-yi et à son homme de fournir le logement, les parents de Xinyang ayant la tâche bien plus légère de le meubler
Mais même en s'endettant à 30 ans, même en grattant les fonds de tiroirs de la grande famille, même pour un F2 minable de 35m2 dans une banlieue lugubre sans périph' ni métro, on n'y arrivait pas. Les tarifs avaient explosé, quintuplé en 5 ans. Le crédit était aussi déprimé qu'un fleuve à sec dans le Gobi.
Et A-yi soupirait : "faire un enfant, en ce pays, c'est la roulette russe : si vous faites un gars, pour le marier, vous êtes bons pour 10 ans de boulot après la retraite. Tandis que toutes mes copines, qui ont une fille, ont depuis des lustres cessé de trimer. Elles se pomponnent, se pavanent et jouent les princesses".  
Finalement, on avait transigé, entre gens raisonnables et sachant distinguer l'essentiel de l'accessoire. Le clan de A-yi paierait la voiture, dans laquelle Xinlang trimballerait Xinyang aux alentours. C'était aussi un signe de réussite sociale et instrument de prestige, qui en imposerait autant qu'un appartement. Le clan paierait encore la noce. Quant l'appart, et bien,les parents de Xinlang en avaient reçu un énorme (avec ses fidèles, le Parti sait se montrer généreux) : il suffirait d'en recouper une tranche, 40% pour la jeunesse, et le tour serait joué. Et puis en plus, qui est-ce qui pourrait revoir sa fille tous les jours, avoir la clé de son nid conjugal, tout savoir sur le jeune couple avant les autres ? La mère de la mariée, qui donc ne perdait rien au change !
 
LES CAMPS EN PRÉSENCE
 
Nous voilà donc ce dimanche 22 avril devant cet hôtel en lisière de quatrième Périph-Est. Pour dire la vérité, il n'engageait guère, amas de béton et d'asphalte mal dessiné, sans goût, suant la suffisance au petit pied dans une zone dont on devinait encore, 10 ans en arrière, les champs de choux et de navets.
L'air épais gris argent de pollution n'arrangeait rien, où se mêlaient les derniers relents des pétards que nous venions de rater - nous foulions les vestiges de petits coeurs et étoiles fluo métallisés. Au fronton pendait la banderole écarlate  promulguant la cérémonie et nous souhaitant la bienvenue. 
A-yi nous accueillit avec effusion mais discrétion dans le hall, et nous conduisit sans retard vers la salle de bal. Nous pûmes alors réaliser sur quel pied les choses avaient été réalisées - d'une pointure disproportionnée à leur fortune, mais non à leur besoin de face, ni aux exigences de cette culture. 
 
 
Dans le sens longitudinal, l'espace avait été divisé par une allée de roses et de lis blanc, bordée de rubans verts qui barraient le passage. A gauche se plaçaient les tables du clan Yang, masculin, celui de A-yi. A droite campaient les troupes Yin, l'armée de la fiancée. Chaque camp était structuré avec la même ordonnance, sans place au hasard.
Au premier rang, la table du QG des généraux, parents et grands parents. Au milieu où nous fûmes placés, une table stratégique était commandée par le beau-frère de A-yi où nous découvrîmes de proches parents et amis. A l'arrière, nous retrouvâmes sans surprise toutes les copines balnéaires de A-yi, cette fois affublées de leurs maris (cf le blog de février "A-yi à la plage"). Enfin au dernier rang, bien à l'aise loin des regards, la table des chevaux-légers qui s'amusaient le plus, celle des copains des mariés.
 
 
 
L'ATOUT DÉCISIF - LES ÉTRANGERS
 
Fort élégante, sous sa mise en plis, permanente impeccable et dans son tailleur classique rouge cerise, avec au cou un rang de perles de belle eau et en boutonnière une orchidée, A-yi et son mari nous présentèrent amis et proches. Ils nous firent connaître la mère de la mariée, qui se trouvait alors sur ses terres, envoyée en délégation pour nous rencontrer. Mais non le père, puisqu'il était resté dans les siennes. Et moins encore, quiconque du camp Yang. Ce qui était bien sûr exclu, selon les règles de la joute en cours. Ainsi, notre arrivée changeait bien les choses, comme celle de Blücher à la bataille de Waterloo. Nous étions le corps étranger, élément sacré et aliène, indomptable et inaccessible,  dans le camp Yang, handicap du Yin. D'autant que nous n'étions pas n'importe lequel étranger, mais l'employeur de A-yi, et comme l'extension de sa puissance : notre arrivée rompait l'équilibre... De plus, nos tenues renforçaient la curiosité générale, la veste blanche sur le corsage amande de Brigitte, et la cravate qu'à part le marié, j'étais le seul à porter. 
Je remarque, au passage, la négligence générale des tenues, à quelques rares exceptions près. La noce était bien mal nippée, en jeans, T-shirts, jerseys de synthétique démocratique et sans souci d'apparaître ni de plaire.
 
Tout cela pour vous dire que le clan d'en face, oeil en biais, ne perdait pas une touche du show. Ainsi s'ouvrait la fête, et nous donnait l'image d'un mariage à la chinoise, à finalité économique, visant la production de valeur ajoutée : celle d'un héritier, celle d'acquisition de pouvoir. Elle comportait bien sûr le risque d'oubli de l'autre valeur désirable dans l'union d'un homme et d'une femme : celui d'oubli des valeurs sentimentales, du soutien mutuel, de la reconnaissance des qualités morales de l'autre - de l'impondérable qui pour l'instant en Chine, compte pour rien. 
Le risque a été identifié et dénoncé en 2006 par Liu Xin, artiste cantonais qui prétendit porter cette logique malsaine jusqu'au bout. Sur l'île de Canton, proche de la capitale méridionale, Liu s'était marié en grande pompe avec lui-même, ou plutôt avec sa propre photo grandeur nature, déguisé en fille. Il avait expliqué qu'il avait trouvé, dans la JV du mariage, la manière ultime d'éliminer le risque sur investissement qu'apportait la présence de l'autre, de l'inconnu: faire de l'union des coeurs celle d'un seul porte-feuilles, un court-circuit. Hélas à l'époque, la démarche faite pour faire réfléchir, n'avait fait qu'amuser.
 
 
Pour clore cette première partie, un petit jeu : le numéro de la semaine du Vent de la Chine offert au lecteur qui pourra nous donner le coût total de ce mariage (ou celui qui s'en rapprochera le plus !).
A vos calculettes !


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Ovalie asiatique comparée : le Rugby à 7 hongkongais, et le Rugby à 8 pékinois

31 mars 2012 | 16:42 | Exprimez-vous! (4 commentaires)

La semaine dernière, nous étions au Rugby Sevens, de Hong Kong (23-25 mars). Y participer, c’est d’abord bien sûr célébrer Hong Kong, ce petit miracle osmose de technologie européenne et d’une Chine disciplinée. D’organisation humaniste, raisonnée, optimale. D’intelligence et d’éducation. De développement abouti. Le HK Stadium, est très bien (re)-fait, à l’audacieux design serti dans son écrin de falaises, aux deux arceaux de béton supportant les tribunes.
 HK Stadium Rugby Sevens mars 2012   Hong Kong Stadium Sevens Rugby

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La Chine veut un « retour en arrière » Vrai / Faux ? (2ème partie)

08 mars 2012 | 10:49 | Exprimez-vous! (2 commentaires)

Au fait, pourquoi pas la démocratie à l'Européenne, ou à l'Américaine, pour la Chine?
Le monde entier autour d'elle se plonge dans les délicieuses affres de campagnes électorales (France, Etats-Unis, bientôt Allemagne et Italie). Des élections à la française ? Elle n’en veut pas. Une mascarade italienne à la Berlusconi ? Plutôt mourir. 
Raison : l'économie européenne, l'auto-flagellation européenne, donne là aussi l'impression d'un univers qui perd la boule et ne fonctionne plus très bien.
En France, les succès du centre avec Fr. Bayrou, de l’extrême-droite avec Marine le Pen révèlent que des pans entiers de la société française (petite bourgeoisie, ouvriers, monde rural) restent ignorés des deux grands partis de la classe moyenne et haute, au pouvoir alterné depuis 40 ans.
Les Chinois pensent qu’ils devraient être capables de s’inventer un système à eux, innovant et en avance sur celui des Occidentaux. « on en discute beaucoup », conclut une amie, « passionnément, surtout quand on est à une dizaine, le soir chez l’un d’eux, après quelques verres »…
 
Ce qui m'interpelle ici, est l’idée du refus de la démocratie, d’une indifférence à ce mode d'organisation social ressenti comme une affaire étrangère, « pas de chez nous ».
Je retrouve une référence de chinois classique, « hong chen » (红尘) ou « poussière rouge ». Ce  terme recouvre en fait une allégorie. Il envisage le sang (de tout être vivant sous le ciel, ovipare ou vivipare) comme une poussière vitale, une vie ne tenant pas compte de l'eau. Dans ce système de pensée, l'univers est assimilé à un circuit sanguin, et tout être vivant à un globule rouge. On se trouve là dans une vision très pascalienne de la Terre, où l’homme se retrouve plongé dans, et partie prenante de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Mais avec de très grandes différences de perception. La vie sur Terre se ramène à une infinité de globules identiques. Ce qui est à peu près le contraire de la conception européenne de l’univers, et de son infinité d’êtres tous différents, personnalisés et indépendants, aux destins distincts, réalisables dans l’individualité et ses valeurs (volonté, art, créativité etc.).
 
« Ola, ola », vous entendai-je objecter, « tout cela est bien beau, mon bon monsieur, mais auriez-vous l’obligeance de m’éclairer sur les rapports entre votre (comment c'est que vous l'appelez déjà?)  Hong chen chinois et notre démocratie, et l’incompatibilité que vous en supputez avec la mentalité du céleste Empire » ? 
Oui-da, vous répondrai-je. En tant que paillette de poussière rouge, à travers une veine ou une artère, vous êtes bien éloigné de la liberté de la lumière vive. Vous vivez toujours dans cette conduite forcée. Vous avancez par saccades, poussé par le cœur et non par vos propres pas. Et pour le sang, la seule perspective de se trouver « libéré » de sa prison obscure, répandu dans l’herbe verte, est synonyme de mort. Par contre, avec des milliards d’autres globules, vous avancez tous ensemble, en même temps et dans la même direction. Autrement dit, à ce qui me semble, ce concept  et cette analogie de l’univers et du corps humain me semblent exclure les termes de démocratie et de liberté individuelle, remplacés par celui de destin collectif et de moteur unique, librement consenti. L'arrachement à l'obscurantisme est synonyme de mort. Et tout, dans ce concept antique, semble le paradigme du système politique présent – jusqu’à la couleur. 
 
Je vous raconte tout cela pour exprimer, non une conviction personnelle, mais les réticences des Chinois envers notre système, et les immenses écarts de vision philosophique – le chemin à parcourir pour que nous nous rejoignions. Au demeurant, ce chemin, c’est notre champ vierge et notre patrimoine commun pour l’avenir. Ne nous étonnons pas trop, si sa distance est la même, que l’on parte du côté chinois ou du côté français-européen. Et si la bête à la même longueur de la queue à la tête et de la tête à la queue. 
 
J’en ai fait l’expérience en 2000, en proposant ce terme de hong chen comme titre au livre sur la société chinoise, que j’écrivais à l’époque. Il avait donné la rougeole à mon éditeur, Charles Ronsac, chez Robert Laffont. « Poussière rouge, poussière rouge… imbuvable », avait-il ronchonné, avant d'éclater : "Donnez-moi quelque chose de plus percutant, comme ‘ Sois riche et tais-toi’ » (formule que je venais d’utiliser en présentant ce livre à l'éditeur). Bien sûr, Charles - Dieu ait son âme - avait génialement raison. Aussi, à peine formulée, la formule était adoptée, et le livre ainsi baptisé connaîtrait le meilleur succès – laissant la révélation de la « poussière rouge » et l’explication de ses mystères à un autre jour !  
 
Enfin, pour finir cette page, je ne peux m'empêcher de voir un autre chemin parcouru. En 1989 dans Pékin,une exposition d’avant-garde avait été baptisée du panneau de la circulation, « demi-tour interdit». Les jeunes réformateurs se mobilisaient pour empêcher les vieilles barbes de couper court à la politique d’ouverture au monde. Mais aujourd’hui, ces mêmes ex-jeunes devenus vieux sont conservateurs, et réclament celà même contre quoi ils se battaient il y a 20 ans. C’est à la fois normal, cycle naturel, et le monde à l’envers. 
 
A bientôt, et pardon d'avoir été si long - c'est, comme dirait la marquise de Sévigné, par manque de temps pour faire plus court !

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La Chine veut un « retour en arrière » Vrai / Faux ? (1ère partie)

07 mars 2012 | 15:44 | Exprimez-vous! (4 commentaires)

Vous connaissez l’affaire de Bo Xilai ? Ce patron de la ville de Chongqing, 35 millions d’âmes au bord du Yangtzé au cœur du pays, et ses ennuis qui font vibrer toute la Chine, auxquels nul ne comprend rien ?
Ce qui est sûr, est que, le 6 février, Wang Lijun, son homme de confiance, vice-maire et supercommissaire, ressentit un besoin pressant de quitter son domicile à la cloche de bois (d’aucuns précisent, avec perruque, lunettes de soleil et fausses plaques sur sa voiture), direction Chengdu à 324km, pour une visite impromptue au consulat des Etats-Unis. Peu après, il était rejoint par le maire de Chongqing et encerclé par 70 voitures de police (de Chongqing selon les témoins, de Chengdu selon le maire ; ce détail n'est pas insignifiant, car les deux villes sont de juridictions séparées, et la police de A n'avait rien à faire dans les murs de B). De très longues heures plus tard, il ressortait du consulat « de son plein gré », accompagné du maire, et du vice-ministre de la Sécurité publique, monté de Pékin par avion spécial comme garant de sa sécurité. Ceci laissait supposer que Wang était dès lors sous la protection du pouvoir suprême. Depuis lors, nul n'a plus jamais vu Wang, sous investigation. Les choses iraient plutôt mal pour lui aux dernières nouvelles, étant supposément accusé par Hu Jintao de "trahison", un crime souvent puni de mort. Mais pour Bo Xilai, les choses ne valent pas beaucoup mieux : dans ce conflit entre le roi de Chongqing et son vizir, Pékin accable ce dernier, mais Bo reste coupable de l'avoir longtemps protégé dans son palais : avec telle casserole derrière lui, son avenir politique s'arrête assurément. 

 

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